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PORTRAIT - Florence Petithuguenin, créatrice de la Maison de Florence à Essen

Par Lepetitjournal Cologne | Publié le 21/10/2015 à 23:00 | Mis à jour le 15/02/2017 à 10:14

 

La Maison de Florence fêtait le 12 septembre dernier sa première année d'existence à Essen. Née en Alsace et vivant en Allemagne depuis trente ans, Florence Petithuguenin est à l'origine de cette boutique de produits français. Poussée par un besoin de liberté et son amour pour l'Hexagone, elle a quitté le service marketing d'une multinationale pour développer sa chaleureuse "petite France"

"Dans la Maison de Florence, il y a le coin cuisine, la salle de bain et le salon. Un peu comme dans une vraie maison !" explique celle qui a donné, le 12 septembre 2014, son nom à la boutique qu'elle a créée. Cosmétiques bio, conserves haut de gamme, assiettes colorées... Florence Petithuguenin vend à Essen des produits français soigneusement choisis pour leur qualité. Dans son magasin, cette entrepreneure de 44 ans a réglé chaque détail avec passion, jusqu'à la musique d'ambiance. "Je passe toujours la radio Nostalgie", avoue-t-elle. J'essaie de transformer cet endroit en petite France."

Son de choix de l'Hexagone n'est pas dû au hasard : née d'un père français et d'une mère allemande, Florence Petithuguenin passe ses jeunes années en Alsace. A 14 ans, elle suit sa mère qui retourne vivre en Rhénanie-du-Nord Westphalie. Un Land où elle décide de rester pour y mener des études de communication et de marketing, puis pour y travailler, ce qui ne l'empêche pas de demeurer très attachée à la France. "J'y retournais pour les vacances ou plus tard pour le travail, explique-t-elle. A chaque fois que je passais la frontière, je me sentais à la maison... Bien que je me sente aussi chez moi en Allemagne. J'aime la façon de vivre des Français, mais aussi la nourriture de ce pays. Je trouvais qu'il manquait toujours ici  un magasin où trouver de bons produits français."

Développer sa propre activité

Cette réflexion devient source d'inspiration quand, en 2013, une envie de liberté et d'autonomie la pousse à quitter l'univers du marketing après quinze ans de carrière. "J'ai travaillé dans des grandes boîtes. J'y ai beaucoup appris, mais il y a aussi des choses que je n'ai pas aimées. Par exemple, le fait qu' à chaque changement de poste, on soit obligé de revoir complètement sa stratégie. Cela ne me convenait pas." Florence Petithuguenin fait alors appel à une coach professionnelle qui l'aide à déterminer ses priorités et la conforte dans sa démarche de changer de voie. Elle songe à développer sa propre activité et opte pour un magasin. "Mes collèges m'ont dit « Tu es folle, Florence ! » J'ai répondu « Non, c'est exactement ce qu'il me faut ! » sans hésiter", raconte, amusée, celle qui est aujourd'hui entrepreneure.

Déterminée, Florence Petithuguenin se donne les moyens de réussir. Pendant l'année qui précède l'ouverture de sa boutique, elle suit une préparation à l'installation de quelques jours auprès de la Chambre de commerce d'Essen, discute avec de nombreux responsables de magasins pour en apprendre plus sur leur métier et comprend vite l'utilité de se constituer un réseau. Elle crée un plan de développement, utilise une carte heuristiquei et élabore un plan marketing. "Mon expérience professionnelle m'a aidée", avoue celle qui a travaillé quelques années dans la vente. Un univers qu'elle a continué à côtoyer en travaillant dans le marketing. L'entrepreneure, qui rêvait de liberté, choisit elle-même l'emplacement de sa boutique, près d'une boucherie bio, d'une boulangerie réputée et d'un magasin de mode indépendants. "Je vends des produits qui se tartinent, alors avoir une boulangerie en face est idéal !" avoue Florence Petithuguenin. Elle choisit elle-même ses fournisseurs et part à leur rencontre dans plusieurs régions de France pour découvrir leurs techniques de production. "Travailler directement avec de petites manufactures et des entreprises familiales est important pour moi", explique-t-elle.

Depuis un peu plus d'un an, elle gère seule sa boutique à Essen, une ville qu'elle apprécie pour ses nombreux espaces culturels et ses lieux de promenade paisibles. "Je me sens très bien dans ma peau, affirme l'entrepreneure. Je travaille certainement cinquante heures par semaine, mais je ne vois pas cela comme une contrainte. Ce travail est presque un loisir pour moi." En parallèle de son magasin, elle expose parfois sur des marchés spécialisés - comme la Fête française de Düsseldorf - et vend ses produits sur internet.

Rester au contact de la clientèle

Huile d'olive, caramel au beurre salé, sardines en boîtes : la nourriture est ce que vend le mieux Florence Petithuguenin. Arrivent ensuite les crèmes pour le corps et les savons de Marseille, puis les poêles à crêpes. "Pour un début, je suis contente, affirme l'entrepreneure. Mais je n'ai pas encore atteint mon objectif. A la Chambre de commerce, on m'a dit qu'il fallait patienter trois à cinq ans. Je suis confiante, je pense que j'ai la bonne stratégie, mais j'écoute les retours de mes clients. Il me reste encore des choses à mettre en place. Je pense, par exemple, traduire mon site internet en français."

A plus long terme, Florence Petithuguenin imagine ouvrir un second magasin et embaucher du personnel, mais elle souhaite rester au contact de sa clientèle. "Je travaille avec quelques professionnels et des particuliers. Ce sont surtout des  Allemands, entre 30 et 60 ans, mais il y a  aussi quelques Français, bien qu'ils soient assez peu nombreux à Essen, explique-t-elle. C'est surprenant, mais ma première commande sur internet est venue de France !" Avec ses clients, Florence Petithuguenin n'en finit pas d'être étonnée : "Contrairement à l'univers du marketing, où on est toujours en contact avec le même style de personnes, les clients du magasin sont tous très différents. Je ne sais jamais si je vais avoir en face de moi une famille, des personnes âgées, des gens aisés ou plus modestes." Une relation particulière s'est même tissée avec certains. "Des clients m'ont offert des cadeaux pour Noël ou lorsque j'ai été hospitalisée, explique l'entrepreneure. J'ai été surprise par la chaleur des gens !"

Axelle Vaisse (www.lepetitjournal.com/cologne) Jeudi 22 octobre 2015

La Maison de Florence
Rellinghauser Str 275
45136 Essen
https://la-maison-de-florence.de/

i technique de représentation graphique d'idées et de relation entre ces idées censée faciliter la pensée logique et la créativité.


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