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Philippe Rey, directeur de l’école De Gaulle-Adenauer à Bonn

Par Magali Hamon | Publié le 08/11/2017 à 01:00 | Mis à jour le 13/11/2017 à 11:20
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Quel système scolaire choisir quand on vit à l'étranger ? C’est la question que se posent de nombreux parents. Philippe Rey dirige l’école française De Gaulle-Adenauer à Bonn, l’une des options pour les familles francophones de la région

 

Lepetitjournal.com/cologne : Comment êtes-vous arrivé à Bonn ?

Philippe Rey : Directeur d’école à Toulouse depuis 10 ans, je suis arrivé à Bonn en 2013 avec un contrat d’expatrié de 3 ans, renouvelable deux fois pour une durée d’un an. J’entame donc ma cinquième et dernière année à la direction de l’Ecole française de Gaulle-Adenauer.

 

Pouvez-vous nous présenter l'école, son statut et son fonctionnement ?

Au départ, il y avait à Bonn un lycée français qui scolarisait les élèves de la maternelle à la terminale. Suite au transfert du gouvernement à Berlin qui a entraîné le déménagement de l’Ambassade de France et des ambassades francophones, les classes secondaires ont fermé. Seules les classes maternelle et élémentaire sont été maintenues au sein d’une école française dont la partie élémentaire (CP au CM1) est reconnue Ersaztschule par les autorités allemandes. En tant qu’école française, l’école de Gaulle-Adenauer fait partie du réseau mondial de l’AEFE (Agence pour l’enseignement  français à l’étranger).

L’école maternelle suit le programme du ministère de l’Education Nationale. L’école élémentaire aussi. Cependant  elle doit également respecter les programmes du Land. Dans chaque classe, intervient un binôme franco-allemand.  L’enjeu, hormis le bilinguisme, est que les enfants puissent, à tout moment de leur parcours, et plus particulièrement en fin de parcours élémentaire, intégrer le système français ou le système allemand.

Il y a trois classes en maternelle de la petite à grande section et quatre classes en élémentaire, du CP au CM1. Nous avons 13 enseignants.

 

Comment se déroulent les admissions et quel est le profil de vos élèves ?

Les parents font un dossier d’inscription et une commission se réunit dès le mois de février pour les admissions de la rentrée à venir. Dans la limite des places disponibles, il y a un devoir d’accueil des enfants de familles expatriées en provenance d’un établissement Français, en France ou dans le réseau AEFE.

Globalement, nous accueillons 1/3 d’enfants allemands, 1/3 de franco-allemands, 1/3 de français. Nous avons aussi des enfants qui ne sont ni français ni allemands, ou dont l’un des parents n’est ni français, ni allemand. Ainsi, si les enfants baignent en permanence dans un environnement bilingue par l’enseignement qu’ils reçoivent, cet environnement est également  multiculturel. 

Dans la cour, les échanges se font indifféremment en français et en allemand avec la dominance d’une des deux langues selon les jeux ou les affinités du moment. C’est une  véritable identité européenne qui se construit à travers cette confrontation.

 

Quel est le montant des frais de scolarité ?

3.070 euros par enfant par an en maternelle et 2.280 euros en élémentaire. 

 

Quelle est la place de l'allemand/du français dans votre établissement ?

Les pourcentages entre l’allemand et le français sont différents d’une classe à l’autre. On fait en sorte de parvenir à un équilibre qui permette aux enfants de renforcer leur bilinguisme et aussi de respecter les programmes.

 

Quelles sont les activités périscolaires proposées par votre école ?

L’école est aussi reconnue "Ganztagschule". Un organisme prend en charge les enfants de 15h à 17h et le mercredi de 11h45 à 17h. Les enfants prennent part à des activités sportives, des ateliers.  Les places étant limitées, l’inscription à l’école ne garantit cependant  pas une place à ces activités périscolaires.

 

Pourquoi commencer tôt l’enseignement bilingue ?

Certains enfants ont une vie quotidienne bilingue à la maison et arrivent déjà avec des compétences bilingues à l’école, d’autres construisent leur bilinguisme ici. Quand on parle du bilinguisme, cela n’implique pas une égale maîtrise des deux langues, les cas de bilinguismes équilibrés sont d’ailleurs plutôt rares.

On accueille également des enfants qui ne maîtrisent à leur arrivée qu’une seule des deux langues avec des programmes de soutien.

L’important pour que l’apprentissage bilingue ait du sens, c’est que la confrontation aux deux langues d’apprentissage ne reste pas uniquement scolaire mais s’inscrive également dans des activités extra-scolaires. C’est plus facile pour les enfants francophones qui sont par nécessité confrontés à la langue allemande en dehors de l’école dans leur vie quotidienne. Pour les autres, nous les incitons à fréquenter l’Institut Français ou tout autre vecteur de culture et de langue française.

 

En général, où les élèves poursuivent-ils leur scolarité ?

La plupart de nos élèves poursuivent leur cursus à Bonn dans le système allemand. Nous entretenons des rapports privilégiés avec le Friedrich-Ebert-Gymnasium qui propose une filière franco-allemande depuis 30 ans et a obtenu le Label France Education cette année. L’année dernière, 17 de nos élèves de CM1 sur 25 ont intégré cet établissement.

Il arrive que les enfants poursuivent leur scolarité en CM2 en France ou au lycée français de Düsseldorf.

 

Quels sont vos projets à court terme et long terme ?

Chaque année, nous menons des projets spécifiques, le multiculturalisme il y a deux ans, l’amitié franco-allemande l’année dernière, l’environnement actuellement avec une semaine de projet en lien avec la COP23 ...

On aspire à développer toujours plus notre partenariat avec le Gymnasium mais aussi d’autres partenariats, avec l’école allemande du quartier ou les Kitas par exemple. Par ailleurs, nous menons chaque année une action en collaboration avec une association caritative et nous entretenons des liens étroits avec l’Institut Français de Bonn.

L’ouverture de l’école sur son environnement est importante. Son inscription dans la continuité d’une filière franco-allemande à Bonn primordiale, afin que le cursus bilingue que nous proposons ne soit pas seulement une parenthèse qui se refermerait à la fin de l’école élémentaire.

 

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