Édition internationale

MICRO-TROTTOIR – Lycéens français de Düsseldorf : comment parlent-ils de l’Allemagne ?

Écrit par Lepetitjournal Cologne
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 15 février 2017

 

Alors que le soleil allait s’installer définitivement outre-Rhin, Lepetitjournal.com Cologne a voulu aller à la rencontre des élèves du lycée français de Düsseldorf avant qu’ils ne soient en vacances. Les résultats du bac étant déjà tombés pour eux, nous avons tout de même eu la chance de tomber sur une bachelière parmi un groupe de futurs 1ères discutant devant l’établissement.

Un rapide panel :
Binta, sénégalaise, 16 ans, 2nde (rentre en 1ère ES)
Hendrik-André, franco-allemand, 16 ans, 2nde (rentre en 1ère S)
Désirée, française, 17 ans, Terminale S

Binta, 16 ans, 2nde

1) Comment se passe la vie au lycée ? Que fais-tu de ton temps libre ?

BINTA : Le lycée, c’est stressant, parce qu’on a beaucoup de travail, beaucoup plus que les élèves allemands – surtout que la plupart d’entre nous est dans une section internationale, ce qui n’allège pas les emplois du temps !
A côté des cours, on passe la majeure partie de notre temps libre soit sur nos gadgets électroniques soit à faire des sorties entre amis, dans le centre-ville ou le long du Rhin.

HENDRIK-ANDRE : Le quotidien est stressant, on a vraiment beaucoup de travail. Personnellement, je suis en filière AbiBac, ce qui demande d’en fournir encore plus. Après, on est un bon groupe, il y a une belle tête de classe dynamique, ça motive ! On a la chance d’être dans un très bon établissement, le revers de la médaille, c’est qu’on manque un peu de temps libre… Mais je suis aussi des cours de piano dans une académie sélective, et je participe activement à un club de tennis de table. En somme, mon credo c’est « entretenir le corps et l’esprit » !

DESIREE : Je suis tout juste bachelière, donc le stress du bac est passé ! Sinon, c’est un petit lycée – tout le monde se connaît et se parle aussi. Il n’y a pas de séparation entre les classes et les sections, ça donne une atmosphère conviviale générale, c’est agréable.
Sinon niveau activité extrascolaire, pour moi c’est la danse ! Et n’oublions pas les soirées ! Depuis que les résultats sont tombés, c’est party hard non stop, on a une soirée tous les soirs !

2) Comment envisages-tu la suite ? Retour au bercail, projet d’études à l’étranger ?

BINTA : Je suis dans la section européenne Anglais, et j’aimerais continuer dans cette voie. Je pense notamment à aller suivre un cursus anglophone aux Pays-Bas, ils ont d’excellentes formations ouvertes à l’international. Et je ne m’imagine pas spécialement rentrer au bercail, j’ai quitté le Sénégal à l’âge d’un an, c’est plutôt ma destination de prédilection pour les vacances que mon chez-moi.

HENDRIK-ANDRE : Alors là, très honnêtement, aucune idée ! C’est un peu la grande question qu’on se pose tous, j’ai choisi la filière S pour pouvoir avoir le choix après justement. Les sciences m’intéressent beaucoup, alors peut-être ingénieur…ou pourquoi pas économiste. Et je suis encore indécis quant au fait de rester ici, ou de partir étudier ailleurs en Allemagne, ou en Europe… On verra bien !

DESIREE : J’ai été prise en médecine à Nantes ! Donc oui, retour au bercail après trois ans passés à Düsseldorf ! J’ai suivi mon père qui s’est fait muter, et là je rentre toute seule en France – et j’aurais mon petit chez-moi à Nantes aussi. Le début des études est donc synonyme d’indépendance en France !

Hendrik-André, franco-allemand, 16 ans, 2nde

3) Si l’on avait deux heures pour visiter Düsseldorf, où conseillerais-tu d’aller ?

BINTA : Alors déjà, aller voir le Rhin, c’est la base. Et sinon, en ville, grimper jusqu’en haut de la tour de télévision je dirais. Il y a une sacrée vue !

HENDRIK-ANDRE : Mhh…aller voir les berges du Rhin déjà. Il y a de très beaux spots, ça fait de belles photos-souvenirs. Il y a aussi beaucoup de musées en ville, avec de bonnes expos temporaires. Il y a vraiment de quoi faire, ça dépend si l’on est plus nature ou culture.

DESIREE : Je conseillerais d’aller dans la Altstadt, qui se situe non loin du Rhin. Et ça peut valoir le coup de faire le détour par le Fernsehturm !
Note pour ceux qui ont le vertige : Désirée en souffre aussi, et pourtant là-haut, paraît-il que ça va (bon, on n’ira pas jusqu’à se coller le nez aux baies vitrées, mais on pourra profiter de la vue sans se cramponner compulsivement à son voisin.)

4) Que préfères-tu en Allemagne ?

BINTA : Chaque ville est très différente je trouve… il y règne une diversité généralisée, au niveau de l’environnement comme des personnes elles-mêmes. Il y a une ouverture d’esprit qui se retrouve partout, et je trouve que c’est enrichissant sur tous les points de vue. Je pense que je ne pourrais pas m’épanouir sans ça.

HENDRIK-ANDRE : Les villes sont propres ! Il y a un respect des espaces publics comme nulle part ailleurs. Les villes sont bien entretenues, il y a de nombreux espaces verts où l’on peut s’asseoir où bon nous semble, pour lire au soleil, faire un barbecue entre amis… Et ça reste propre malgré tout. Je dirais qu’on sent la prospérité de la ville – voire du pays – derrière ce phénomène. Pour avoir voyagé un peu, disons que ça change des rues espagnoles, ou des jardins publics parisiens où l’on peut seulement admirer les fleurs.

DESIREE : Je n’ai pas de préférence que ce soit pour la France ou l’Allemagne je crois… Après, c’est sûr qu’il y a une différence de mentalité. Et comme pour tout, ça comporte du positif comme du négatif. Les Allemands sont très (si ce n’est trop) disciplinés – le revers de la médaille serait qu’ils ne sont pas spécialement accueillants. Quand je me fais insulter pour avoir traversé au rouge par un autre piéton alors que la route est déserte, j’ai envie de leur dire qu’il faut savoir se détendre un peu !

Désirée, 17 ans, Terminale S

5) Et ce qui te manque le plus de la France serait…?

BINTA : Alors personnellement je viens du Sénégal, du coup je dirais que ce qui me manque le plus et que j’ai là-bas, c’est sans hésiter la mer !

HENDRIK-ANDRE : L’énergie de Paris ! Je m’y rends dès que possible, mon grand-père habitant la capitale. Il y a tellement de choses à faire là-bas ! On n’est jamais à court de sorties. Et si je peux rajouter quelque chose, je trouve que les Français sont des gens aimables et ouverts ! Je n’ai pas eu de mauvaise expérience personnellement, alors soulignons cet aspect anti-cliché.

DESIREE : (La réponse fuse.) La bonne bouffe ! La bière j’aime bien, mais rien à voir avec les bons petits plats.

6) Quelle est la plus grande différence culturelle que tu as pu observer entre l’Allemagne et la France ?

BINTA : Les Allemands sont plus ouverts d’esprit, ça confère à chacun une impression de liberté plus "à la cool". Pour autant, les Français ont plus d’ironie, ils ont très facilement recours au sarcasme. C’est rafraîchissant de pouvoir rire de tout !

HENDRIK-ANDRE : Très clairement, les Allemands sont plus stricts concernant le respect des règles.

DESIREE : Comme je le disais avant, il y a une notion de discipline différente. Avec les bons et les mauvais aspects, du point de vue français comme allemand.

7) Pour finir, te considères-tu comme un "expat" ? Et ce dans quelle mesure ?

BINTA : Non. Cela fait quinze ans que je vis en Allemagne, mon chez-moi c’est ici. Je retourne quand même au Sénégal pour les vacances.

HENDRIK-ANDRE : Non, je suis né à Munich, je suis Allemand.

DESIREE : Oui. Je ne parle pas couramment allemand, ce qui me confère très vite le statut d’étrangère au dehors. Au lycée, on est une vraie communauté, et là je ne me sens pas expat. Mais sortie de cette sphère, même si j’ai des amis 100% allemands en dehors de l’établissement, je reste Française.

Propos recueillis par Anais Levieil (www.lepetitjournal.com/cologne) Mardi 7 juillet 2015

A relire :

MICRO-TROTTOIR - Négociations sur le climat à Bonn : comment protéger l’environnement ?

MICRO-TROTTOIR : Francophonie : comment les Allemands voient-ils la langue de Molière ?

MICRO-TROTTOIR - Journée de la femme : Et vous, quelle figure féminine vous inspire ?

Enregistrer

logo carré 2024_2
Publié le 6 juillet 2015, mis à jour le 15 février 2017
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos