
Pauline, journaliste, Francfort

"Je m'informe sur la campagne par internet et j'aime bien lire aussi ce que disent les journaux allemands sur les candidats. Je trouve que la presse ici s'intéresse pas mal à l'élection française. Après j'en parle avec mes collègues mais je pense qu'ils s'y intéressent surtout parce qu'ils sont journalistes et savent que je suis française.
Je vais rentrer voter en France les deux fois, j'ai déjà mes billets de train. Au départ je m'en suis voulue d'avoir raté le coche pour m'inscrire au consulat, mais finalement je suis contente d'aller à Paris pour l'ambiance, pour vivre la soirée électorale avec mes amis. La dernière fois, j'étais au Canada et ça m'avait manqué de ne pas sentir vraiment cet événement.
Mon pronostic: François Hollande va gagner mais Nicolas Sarkozy va lui faire peur jusqu'au bout, la France est à droite de façon structurelle, il ne faut pas l'oublier. "
Céline, Cologne
"J’ai la chance de pouvoir suivre les débats télévisés, notamment l’émission "Des paroles et des actes" sur France 2. J’ai d’ailleurs suivi le non-débat pathétique entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Les politiques ne parlent pas suffisamment des sujets qui me préoccupent. L’écologie par exemple est totalement absente de la campagne !
Mon pronostic: François Hollande sera élu président."

"Je suis la campagne, plus par curiosité qu'autre chose car mes convictions politiques sont fixées et je ne fais pas partie des indécis. Je suis avant tout attentif aux thèmes abordés, à la qualité du débat, aux propositions éventuelles qui sortent de l'ordinaire et qui peuvent apporter une nouvelle perspective pour l'évolution de la société. Je la suis surtout via la radio (France Inter) qui me semble le moyen le plus sérieux de suivre et comprendre les débats.
La campagne, cette année, est fidèle à la tradition : une gauche qui lance des idées novatrices basées sur le progrès social et une droite qui reste ancrée sur une vision gestionnaire de la société et qui détruit les idéaux progressistes tout en orientant la campagne sur les thèmes traditionnellement porteurs pour elle : insécurité et immigration. Nicolas Sarkozy ne pouvant gagner qu'avec le gain des voix du Front national, on ne peut pas s'attendre à ce que le débat gagne en qualité concernant un programme à long terme sur le devenir de la France.
J'aimerais que la société civile et les citoyens reprennent confiance en la politique avec une rénovation en profondeur des institutions, un Etat qui ait le courage de réguler davantage l'économie et que les salariés puissent avoir par la loi le pouvoir de s'immiscer davantage dans la gestion des entreprises et dans la prise de décision (un peu sur le modèle allemand).
Ce sera serré mais François Hollande gagnera grâce au soutien du Front de gauche. Les citoyens français n'adhèrent pas forcément à son discours, mais une grande majorité ne veut plus de Nicolas Sarkozy comme président car il les a déçus."
Nathalie, reporter, Cologne
"Je suis la campagne en écoutant la radio et la télé française. Je préférerais que les politiques parlent plus de l'emploi, du problème des sans-abris, de l'Europe et des relations internationales. Je pense que François Hollande va gagner."
Mathieu, analyste financier, Bonn
"Je suis la campagne principalement sur Internet. J’écoute les débats à la radio sur RTL ou RMC et je lis les journaux français le week-end. Je trouve que les candidats ne parlent pas suffisamment de politique internationale et des problèmes économiques.
Une surprise au 1er tour n’est pas exclue vu le nombre d’indécis à ce jour et la cote de popularité des outsiders (Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen). Si François Hollande passe le 1er tour, il sera certainement président."
Danièle, assistante médicale, Darmstadt

"J'essaie de suivre la campagne à travers les journaux sur internet, et sur TV5 Monde pour tenter de me faire une idée, mais je ne trouve pas que cela m'aide vraiment. Pour faire mon choix, je vais aller regarder les propositions de chacun, ou presque, sur leurs sites internet. Je trouve que la campagne avait bien commencé, les candidats parlaient de la crise, du chômage, de leurs solutions pour diminuer la dette de la France, des jeunes, de l'éducation… mais depuis la polémique sur la viande hallal environ, c'est n'importe quoi! C'est la course à la petite phrase, à l'annonce sur tout et sur rien, ce n'est pas digne de la situation. Je crains qu'il y ait encore énormément d'abstention et cela favorise les extrêmes.
Je pense aussi que les sondages sont clairs depuis le départ et donc cela n'incite pas les Français à aller voter, surtout les nombreuses personnes qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 et qui sont très déçus, sans être convaincus par le discours de François Hollande."
Nadia, éducatrice, Cologne
"Je suis de très près cette campagne en lisant la presse quotidienne et en regardant les débats télévisés pour comprendre les programmes.
Je pense que chacun des candidats aborde l'essentiel de nos préoccupations lorsque nous résidons en France. Néanmoins pour la minorité que nous sommes à l'étranger, rien n'est vraiment très clair ou abouti. Pas vraiment d'exclusivité en vue. Mes préoccupations seraient davantage liées au soutien des Français à l'étranger en termes de couverture médicale, de soutien pour les familles, de présence consulaire et facilitation de démarches administratives et de fiscalité.
Mes pronostics ne sont malheureusement pas de très bonne augure ; j'ai le sentiment que le niveau intellectuel des Français baisse et qu'ils se laissent "dominer" par des solutions de division et de répression, plus que de composition de vraies réformes et de vrais combats pour garder la tête haute. La France en a assez d'être taxée, tirée dans tous les sens, ballotée : il me semble que le premier tour sera très clairement un vote de contestation, voire de "détestation" ce qui risque d'être dangereux pour les valeurs républicaines et humanistes de notre pays. Mes attentes? Que les Français n'oublient pas que nous ne sommes pas un pays de haine où les extrêmes prennent le dessus. Que nous soyons en mesure de reprendre confiance en l'avenir et participer au succès économique, social, culturel et intellectuel de la France. "
Propos recueillis par Magali Hamon, Anne Le Troquer et Alexandre Duchenne (www.lepetitjournal.com/francfort) Jeudi 12 avril 2012{jcomments on}
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