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HUMOUR – Alfons : une tornade de rire à Düsseldorf

Par Lepetitjournal Cologne | Publié le 14/11/2011 à 00:00 | Mis à jour le 21/09/2016 à 13:49

 

Avec son micro en peluche, son air naïf et son accent français artificiellement accentué, Emmanuel Peterfalvi, alias "Alfons" fait rire les Allemands depuis de nombreuses années sur les ondes et sur scène. L’humoriste français le plus connu outre-Rhin alterne sketches et micro-trottoirs sur scène et lors de shows télé. La rédaction du petitjournal.com l’a rencontré lors de son passage à Cologne au Köln Comedy Festival où il a enthousiasmé une salle en délire. Ne manquez pas l’occasion de le découvrir samedi à Düsseldorf dans son spectacle Die Rückkehr der Kampfgiraffen

(Photo : Eyk Friebe)

Lepetitjournal.com : Pourquoi êtes-vous en Allemagne et depuis quand ?
Alfons : Depuis 20 ans. En 1991, j’ai effectué mon service national en entreprise pour Canal +. La chaîne m’a envoyé à Hambourg rejoindre l’équipe de Première.

Ce n’est pas un avantage de faire rire dans une langue étrangère. Pourquoi l’Allemagne et l’allemand ?
C’est un concours de circonstance, je n’étais pas parti pour cela. J’étais toujours derrière la caméra et un jour j’ai voulu être devant. Je parlais mal allemand mais je ne suis dit que cela était peut-être mon capital. Cela a marché !

Pourquoi avoir choisi ce personnage de journaliste maladroit et simplet ? Comment est né le personnage d'Alfons ?
Ce n’était pas vraiment choisi. Pour apprendre l’allemand, j’allais beaucoup sur les marchés. En France, j’aimais aller dans les cafés et écouter les gens au comptoir commenter l’actualité. En Allemagne, il n’y avait pas de comptoir de café et cela m’a manqué, par contre il y avait les marchés et les stands de saucisses où les gens parlaient du dernier discours de la chancelière ou de la crise. Cela m’a appris l’allemand. J’ai alors commencé à prendre la caméra et à les filmer. Le problème est que les gens, une fois devant la caméra n’étaient plus du tout intéressants, c’était même très ennuyant ! Alors j’ai trouvé par hasard cette veste orange et j’ai décidé de faire autrement. J’ai préparé des questions et les ai posées aux passants avec mon micro. Les gens se sont alors mis à me parler à moi comme ils parlaient au comptoir. C’était la magie du Puschelmikro ! Cela a fonctionné car les gens ont senti que je les écoutais et que je m’intéressais à leur histoire.

 

Alfons dans son émission Puschel TV (Photo : http://alfons-fragt.de)

Est-ce qu’Alfons est votre vrai nom ?
Mon vrai nom est Emmanuel Peterfalvi. Alfons est venu en même temps que la veste. J’étais subjugué de la façon dont les Allemands écrivaient Alfons.

Dans la lignée de quel comique vous situez-vous ?
Il y a beaucoup de gens que j’admire mais je ne sais même pas si je suis un comique. Je ne me situerais pas dans une lignée. Mon Dieu c’est Charlie Chaplin.  Il y a de très bons comiques en France, comme Gad Elmaleh.

Beaucoup disent que le nord et le sud du pays sont très différents en termes de mentalité. Est-ce que cela se ressent dans le public et quel public considérez-vous comme le meilleur ?
Quand je fais des films dans la rue, oui. Dans le nord, il y a une retenue que je trouve assez agréable, cette espèce de distance est assez drôle. Quand je suis sur scène, ce n’est pas pareil. Dans le nord comme dans le sud,  j’ai eu des soirées formidables où les gens gueulaient, se marraient.  En fait, en Allemagne, quand les gens sont en groupe, il y a une chaleur au sud et au nord pas tellement différente.

Vous vivez en Allemagne depuis un certain temps maintenant. Quels sont les clichés sur  les Allemands que vous avez pu vérifier et au contraire ceux que vous pouvez démentir ?
L’un des clichés sur les Allemands, c’est la discipline qui a deux côtés : le respect des choses, par exemple dans les toilettes publiques, si je vois des graffitis et que c’est sale, je sais que je suis en France, si c’est tout propre, je sais que je suis en Allemagne. Le côté négatif de leur discipline c’est se conformer à toutes les règles, y compris s’arrêter au feu rouge pour piétons même dans les pires conditions : grêle, neige, pas de voiture, etc. A chaque fois que je rentre en France, je me dis : quel bordel ! Mais c’est un bordel chantant. J’hallucine positivement. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si on a le coq pour emblème car c’est le seul animal qui peut chanter quand il a les pieds dans la merde !

Aimeriez-vous interviewer des personnages publics, lesquels ?
Oui, je le ferais volontiers mais je passerais deux jours avec eux afin d’essayer d’enlever ce « vernis » insupportable qu’ils ont et qu’ils sont entraînés à ne pas enlever. Je pourrais interviewer n’importe quel homme politique ou homme public.

Vous travaillez également en parallèle avec la télévision avec votre propre émission. Qu’est ce que cela vous apporte d’un point de vue professionnel ?
C’est un complément. La scène, c’est venu un peu après. Ce que j’aime c’est faire des films et aller sur les marchés. Sur scène, je ne peux pas faire ça, alors j’ai installé un écran avec des  extraits de micro-trottoirs.

Vous serez sur scène le 19 novembre à Düsseldorf. Que dirait Alfons aux lecteurs du petitjournal.com pour leur donner envie de venir voir le spectacle ?
C’est mon spectacle préféré ! C’est une histoire vraie qui m’est arrivée et qui est assez poignante. Cela a commencé sur les marchés où j’ai rencontré un retraité de 90 ans qui avait toujours des réponses très percutantes. Il vivait à Hambourg mais venait de Berlin et rêvait d’y retourner. Un jour je l’ai rattrapé et lui ai demandé « Voulez-vous revoir Berlin ? » « Non, non, non ! » m’a-t-il répondu. Plus tard, il est revenu me voir avec un ton que je ne lui connaissais pas pour me dire : « J’ai réfléchi et j’aimerais revoir l’école où j’étais scolarisé. Mais c’est impossible, sauf si tu m’aides ! » a-t-il ajouté. J’ai alors recherché l’école qui existait encore pour un mois. C’est un énorme hasard ! Nous y sommes allés et je l’ai filmé là-bas.

Alfons dans son émission Puschel TV (Photo : http://alfons-fragt.de)

Le talent que vous souhaiteriez en plus avoir ?
Celui de Charlie Chaplin !

On dit que le rire fait craquer les femmes…est ce que ce talent vous a aidé dans vos relations avec les femmes ?
C’est vrai ! Je reçois plein de lettres de dames qui veulent se marier avec moi. Il y a juste un problème : elles ont entre 80 et 90 ans !

Quel est votre dernier fou rire ?
C’était avec mon fils dans un sushi bar. J’ai voulu prendre un plat sur le tapis roulant et j’en ai fait tomber dix ! Mon fils était mort de rire et a dit : « Oh, Alfons ! ». Dans ces moments-là, ce n’est plus son père qu’il voit mais Alfons.

Y a-t-il à votre connaissance d’autres comiques français qui exercent à l’étranger ? Si oui, y en a-t-il que vous appréciez ?
Il y a Nathalie Licard en Allemagne que j’aime beaucoup. Je l’ai connue il y a longtemps lors du Harald Schmidt Show mais je l’ai découverte sur scène récemment à Cologne lors du Köln Comedy Festival.

Propos recueillis par Magali Hamon (www.lepetitjournal.com/cologne) Lundi 14 novembre 2011

Die Rückkehr der Kampfgiraffen

Samedi 19 novembre à 20h
Savoy Theater Düsseldorf
40210 Düsseldorf

Billets :
Konzert Kasse Heinersdorff: 0211-329191
www.savoy-theater.de

http://alfons-fragt.de/

Dates de tournée


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