Édition internationale

SOCIETE– Un nouveau genre de covoiturage

Écrit par Lepetitjournal Cologne
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 octobre 2014

Pour rentrer en France lorsque l'on vit dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, on peut voler, prendre le train, et aussi rouler, avec sa propre voiture, ou en partageant celle de quelqu'un d'autre. Le covoiturage entre Paris et Cologne, Düsseldorf, Duisburg, c'est même devenu un marché qui n'a plus grand chose à voir avec le simple partage de véhicule. Enquête sur ce mode de déplacement d'un nouveau genre, entre covoiturage et taxi

Un mode de déplacement d'un nouveau genre...

Les Français résidant dans le Land de la Rhénanie du Nord-Westphalie ont à leur disposition plusieurs modes de transports qui leur permettent en quelques heures de rejoindre Paris.  « Les retours au pays » pour un week-end, des vacances, un rendez-vous professionnel s'effectuent en avion, en train, en voiture, en fonction du budget de chacun.  Le covoiturage, mode de déplacement solidaire et écologique, a connu une grande expansion ces dernières années, y compris pour des trajets internationaux.  L'axe routier Cologne-Bruxelles-Paris, situé dans le centre géographique et stratégique de l'Union européenne, est très emprunté. C'est pourquoi l'offre et la demande de covoiturages pour ces trajets se multiplient. Sur n'importe quel site de covoiturage français ou allemand, des dizaines d'annonces proposent des liaisons entre les principales villes de NRW et la capitale française.

Entre covoiturage et taxi
Mais un certain nombre d'entre elles n'a plus grand chose à voir avec les principes de partage et d'entraide  à la base du « co-voiturage ». En effet un véritable trafic s'est développé peu à peu. Des mini-bus pouvant contenir jusqu'à 8 personnes se relaient pour relier Cologne, Düsseldorf ou Duisburg à Paris, effectuant chaque jour un aller-retour. Les hommes au volant de ces « covoiturages-taxi » ont fait de ce trajet leur métier, leur gagne pain. Moyennant 30 ou 35 euros par personne (prix minimum d'un voyage en deuxième classe en Thalys), ils roulent toute la journée.
Pour les contacter, c'est  simple. Comme pour les covoiturages classiques, il suffit de se rendre sur l'un des sites Internet gérant les annonces de partage de voiture. Pour un aller Paris-Cologne, on peut lire une quinzaine de proposition chaque jour. Parmi celles-ci, un grand nombre est proposé par ces « covoitureurs » d'un genre particulier. Pour les repérer, c'est assez simple : les créneaux horaires sont toujours les mêmes, tôt le matin ou en début d'après midi. De plus ils sont le plus souvent les seuls à proposer d'embarquer 8 personnes.  Un simple coup de fil ou un email permet de réserver une place dans l'un des véhicules. Rendez-vous : Paris, Porte de la Chapelle, point de départ obligé de ces covoiturages organisés.

Des problèmes juridiques et éthiques
Même si à priori ces trajets, entre covoiturage et taxi, se déroulent bien, ils posent cependant un certain nombre de problèmes. Le premier, bien sûr, juridique, puisqu'il s'agit d'un trafic utilisant comme plateforme légale un principe d'échange de service qui concerne normalement deux particuliers, l'un possédant une voiture, l'autre non. Proposant des services proches de ceux des taxis, ces conducteurs ne payent cependant aucun impôt ou taxe sur leur gains, qui ne sont pourtant pas négligeables. Autre problème, éthique, cette fois, mais ayant des conséquences « pratiques »: le covoiturage est normalement pensé comme un mode de transport« solidaire », dont le but n'est pas d'engendrer des profits. Or dans le cas de ces conducteurs qui gagnent leur vie en effectuant des allers-retours, il est très important de remplir au maximum la voiture lors d'un voyage, afin de rentabiliser au maximum. Leur technique : accepter plus de réservations qu'il n'y a de place dans le véhicule, ce qui peut provoquer des situations désagréables. En effet, le dernier arrivé peut se voir refuser la place qu'on lui avait promise...
Il y a fort à parier que ces pratiques vont être bientôt surveillées plus étroitement, afin d'éviter une forme de concurrence déloyale aux taxis, mais également aux compagnies de transport routier, ferroviaire, voire aérien, même si le public ciblé est assez différent.
Reste à espérer que cela ne portera pas préjudice au principe de covoiturage, qui pour de nombreuses personnes, représente à la fois un mode de transport économique et raisonné, et un principe de vie, l'entraide.

Julie Corouge (www.lepetitjournal.com/cologne) Lundi 27 septembre 2010







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Publié le 27 septembre 2010, mis à jour le 5 octobre 2014
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