Jeudi 13 mai 2021

PARITE : Le modèle allemand controversé

Par Lepetitjournal Cologne | Publié le 12/03/2012 à 00:00 | Mis à jour le 05/01/2018 à 08:30

A l'occasion de la Journée internationale de la femme qui s'est déroulée le 8 mars, le débat sur la mise en place de quotas destinés à favoriser la parité au sein des entreprises refait surface en Allemagne. Souvent moins bien payées que leurs homologues masculins et toujours absentes des postes à responsabilités, les Allemandes peinent à briser le plafond de verre

"Il est temps de changer les choses", c'est ainsi que s'intitule la pétition signée par 350 femmes journalistes et adressée le 27 février à 250 rédacteurs, éditeurs et dirigeants audiovisuels. ?Nous exigeons un quota minimum de 30 % de femmes aux postes à responsabilités des rédactions d'ici à cinq ans ? et ce à tous les niveaux de la hiérarchie.? Derrière cette initiative collective d'apparence purement féministe se cache une réalité qui, loin de se limiter au monde des médias, touche au contraire l'ensemble du marché du travail allemand.

Une lente féminisation aux postes à responsabilités
En matière de parité, l'Allemagne ne fait pas figure de bonne élève. En 2011, les entreprises cotées en bourse ne comptaient à leur tête que 1,5 % de femmes, et les entreprises du DAX que 8 % de femmes au sein de leurs directions et conseils d'administration selon les chiffres communiqués par l'Office fédéral des statistiques. L'idée d'instaurer des quotas de femmes aux postes à responsabilités est discutée en Allemagne depuis plusieurs années déjà sans jamais avoir abouti à une solution satisfaisante.
Pour l'heure, l'approche allemande reste basée sur l'engagement volontaire des entreprises. Mais cette approche jugée totalement stérile par beaucoup d'Allemandes ne fait pas non plus l'unanimité dans les rangs des politiques et ce même parmi les conservateurs. Ainsi, Ursula von der Leyen (CDU) ; l'actuelle ministre du Travail et des Affaires sociales se positionne depuis de nombreuses années en faveur d'une politique de quotas ; seul moyen, selon elle, de briser à court terme le plafond de verre particulièrement persistant en Allemagne.
Une manière d'aborder le problème qui ne rencontre pas l'approbation de la chancelière allemande. Arrivée au sommet de l'État par elle-même, Angela Merkel s'oppose à toute loi contraignante. Dans les rangs de l'opposition, en revanche, l'idée fait recette. "Davantage de femmes à la direction des entreprises serait un bénéfice pour tout le monde", a déclaré le président du Parti social-démocrate, Sigmar Gabriel. Ce débat sur les quotas pourrait cependant trouver une issue de lui-même au fil des années. D'après l'Agence fédérale pour l'emploi (BA), le vieillissement et l'accès croissant des femmes aux qualifications supérieures rendra peu à peu ces dernières incontournables à tous les étages de l'entreprise face à la pénurie de main-d'?uvre qualifiée.

Une précarité essentiellement féminine
Actuellement, ce sont pourtant les femmes qui sont le plus défavorisées sur le marché du travail allemand. Selon un rapport de l'OCDE publié en 2010, l'Allemagne détient le record européen de l'inégalité salariale entre hommes et femmes. Les Allemandes à temps plein gagnent en moyenne 21% de moins que leurs collègues masculins contre un écart moyen de 16% parmi les pays de l'OCDE. Elles sont, en outre, les premières concernées par le travail à temps partiel de plus en plus croissant en Allemagne et toujours masqué par un taux de chômage en chute. Selon l'Office fédéral des statistiques, en 2010, 45,6 % des salariées allemandes étaient à temps partiel, soit 15 points de plus que la moyenne européenne (30,8%). Un phénomène qui s'explique notamment par un modèle familial traditionnel plus résistant en Allemagne qu'en France et qui trouve sa source dans la difficulté qu'ont les femmes allemandes à trouver des places en crèches (Kitas).

Laurie Tierce (www.lepetitjournal.com/cologne) Lundi 12 mars 2012

Sources :
CIDAL http://www.cidal.diplo.de/Vertretung/cidal/fr/__pr/actualites/nq/2012-03/2012-03-08-femmes-pm.html?archive=2069408
Die Tageszeitung : http://taz.de/Quote-in-Medienhaeusern/!88499/
Die Zeit: http://www.zeit.de/karriere/beruf/2012-03/frauenquote-union-dissens

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