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A LA RENCONTRE DES MILITANTS - Isabelle Négrier, fondatrice du comité En Marche! en NRW

Par Lepetitjournal Cologne | Publié le 04/04/2017 à 23:00 | Mis à jour le 04/04/2017 à 17:10

A quelques semaines des élections présidentielles françaises, Lepetitjournal.com Cologne est allé à la rencontre de militants qui se sont engagés en NRW pour un des onze candidats. Cette semaine, nous avons rencontré Isabelle Négrier, fondatrice du comité local d’En Marche! à Bonn, qui nous a expliqué les raisons de son engagement.

Lepetitjournal.com Cologne : Isabelle Négrier, quel est votre parcours et qu’est-ce qui vous a amenée à Bonn ?

Isabelle Négrier : J’ai 46 ans et suis mère de deux filles scolarisées à l’école franco-allemande De Gaulle-Adenauer. Je me considère avant tout comme une mère et comme une personne active. Pendant plus de 25 ans, j’ai travaillé dans l’industrie énergétique, notamment en tant que développeuse dans les smart grids et les énergies renouvelables. Mon mari travaille à Cologne et habite à Bonn depuis deux ans, je l’y ai rejoint il y a un an.

Quelles sont vos principales occupations ?

A mon arrivée en NRW, j’ai décidé de mettre ma carrière entre parenthèses pour me consacrer à la campagne d’Emmanuel Macron. Je suis aussi très active au sein de l’école de mes filles où je suis déléguée de classe. C’est une école totalement bilingue, cursus qui est en voie de disparition. Je milite pour ce type d’écoles, défends l’apprentissage de l’allemand et des langues en général.

Quelles ont été vos motivations pour rejoindre le mouvement En Marche! ?

Je suis aujourd’hui une femme engagée en politique alors que je ne l’étais pas avant, et je ne le serai peut-être plus dans 5 ou 10 ans. En effet j’ai choisi de renoncer temporairement à ma carrière pour rejoindre En Marche!, en premier lieu pour contrer la montée du nationalisme. J’ai rencontré Emmanuel Macron pour la première fois en 2015 au cours de la manifestation "Je suis Charlie", puis une seconde fois à l’occasion du concours Réinventer Paris 2016 dont j’ai été lauréate – mon équipe et moi avions conçu des panneaux photovoltaïques 100% recyclables, fabriqués en Autriche et conçus par des Français. J’ai tout de suite été marquée par son empathie et par sa modernité, par son intérêt sincère pour l’innovation. Je me suis tout de suite reconnue dans son programme car les deux sujets qui me sensibilisent le plus sont l’éducation et l’Europe : je suis une femme en marche, qui a toujours allié vie familiale et vie professionnelle, et je me considère avant tout comme une travailleuse, or la valeur première du mouvement est le travail. En outre je trouve sa démarche importante car il s’adresse aux personnes qui se sentent oubliées par la politique : son projet est de constituer une équipe qui respecte la parité et qui sera composée à hauteur de 50% de personnes issues de la société civile. Je suis moi-même une féministe et une citoyenne qui croit en les valeurs de la République. C’est pourquoi j’ai décidé de m’engager à ses côtés, d’être actrice à 100% afin de travailler à offrir un monde meilleur à mes enfants.

Qu’est-ce qui vous a incitée à fonder ce comité local ?

En tant que Française de l’étranger, je me vois comme une représentante de la France à l’étranger, nous véhiculons en effet une certaine image de la France au quotidien, or je ne veux pas que l’on soit vus comme des nationalistes. Pour Emmanuel Macron, le couple franco-allemand est fondamental : l’Allemagne est envisagée comme un modèle en ce qui concerne la flexibilité de l’emploi, un modèle qui serait à développer en France. Enfin, le parti est avant tout un parti européen, il est donc important que nous soyons implantés à l’étranger. Dans ce comité, il y a des Allemands, des Polonais, des Américains qui participent à nos réunions ! Le comité est né le 6 avril 2016, il n’est pas financé par des fonds publics mais uniquement par les dons des militants et des adhérents.

Combien d’adhérents compte le comité ?

Il y a environ 1.000 adhérents au parti En Marche! dans toute l’Allemagne, répartis entre 20 comités locaux. Le comité de Rhénanie du Nord-Westphalie est le seul qui couvre un Land entier, et non pas seulement une ville. En effet la NRW est le Land où il y a le plus votants français en Allemagne (environ 15.000). Ce comité regroupe une cinquantaine d’adhérents, parmi lesquels personne n’a jamais exercé de responsabilités politiques. Il est le comité allemand le plus important avec celui de Berlin.

En quoi consiste votre engagement ?

Je suis impliquée à 100%, au point que la permanence d’En Marche! à Bonn se trouve dans mon propre logement ! Je suis également très présente sur le terrain, et organise des rencontres dans les écoles, dans les instituts français, dans différentes associations. Je pars aussi à la rencontre des militants dans toute l’Allemagne. En outre, je suis très active sur les réseaux sociaux : j’anime le groupe Facebook qui rassemble l’ensemble des comités allemands. J’ai aussi fondé la page "Elles marchent Allemagne", qui regroupe les marcheuses de tout le pays. En ce qui concerne le fonctionnement du comité, nous sommes très autonomes et créatifs dans nos actions, nous n’attendons pas d’ordres du QG. Nous organisons notamment ce que l’on appelle des "réunions de transformation" sur différents thèmes, par exemple sur la représentation des femmes en politique, l’écologie, la santé ou encore l’éducation. Au-delà des actions classiques, la prochaine action prévue est une marche à vélo que j’organise avec Thilo Engel du 8 au 22 avril. Nous emprunterons une route européenne pour discuter avec les gens de ce qu’ils attendent de l’Europe. La marche se terminera symboliquement devant le Parlement européen, car nous voulons montrer la force du couple franco-allemand et l’attachement à l’Europe qui caractérise le parti d’Emmanuel Macron.

Quelles sont les propositions de Macron pour les Français de l’étranger ?

En Marche! a rédigé un tract spécial Allemagne : on peut être de droite, de gauche, du centre, ce qui nous réunit, c’est la croyance en le tandem franco-allemand et en l’Europe. Un des points forts du programme est par exemple le rétablissement de l’apprentissage de la langue allemande dans les collèges français. Surtout, le parti a pris la peine d’interroger les Français de l’étranger. Deux questionnaires spéciaux ont été préparés pour eux, ouverts à tous. La première vague de questionnaires a été partagée en 2016, la seconde en 2017. Nous organisons aussi de nombreux débats ouverts au public, et nous remontons les idées des Français de l’étranger au QG, qu’il s’agisse de grandes idées géopolitiques, ou d’idées concernant la vie quotidienne, par exemple des idées pour mieux recycler. Ce comité est pour moi un laboratoire, nous sommes des observateurs qui remontons des idées dont s’inspire Macron pour faire son programme. Nous sommes là pour discuter, écouter, observer, pour nous inspirer de tout ce qui se fait ici, et pour aller à la rencontre des Français qui se sentent souvent oubliés.

Propos recueillis par la rédaction (www.lepetitjournal.com/cologne) Mercredi 5 avril 2017

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