Édition internationale

ECONOMIE - Chômage en Allemagne : entre utopie et réalité

Écrit par Lepetitjournal Cologne
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 janvier 2013

Alors que la France voit le nombre de ses demandeurs d'emplois grimper en flèche, le bilan est loin d'être aussi noir chez nos amis allemands dont l'économie continue d'afficher une santé insolente. Jamais depuis la réunification, le nombre de personnes en activité n'a, en effet, été aussi haut outre-Rhin.

Avec plus de 26 millions de personnes sans emploi, le taux de chômage dans l'Union européenne s'élevait à 10,7 % en novembre 2012 selon des chiffres publiés le 8 janvier 2013 par l'Office européen de statistiques Eurostat. En France, le taux de chômage s'élève à 10,5 %. En Allemagne, en revanche, il reste stable et le nombre de personnes en activité ne cesse d'augmenter.  

Un taux de chômage en baisse
Jamais depuis 1990, le taux de chômage n'avait, en effet, été aussi bas en Allemagne. Selon les chiffres publiés par l'Agence pour l'emploi, il s'élevait à 6,8 % en 2012, contre 7,1% en 2011, soit 2,897 millions de demandeurs d'emplois pour une population de plus de 80 millions d'habitants. Un record qui a de quoi inciter bon nombre d'Européens à mettre les voiles et à franchir la frontière allemande en quête d'un nouveau départ.
Pour la Süddeutsche Zeitung qui titrait le 3 janvier 2013 "Il n'y a jamais eu autant d'actifs", ces résultats positifs ont de quoi conforter la coalition noir-jaune au pouvoir. A dix mois des élections législatives, la chancelière allemande peut se féliciter de ce sixième record consécutif. Car, parallèlement à cette baisse du taux de chômage, l'Allemagne enregistre un record en termes de nombre d'actifs avec 416.000 personnes de plus sur un an, soit une hausse de 1% en 2012.
Selon leur rapport annuel remis à Angela Merkel le 7 novembre 2012, les cinq membres du conseil économique allemand dits "les cinq sages" - un groupe d'experts conseillant le gouvernement allemand -, prévoient pour 2013 un taux de chômage en baisse et une croissance de 0,8 %.

L'envers du décor
Si le marché de l'emploi emploi continue de bien se porter et a "su se montrer robuste face à une situation économique difficile" selon les propres termes du président de l'Agence pour l'emploi allemande, l'étude publiée par Destatis (équivalent de l'Insee) consacrée aux bas salaires montre cependant que derrière les chiffres se cache une réalité bien plus complexe.

Selon cette étude, un quart de la population n'a pas de contrat à durée indéterminée. En 2011, plus de 7 millions de personnes occupaient un minijob rémunéré 400 euros par mois. Les femmes sont les plus touchées par cette situation travaillant essentiellement à temps partiel, en intérim, ou avec un contrat à durée déterminée. Conséquence directe : une envolée outre-Rhin des bas salaires et des mini-jobs ainsi qu'un accroissement sensible de l'écart entre riches et pauvres.

Face à cette situation préoccupante, le gouvernement allemand a promis d'agir en 2013. Depuis le 1er janvier 2013, le plafond de rémunération de ces emplois est ainsi passé de 400 à 450 euros par mois. En outre, les minijobs signés après cette date seront soumis aux cotisations retraite, sauf si les salariés y renoncent expressément.

Beaucoup en Allemagne s'interrogent cependant sur le bienfondé de cette réforme estimant que cela ne fait que renforcer une forme d'emploi précaire en lui accordant une certaine légitimité.

Laurie Tierce (www.lepetitjournal.com/cologne) Lundi 14 janvier 2013

--> A lire également :

PRÉCARITÉ - Des retraités allemands obligés de rempiler pour survivre


Sources


Focus

Frankfurter Allgemeine Zeitung

Arbeitsagentur


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Publié le 14 janvier 2013, mis à jour le 14 janvier 2013
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