Édition internationale

THÉATRE FRANCO-ALLEMAND - "Don Juan revient de guerre" par la troupe Projets et Projecteurs

Écrit par Lepetitjournal Cologne
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 12 avril 2016

"Don Juan revient de guerre", pièce écrite par Ödön Von Horvath est jouée au Studiobühne. À partir de ce mercredi et pour cinq représentations, la pièce franco-allemande est présentée par la troupe amateur Projets et Projecteurs. Lepetitjournal.com/cologne a rencontré, avant la première, le metteur en scène Pierre Gérardin. Le jeune homme de 29 ans a pris la succession de Camille Guinemer l’année dernière. 

Lepetitjournal.com Cologne : Vous êtes comédien à l’origine, pourquoi avoir choisi de devenir metteur en scène ? 

Pierre Gérardin : J’ai commencé à faire du théâtre il y a sept, huit ans et je suis rentré dans la troupe Projets et Projecteurs il y a quatre, cinq ans. J’ai fait trois productions chez eux en tant qu’acteur. Depuis l’année dernière, j’ai pris la place du metteur en scène, Camille Guinemer, qui est parti à New York. 

Comment se passe la succession ? Ils ont besoin de quelqu’un et vous vous proposez ? 

C’est un peu comme ça oui. Camille est parti et il m’a proposé. Je n’avais pas pensé le faire à la base mais cela me disait bien.

Le fait d’être passé d’acteur à metteur en scène change quoi ? 

Cela nécessite beaucoup plus d’implication, de travail. C’est vraiment autre chose. Je joue aussi en même temps. Chez nous, le metteur en scène a toujours un petit rôle. C’est prenant mais vraiment différent du travail d’acteur. En terme d’implication mais aussi dans le fait de regarder, de diriger les gens. 

Cela change-t-il le rapport aux acteurs ?

Un petit peu oui, mais nous sommes de très bons amis à l’extérieur. En fait, c’est d’autres metteurs en scène qui m’ont dit que passer d’acteur à metteur en scène était assez compliqué. J’étais un simple acteur et maintenant il faut que je les dirige, que je leur donne des consignes. 

Une personne qui vient de l’extérieur, c’est autre chose. Elle a une autre autorité. Il fallait donc que je me créé une autorité, une légitimité. C’était quand même assez dur. Cette année [nldr : c’est la seconde année qu’il dirige la troupe en tant que metteur en scène], c’était plus facile. En novembre dernier, j’ai joué la pièce Othello ici au Studiobühne avec un metteur en scène professionnel, donc j’ai pu observer comment il travaille et j’ai beaucoup appris. 

La troupe est franco-allemande, combien êtes-vous en tout ? 

Nous sommes dix. Cette année nous avons plus de Français. Nous avons trois Allemandes, une Franco-allemande et six Français. 

Pour en venir à la pièce, pourquoi avoir choisi "Don Juan revient de guerre" ?

Ce qui est bien, c’est qu’il y a 35 rôles féminins et 23 scènes différentes. J’ai vu la pièce au festival d’Avignon l’été dernier et ça m’a tout de suite marqué. Ils n’étaient qu’à trois : deux femmes pour les 35 rôles et un acteur pour Don Juan. 
Je me suis dit que ça allait être parfait étant donné qu’on a le choix entre beaucoup d’actrices. C’est dynamique, varié, il se passe plein de choses. Dans les 35 rôles féminins, il y a deux prostituées, deux religieuses, une veuve, une chanteuse, une actrice, une dentiste, des vieilles, des jeunes... 
Ödön Von Horvath est un auteur autrichien des années 20, années 30. Le texte est vraiment beau. C’est aussi un écrivain : il a écrit des textes donc il a une belle langue. C’est pas du théâtre contemporain comme on l’a beaucoup fait. Mais c’est pas non plus un classique comme du Molière. 

Comment pourrait-on résumer la pièce pour ceux qui viendront la voir à partir de ce mercredi ? 

C’est Don Juan qui revient de la première guerre mondiale. Cela se passe dans l’Allemagne des années 20. Avant de partir à la guerre, il avait une fiancée qu’il a complètement délaissée pour partir en guerre. Il l’a trompée également. En revenant, il veut changer, retrouver cette fiancée et ne plus être le Don Juan classique qui court de femme en femme, qui séduit. Le premier acte c’est ça. 
Il essaie de retrouver sa fiancée, va là où elle habitait. Mais il attrape la grippe espagnole, il passe trois mois à l’hôpital. Puis il redevient lui-même en allant de femme en femme. Jusqu’à ce qu’il loge chez une femme qui a deux filles. Elles en souffrent beaucoup puisqu’il les séduit, les délaisse. Elles montent ensuite une sorte de complot en l’accusant d’avoir violé l’une d’elles. Le troisième acte commence comme cela. Il est bouleversé et est obligé de fuir, d’être en cavale. Il décide finalement d’aller chez la grand-mère de sa fiancée où elle est retournée. Là, il apprend que la fiancée est morte. Pour le final, nous garderons le suspens.  

Comment s’organise le fait que la pièce soit jouée en français et allemand mélangé ? 

À la base, la pièce est écrite en allemand, donc on l’a traduite. Ce qui était bien, c’est qu’il y avait déjà plusieurs traductions en français. On a pris celle qui existait déjà et nous avons fait moitié moitié : une scène en français, une autre en allemand. 

Propos recueillis par Emilie Kauff (www.lepetitjournal.com/cologne) Mercredi 13 avril 2016 

Les représentations ont lieu ce mercredi 13, jeudi 14, vendredi 15, samedi 16 à 20h et dimanche à 16h au Studiobühne (Universitätsstraße 16a, 50937 Cologne). 

Pour les réservations ou pour plus d’informations.

logo carré 2024_2
Publié le 12 avril 2016, mis à jour le 12 avril 2016
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos