

Victimes du succès et de la splendeur de la cathédrale de Cologne, ces douze basiliques n'en méritent pas moins que l'on s'intéresse à elles. Elles ont assuré la renommée de la ville durant le Moyen-âge, période à partir de laquelle on surnomma Cologne "la Rome du Nord" à cause de son influence ecclésiastique au sein du Saint-Empire.
Ceci est le troisième des trois articles consacrés à ces morceaux d'histoire trop souvent oubliés.
Présentation des quatre basiliques situées au sud du centre-ville.
Sankt Pantaleon
Ancienne abbaye bénédictine fondée par Saint Brunon de Cologne (déjà mentionné précédemment), elle devient une basilique en 980, ce qui en fait la plus ancienne de la ville.
Au Xe siècle, l'impératrice Theophano, femme d'Otton II, décide de faire transférer les reliques de Saint Pantaleon à Cologne. Ce dernier, mort en 305, était le médecin de l'empereur Maximien.
L'impératrice s'investit alors grandement dans la décoration de la basilique, voulant lui donner un style byzantin, étant donné qu'elle était de naissance une princesse byzantine. La basilique se démarque par son massif occidental, construction architecturale dont elle est l'un des plus beaux exemples.
A voir : Le ch?ur, qui tranche radicalement avec la sobriété des autres églises de Cologne.
Les sarcophages de Theophano et de Saint Pantaleon.
Les portes en bois monumentales du XIVe siècle.
A savoir :
* Un des motifs du sarcophage de Theophano représente l'impératrice aux côtés de deux églises, Saint Pantaleon et la fameuse basilique Sainte Sophie de Constantinople, montrant si il fallait encore le prouver son attachement à la culture byzantine.
* Saint Pantalon ? Il est amusant de constater qu'il ne s'agit pas d'une ressemblance fortuite. En effet, le saint était fort apprécié à Venise et eut droit à son propre personnage dans la Comedia della Arte. Ce dernier était vêtu d'un bas caractéristique, qui devint avec le temps le "pantalon" que nous connaissons tous.
Construite au XIe siècle, la basilique Saint Georges est consacrée au héros de la légende éponyme, dans laquelle le saint terrasse un dragon. De manière plus prosaïque, il s'agissait avant tout d'un militaire romain du IIIe siècle qui fut l'une de très nombreuses victimes des persécutions de l'empereur Dioclétien contre les chrétiens.
A voir : De très nombreuses croix et crucifix : croix en forme d'Y (typique de l'art rhénan), crucifix de Saint Georg (l'original du XIe siècle se trouve au Museum Schnütgen), croix des pestiférés, etc.
Un cimetière un peu particulier se trouve dans une cour intérieure. Les 21 personnes qui y sont enterrées ont trouvé la mort le 2 mars 1945 en se réfugiant dans l'église lors des bombardements.
Bel hommage.
Cette église est particulière à deux égards : il s'agit de la plus petite des douze basiliques romaines mais également de la mieux "conservée", dans la mesure où ayant été très peu endommagée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, elle est la seule à ne pas avoir été presque entièrement reconstruite. Le nom Lyskirchen fait référence à une famille patricienne du Moyen-âge qui a grandement contribué à la vie locale et spirituelle durant près de 4 siècles.
A voir : Une copie de la Schiffermadona, sculpture en bois d'une vierge à l'avant datant de 1420. L'originale se trouve à Francfort.
Les fresques sur les plafonds des chapelles, restaurées dans les années 30.
A l'instar de la Cathédrale de Cologne, la construction de l'église Saint Severin s'est étalée sur plusieurs siècles, du 8e au 14e siècle. L'église finalisée en 1393 a par la suite connu d'autres modifications architecturales les deux siècles suivants avant d'adopter sa forme définitive. Elle est consacrée à Saint Severin, troisième archevêque de Cologne (en 397), un des saints patrons de la ville (aux côtés de Sainte Ursule).
A voir : Des pièces de décoration d'époques très diverses allant du 13e siècle à nos jours : stalles, diptyque, reliquaire, piéta, etc.
Sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Douze_basiliques_romanes_de_Cologne
http://www.koelntourismus.de/sehenswertes-kultur/romanische-kirchen.html
Présentation vidéo des basiliques (en allemand)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_type_d%27%C3%A9glise
Bernd Imgrund, 111 Kölner Orte die man gesehen haben muss, Band 1, pp. 107 et 118
Notes historiques :
Les dates de constructions indiquées dans ces articles ne concernent que l'année de la fin des travaux. Dans le même ordre d'idée, il n'est pas fait mention des églises originelles ? et elles sont nombreuses ? sur lesquelles se sont construites les basiliques actuelles.
La dynastie ottonienne et les basiliques romanes de Cologne
En guise de conclusion, il convient de revenir sur le rôle fondamental de cette famille dans le destin de ces basiliques. On doit à Saint Bruno de Cologne (frère d'Otton Ier, le fondateur du Saint Empire Germanique), archevêque de Cologne, la construction de Sankt Andreas et de Sankt Maria im Kapitol. On doit à la princesse byzantine Theophano, la femme d'Otton II (fils d'Otton Ier), la forme finale de Sankt Pantaleon et son aménagement intérieur. Leur nièce, l'abbesse Ida, connue sous le nom de Sainte Marie du Capitole, a entrepris des travaux de reconstruction (Salischer Neubau) sur l'église éponyme qui ont influencé fortement d'autres basiliques comme celle du Groß Sankt Martin.
C'est l'ensemble de ces travaux qui ont façonné cet ensemble superbe de basiliques, typiques de l'art roman rhénan (et ottonien), que la ville de Cologne souhaiterait voir inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO pour son caractère unique.
Loic Henry (www.lepetitjournal.com/cologne) Mercredi 20 mai 2015
A relire :
DÉCOUVERTE ? Les 12 basiliques romanes de Cologne (2ème partie)
DÉCOUVERTE ? Les 12 basiliques romanes de Cologne (1ère partie)




