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DECORATION INTERIEURE ET EXPATRIATION – Le témoignage de Sandrine

Écrit par Parler Darija
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 7 juillet 2013

 

Dernier témoignage concernant notre dossier décoration et expatriation. Sandrine a une longue expérience des déménagements dans des pays où il est parfois difficile de meubler son intérieur. Aussi, elle est devenue la « reine de la récup » qui, combiné à des objets artisanaux et des matériaux naturels, permettent un aménagement à moindre coût. Elle nous livre son expérience.

(ensemble crédits photos: LPJ)
Lepetitjournal.com : Sandrine, pouvez-vous vous présenter ?
Sandrine : Je suis française, parisienne d'origine mais j'ai vécu les 20 dernières années en Afrique, dans 8 pays différents.

Quelle importance accordez-vous à la décoration ?


La décoration a une très grosse importance pour moi, surtout en Afrique noire où l'on vit beaucoup chez soi. Car l'extérieur n'est pas toujours très abordable ni sécurisé donc il faut se sentir bien chez soi en tant que femme pour que tout le reste de la famille s'adapte au mieux au nouveau pays. Pour moi, ça passe par la décoration.

Quelles sont vos règles en matière de décoration ?
Ma règle principale est l'unité dans une pièce. Ca passe par la couleur, ou la matière ou le type d'objet. Il faut un fil conducteur.
Ma deuxième règle est qu'il ne faut surtout pas d'accumulation de petits objets. Je préfère mettre en avant une grosse pièce plutôt que de nombreux petits objets.

Où puisez-vous votre inspiration en matière de décoration ?
Je trouve mon inspiration partout : dans les journaux de déco, les blogs, sur internet. Mais je ne vais pas forcément recopier. Ca va plutôt me donner des idées, me faire rebondir.

Quel est votre plus bel achat coup de c?ur au Maroc ?

Il y en a plusieurs : mon bar crée à partir d'un mortier à riz en bois que j'ai monté sur une structure en métal. Il y a aussi mon tapis en lamelles de cuir et mon fauteuil "AA" en cuir.

Qu'est-ce qui vous plait dans la décoration marocaine ?
La décoration marocaine ne me plait pas telle qu'elle m'est présentée. Mais j'y trouve largement mon compte en faisant le détournement des objets, principalement avec les objets usuels des villages. Le côté "beldi" me plait beaucoup. J'aime bien prendre un objet qui a du vécu, une histoire à raconter. Si sa fonction initiale n'est plus intéressante, je le détourne pour en faire quelque chose de sympa. Mon attrait pour le détournement d'objet vient du fait que dans certains pays d'Afrique, on ne trouvait pas grand chose. On recyclait beaucoup le bois.

Quels sont les lieux où vous aimez flâner pour trouver vos objets déco ?
J'aime surtout les endroits vierges de toute invasion moderne et où les touristes ne vont pas forcément aller. Cela permet de trouver des objets qu'on ne trouverait pas ailleurs. Je n'aime pas beaucoup l'artisanat mais j'aime trouver des pièces uniques, authentiques.

Et côté jardin, la décoration y a-t-elle sa place ?

Pour moi, l'intérieur est tout aussi important que l'extérieur. Quand on entre chez quelqu'un, on entre d'abord dans son jardin. Quand j'arrive dans une nouvelle maison, je refais toujours le jardin. C'est d'ailleurs souvent par là que je commence.
L'avantage en Afrique, c'est que les plantes poussent très vite et on peut donner rapidement un cadre sympa à la maison. Je trouve dommage de se priver de végétation et d'aménagement du jardin sous peine que la maison ne nous appartient pas. D'autant qu'on peut intervenir à moindre frais en achetant des plantes locales. Au Nigeria par exemple, j'ai planté des cocotiers, des orchidées, des bambous. Ici au Maroc, j'ai utilisé des papyrus, des bambous, des cactus et des galets.

Quelles sont vos astuces pour coordonner expatriation et décoration ?
J'essaie au maximum de faire faire des meubles démontables. C'est le cas de mon bar dont les pieds s'enlèvent, de certains de mes fauteuils qui se plient ou dont le dossier se rabat. J'ai aussi trouvé une belle idée pour mes abats-jour, le pire de tous les éléments de décoration car ils arrivent quasiment toujours abimés ou tâchés, malgré tout le soin pris pour les protéger et les emballer. Dorénavant, je les fabrique sans polyphane. Ils sont donc pliables.

En matière de rideaux, c'est aussi très compliqué car ils sont rarement réutilisables et cela coûte très cher. Aussi, si l'on a un beau jardin ou au moins de la végétation devant les fenêtres, il n'est plus nécessaire de mettre des rideaux.
J'ai décidé de partager mes idées, mes astuces et mon expérience sur un blog "Casa Beldi" qui est en cours de réalisation. Mon idée est de dire qu'en matière de décoration, les expatriés ont beaucoup de chance car ils ont autour d'eux de nombreux objets déco que les boutiques s'arrachent partout dans le monde. Il faut ouvrir l'oeil et avoir un peu d'imagination !

Si vous étiez ?

Un objet : ce serait un objet qui aurait plusieurs vies. Il aurait été confectionné dans un village, vendu dans un souk, aurait voyagé par bateau pour aller dans un autre souk et là, Sandrine l'achèterait ! (rires) En fait, je n'aime pas me voir en un objet qui ne bouge pas. L'immobilisme n'est pas pour moi. Je suis expatriée !
Une couleur : Au Nigéria, j'allais souvent chez une galleriste très connue dans le monde artistique. Elle me disait que j'étais attirée par les "earth tons".
Une ambiance : épurée
Un lieu : si j'étais une ville, ce serait Tanger. Sinon, j'adore le sud du Maroc, derrière Marrakech, avec ses paysages, ses grandes étendues presque inhabitées, ses villages et ses déserts. C'est une sensation paisible, de repos. No stress !

 


Lorraine Pincemail (www.lepetitjournal.com/casablanca) lundi 8 juillet 2013

 

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parler darija
Publié le 7 juillet 2013, mis à jour le 7 juillet 2013
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