

L'institut Français de Casablanca a fait peau neuve après plusieurs mois de travaux et propose à nouveau un programme culturel très riche aux habitants de la ville. Lepetitjournal.com a rencontré son nouveau directeur, Alban Corbier-Labasse, pour nous parler de la nouvelle dynamique de l'IFC.
Lepetitjournal.com : Monsieur Corbier-Labasse, pouvez-vous vous présenter ? Et quel expatrié êtes-vous ?
Alban Corbier-Labasse : J'ai toujours travaillé dans le milieu culturel et j'ai habité différents pays. J'arrive de Dakar où j'étais directeur de l'Institut Français durant 4 ans. Auparavant, j'ai été directeur de théâtre et d'un festival à La Réunion. Et si l'on remonte encore plus loin, j'ai travaillé 4 ans à l'Alliance Française du Mexique et j'ai vécu également au Brésil lorsque j'avais 20 ans.
J'ai donc beaucoup voyagé mais j'ai eu besoin de retravailler de temps en temps en France, notamment à Toulouse et en région parisienne. Selon moi, l'expatriation lointaine et difficile et il est important de rentrer en France pour ne pas être déconnecté. Personnellement, je rentre chaque été en France pour rester à jour de l'actualité culturelle française. J'apprécie particulièrement aller à Avignon pour les festivals et le théâtre de rue.
(Ensemble des crédits photos: droits réservés)
Quelles sont les activités de l'IFC ?
L'Institut Français de Casablanca est le plus vieil institut du Maroc. Il a été construit en 1963 et fêtera son cinquantenaire cette année. Il emploie 50 permanents ainsi que 250 professeurs vacataires. Nous proposons des cours de français à 22.000 élèves dans 16 lieux différents, mettons à disposition dans la médiathèque des ouvrages d'une grande qualité et rendons à la population un service culturel qui se veut varié et complet (théâtre, cinéma, ateliers, conférences?). Si l'argent public pour la culture au Maroc n'est pas prioritaire, nous sommes cependant mieux lotis que d'autres et nous avons noué des partenariats avec la France et des sponsors ici. Je suis très heureux de travailler dans ce contexte interculturel.
Vous êtes arrivé à une période de renouveau pour l'IFC?
Oui. L'activité culturelle est relancée après trois années de travaux. Le théâtre était en jachère et aujourd'hui, il a ré-ouvert ses portes en étant désormais entièrement numérisé.
Concernant la médiathèque, nous avons la chance d'avoir l'une des plus belles médiathèques du réseau culturel mondial. Nous disposons de 38.000 documents, soit environ 33.000 livres, 2.500 CD et 2.000 DVD. La médiathèque adulte s'est ouverte en juin 2012 et la médiathèque enfants en mai 2013.
Nous venons de sortir notre agenda culturel et souhaitons proposer chaque semaine un spectacle, 2 à 3 films au cinéma, un atelier et une conférence. Si les arts plastiques seront proposés hors de nos murs, les expositions documentaires se feront dans nos locaux.
Nous souhaitons vraiment que les gens reviennent à l'IFC car il y a la place pour une offre culturelle exigeante à Casablanca. Nous voulons étoffer cette offre artistique en étant différent des autres lieux culturels, sans concurrencer les acteurs privés commerciaux mais plutôt en étant complémentaire.
Pour nous, la notion de famille est très importante. Nous voulons relancer le principe de la sortie en famille car c'est une expérience collective qui donne goût à la sortie culturelle.
Par ailleurs, nous voulons nous intéresser au jeune public jeune mais aussi aux jeunes talents plutôt qu'aux artistes consacrés.
Une programmation, c'est le croisement entre le désir et la réalité. Nous avons des contraintes financières mais essayons de faire venir des coups de c?ur, tout en tenant compte du contexte local en montrant des artistes locaux, professionnels et de qualité.
Quels sont les tarifs des différents services?
La médiathèque est accessible pour 400Dhs l'année pour les enfants et adolescents, 650Dhs pour les adultes et un Pass famille existe à 1200Dhs l'année.
Nous ne voulons pas mettre en place de gratuité ni proposer un tarif rédhibitoire pour les spectacles et le cinéma.
Les adhérents à la médiathèque ainsi que les élèves suivant les cours de français paient la séance de cinéma 10Dhs et les spectacles 50Dhs. Les autres bénéficient tout de même d'un « tarif tout public » très avantageux avec la place de cinéma à 15Dhs et le spectacle à 70Dhs.
Lorraine Pincemail (www.lepetitjournal.com/casablanca) mercredi 16 octobre 2013
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