Édition internationale

CINEMA RIF DE CASABLANCA - Quand l'opéra s'installe au cinéma

Écrit par Parler Darija
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 3 février 2014

Dimanche 2 février, au cinéma RIF a été projeté en direct de l'opéra Bolchoï de Moscou le ballet Les illusions perdues, inspiré du roman de Balzac. On doit la chorégraphie à Alexei Ratmansky et la musique à Leonid Desyatnikov. 
Rencontre avec le directeur du cinéma, Hassan Belkady, qui nous explique la singularité de cette initiative. (Crédit photo: Louise Favel - Le cinéma Rif de Casablanca)

Lepetitjournal.com : Tout d'abord, depuis quand êtes vous à la tête de ce cinéma ? Quelle est son histoire ? 

Hassan Belkady: Ce cinéma a été construit en 1957 par un architecte italien, Basciano qui est mort en 2012 à

Casablanca, et qui est aussi à l'origine du cinéma Lux de Casablanca. Ce cinéma compte 950 places. Je suis à la direction de cette salle depuis 2009. A peine 6 mois plus tard, nous avons subi de lourdes inondations à Casablanca et mon cinéma n'a pas été épargné. Il a fallu quatre ans pour tout réhabiliter, nous y sommes allés petit à petit et au final, le cinéma n'a fermé que 15 jours au total. Avant d'être directeur de salles de cinéma, je suis chirurgien dentiste et le cinéma est avant tout une passion pour moi. Aujourd'hui je suis à la tête du Rif, du Ritz et de l'Abc à Casablanca. 

Qu'est ce que la 4K ? 

Il s'agit d'une très haute définition. En France, on trouve souvent de la 2K mais moi, j'ai décidé d'installer la 4K de façon à être avant-gardiste. Cette salle est la première d'Afrique à en être équipée. Il faut être à la pointe de la technologie pour ne pas se laisser dépasser, c'est important. Depuis mars 2013, nous avons ajouté à cela un système digital de son très puissant et tout cela cumulé permet au spectateur une qualité auditive et visuelle exceptionnelles. (crédit photo: L.F - Monsieur Hassan Belkadi)


Pourquoi avoir choisi de programmer du ballet  en direct de Moscou?

En 1980, il y avait 280 salles au Maroc mais aujourd'hui, il n'y en plus que 40. Nous sommes passés de 50 millions de spectateurs à 4 millions seulement. Construire des immeubles est plus rentable pour les promoteurs. Pour ma part, je continue à investir dans ma passion, même si je ne suis pas suivi par les sponsors. D'ailleurs, pour l'instant il n'y en a pas. Le milieu est rude, il faut d'abord réussir pour obtenir des aides. Je continue à croire que ça arrivera, c'est un concept et le ballet est un bon moyen de se rendre compte de la technologie mise à la disposition du public. Nul besoin de prendre un avion pour voir un ballet à Moscou en direct. Il y a juste 18 secondes de décalage entre eux et nous, c'est impressionnant! Dans des conditions telles que celles-ci il s'agit d'un exercice de très haute voltige même si le risque existe toujours et que l'on n'est pas à l'abri d'une coupure de courant. Jusqu'à présent, cela ne m'est pas encore arrivé. Je touche du bois! 

Quels sont vos projets pour l'avenir?

L'idée serait d'obtenir des droits pour diffuser des concerts, comme celui des Rolling Stones, que nous avons manqué faute de droits au Maroc. Il y a un public pour cela au Maroc, une réelle demande. 
(crédit photo: L.F. - Les anciennes machines à l'entrée du cinéma Rif)
Infos pratiques 
Cinéma RIF, 10 avenue de l'Armée Royale 20000 Casablanca
Prochaines représentations : l'Opéra Rusalka le 8 février à 17H30 (durée 4H) et Marco Spada le 30 mars à 15H30
Entrée à partir de 150Dhs.
Toutes les dates des prochains ballets retransmis en direct du Bolchoi et la programmation sur le site du cinéma Rif 


Louise Favel (www.lepetitjournal.com/casablanca) Mardi 04 février 2014

parler darija
Publié le 3 février 2014, mis à jour le 3 février 2014
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