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RENCONTRE - Yves de Ricaud, "le jeu en vaut la chandelle"

Par Lepetitjournal Buenos Aires | Publié le 07/06/2012 à 00:10 | Mis à jour le 20/11/2012 à 10:25

Après quatre ans en Argentine, Yves de Ricaud, Chef du Service Économique Régional "Cône sud", partira fin juillet et prendra un nouveau poste en septembre. Son départ donne l'occasion au Petit Journal de faire le point sur les différentes structures qu'il a contribué à créer

Lepetitjournal.com/Buenos Aires - L'association de femmes d'entrepreneuses Marianne, la Café du commerce, Lucullus, La Cave à Vins sont des associations que vous avez contribué à faire émerger. Quels sont, selon vous, les avantages de se regrouper et de travailler en réseau ?
Tout d'abord, la mission économique est présente dans un pays pour établir avec ses acteurs économiques le maximum de contacts. Plus nous pouvons nous appuyer sur des réseaux diversifiés, mieux il nous est donné de connaître le pays, d'en parler et de se faire connaître. De plus, l'idée de solidarité collective sous le drapeau français transcende l'idée de concurrence entre membres d'une même activité. On créé des liens personnels, on s'échange de l'information sur comment trouver un financement, un partenaire, du personnel. Les échanges sont très forts.
La création de ces différentes structures ne naît pas d'une stratégie particulière. Déjà en Afrique du Sud, l'association de femmes entrepreneuses avaient généré beaucoup d'enthousiasme.

En Argentine, le café du commerce a trouvé son public dès la première édition. Comment expliquez-vous ce succès ?
J'avais organisé ce type de rencontres dans d'autres pays et cela avait plus ou moins bien marché. L'édition argentine marche très bien car elle réunit, à chaque fois, 150 à 200 personnes. Cet enthousiasme est surprenant car il semblait exister en Argentine de nombreuses opportunités de sociabilisation et une grande force des réseaux sociaux virtuels. En réalité, il existe une demande de contacts qui n'est pas forcément satisfaite.
La coloration thématique du café du commerce comme le très grand renouvellement de son public -avec de nombreux jeunes arrivés- est l'une des clés du succès. Car le mélange entre les générations marchent bien et les homme d'affaires sont au rendez-vous.

Vous avez réussi à mobiliser la communauté des affaires autour de cet évènement. Peut-on espérer, qu'une fois parti, ces rendez-vous se poursuivent ?
Bien sûr, le café du commerce continuera. La chambre de commerce prend une part déterminante dans son organisation et l'évènement atteint son propre équilibre financier. Chaque réunion propose une thématique différente, chose qui fédère à la fois les jeunes et la communauté des affaires.

Lucullus est une autre association d'énergies que vous avez contribué à mettre en place, quel est le bilan de cette association de chefs français ?
En réalité, une idée prend parfois des proportions inattendues car des personnes deviennent des relais qui font prospérer cette idée. A l'origine, Lucullus devait être une association de chefs qui s'est transformé ?grâce notamment au travail d'Aude Vergos- en une association qui projette vers l'extérieur la gastronomie française. Elle fédère également des importateurs, des boulangers, des restaurateurs... Ce n'est pas seulement une association de toques ! Et elle est ouverte aux Argentins. Son évènement vitrine "La cuisine des chefs" refuse du monde.

Dans la lignée de Lucullus est né La Cave à vins...
C'est en interrogeant les bodegeros de Mendoza que je me suis persuadé que le regroupement de vignerons français ou d'origine française avait un sens et apportait une valeur-ajoutée. Cette french-touch était bien perçue par les argentins. Là aussi l'initiative est passée à un relais privé, Thibault Quirion. L'évènement dégustation organisé chaque année à l'ambassade de France a un succès énorme.

Y'a-t-il des choses que vous n'avez pas réussi à mettre en place ?
Oui par manque de temps, un projet est resté dans mes cartons. Il s'agissait de mettre sur pieds une initiative franco-argentine pour l'investissement, c'est à dire de réunir des bonnes fées autour de projets qui recherchent des investisseurs. Pour cela, il fallait réunir des investisseurs français et argentins, une banque publique, un ou deux avocats, une structure officielle argentine. Le tout parrainé par l'ambassade de France. Chaque projet aurait eu son parrain.

Sur un autre sujet, les Français sont plutôt préoccupés par les nouvelles mesures limitant le change du peso. Quel est votre commentaire sur le sujet ?
Ces mesures rejoignent celles sur les limitations de l'importation. Moi qui appartiens au ministère de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur, il m'est difficile de donner tort aux autorités argentins dans la mesure où ces mesures répondent à leur préoccupation de payer leurs dettes. Je ne peux pas penser que cette recherche d'équilibre ne soit pas fondé. Sur les méthodes, il existe en Argentine d'excellents avocats, fiscalistes ou financiers qui peuvent, dans la complexité actuelle, trouver des solutions aux problèmes du quotidien. On souhaite évidemment que les conditions dans lesquelles exerce une entreprise française soient les plus simples et les plus transparentes possibles. Nous sommes en permanence à l'écoute des entreprises françaises pour les aider.

Le contexte n'est-il pas décourageant pour l'investisseur français ?
Il est vrai que le siège social d'une filiale argentine doit comprendre les problématiques spécifiques à l'Argentine afin d'aider sa filiale. C'est plus facile pour les grandes entreprises que pour les PME. Mais l'Argentine a aussi ses avantages : son marché de 40 millions de personnes avec son bon niveau de vie ?on y vend 800.000 voitures par an-, sa capacité de formation, sa tradition industrielle. Le jeu en vaut la chandelle.

Caroline BEHAGUE (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 7 juin 2012

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