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VILLAS – La face cachée de Buenos Aires

Par Lepetitjournal Buenos Aires | Publié le 15/09/2015 à 22:00 | Mis à jour le 16/09/2015 à 15:16

Danseurs de tango, boliches, célèbres plazas, immeubles luxueux... La capitale argentine est connue pour son charme et ses nombreux attraits touristiques. Mais si on s'éloigne un peu du c?ur de la ville, c'est un tout autre Buenos Aires qui s'offre à nous.

On les appelle « villas », ou encore villas miserias ou villas emergencias (« quartier d'urgence », car cela sous-entend normalement un logement temporaire). Ce sont l'équivalent des « bidonvilles », des « slums » et des « favelas » brésiliennes.
?
Elles font partie du paysage urbain de Buenos Aires : la mégalopole compte aujourd'hui 14 villas et 24 asentamientos (« colonies ») selon la Direccion General de Estadistica y Censos local.
Mais elles sont oubliées et mises à l'écart par le Gouvernement, même si on estime qu'elles abritent plus de 8 % des habitants de Buenos Aires.

 


Origine des villas


Les villas sont la conséquence de deux grands phénomènes historiques : la vague d'immigration intérieure et extérieure qui a envahie la capitale au cours du XXème siècle, et la situation des travailleurs précaires.

Les migrations ont commencé à la fin du XIXème siècle avec des migrants venant d'Outre-Mer, notamment d'Europe. De 1880 à 1910, 4 millions d'Européens arrivent en Argentine. Et de 1936 à 1947, plus d'un million d'Argentins venant de provinces, choisissent la capitale pour s'établir. Buenos Aires a connu à partir de cette période une croissance démographique qui n'a jamais cessé de croître.

?Dans les années 20, l'Argentine connaît la plus importante classe moyenne de l'Amérique du Sud. Beaucoup de travailleurs des chemins de fers, du port, et des ouvriers se sont donc établis dans des logements précaires autour des gares et du port.? L'infrastructure de Buenos Aires n'était pas préparée pour recevoir autant de monde, les populations ont donc commencé à s'installer dans des terrains publics, et à y construire des logements. C'est le début des villas et d'une nouvelle catégorie sociale : le villero.

Au départ, elles devaient être des installations temporaires, mais l'État n'ayant pas trouvé, à cette époque, le moyen de gérer les flux migratoires et la croissance démographique, elles se sont grandement développées, et les villas sont, aujourd'hui, devenues pérennes.

Dans les années 70, sous la dictature militaire, est mise en place une éradication des villas, et des déportations des habitants.
En 1978, lors du Mondial de foot, un « nettoyage » de la ville est effectué.
Mais, sur le long terme, les tentatives des autorités municipales et nationales pour trouver une solution ont été vaines. De plus, la crise de 2001 a accéléré brusquement ces développements.

Les villas en quelques chiffres?

- Buenos Aires compte 14 villas, mais il est impossible de dire avec exactitude combien d'habitants elles recensent. On estimerait ce chiffre entre 250.000 et 275.000 personnes (pour 3 millions d'habitants dans la capitale).

- Les trois plus grandes villas sont : la villa 21-24 (45.000 habitants), la villa 1-11-14, et la villa 31.
En juin 2013, un gang de la villa 21-24, centre du trafic de drogue, a été démantelé, révélant les circuits de la drogue avec la Bolivie et le Paraguay.

- Selon le journal La Nacion, la population des villas a augmenté de 156% (elle est passée de 107.422 en 2001 à 275.000 en 2013). C'est surtout dans les villas 31 et 31 bis et dans la 21-24 que la population a le plus augmenté. La villa 31 elle, est devenue un véritable marché immobilier parallèle, de par sa situation géographique (près de la gare routière internationale et de la gare de Retiro). Cette augmentation constante s'explique aussi car durant toute la dernière décennie, aucune villa n'a été éradiqué dans la capitale.


Les villas « historiques »

Plusieurs villas sont particulièrement connues, de par leur histoire, leur ancienneté, ou encore leur situation géographique :

- la Villa 31 : la plus visible?
Elle est très connue car c'est la plus visible de toutes et la plus rapprochée du centre de la capitale. Elle est située au pied des gares de Retiro, près du quartier huppé de Recoleta. Des milliers d'automobilistes passent devant chaque jour pour aller au centre de la ville. Au début elle portait le nom de "Villa Esperanza".
En 1995, moins de 8.000 personnes occupaient cette villa. Aujourd'hui, on en compterait environ 40.000, la moitié étant de nationalité étrangère.
La villa 31

- Villa 15 : la plus connue
Elle est apparue en 1937 sous le nom de "Ciudad occulta", dans le quartier de Villa Lugano. Elle a été construite par des cheminots, des ouvriers et des employés du Mercado de Hacienda de Matadero (marché aux bestiaux).

Soraya Ben Aziza (www.lepetitjournal.com/buenos-aires) mercredi 16 septembre 2015

 

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