Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la circonscription de Budapest. Timéa Caudot se présente pour la Liste ASFE - Défendre et accompagner les Français de Hongrie.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
J’ai 55 ans. Je suis née en France, d’un père français et d’une mère hongroise. Ma langue maternelle est le français ; j’ai appris le hongrois à l’âge adulte. J’ai grandi dans plusieurs régions de France, au gré de déménagements fréquents. Avant de m’installer en Hongrie en 1995, j’avais également vécu deux années en Autriche.
Ma famille est originaire de la Drôme et de l’Ardèche, mais éparpillée dans tout le Sud de la France et en région parisienne. Je suis mariée et mère de trois jeunes adultes. Mon mari est hongrois et a lui aussi grandi dans plusieurs pays. Nous avons donc souhaité offrir à nos enfants un environnement stable, qu’ils ont trouvé au Lycée Français de Budapest. C’est dans ce cadre que j’ai pu me familiariser avec le fonctionnement des institutions françaises en Hongrie, notamment lorsque j’ai été trésorière de l’Association des Parents d’Élèves du Lycée entre 2012 et 2014.
Ayant une formation à la base en administration publique en France, mon parcours professionnel en Hongrie s’est naturellement orienté vers les questions administratives et sociales. Après plus de quinze années d’immersion dans le contexte hongrois, j’ai « replongé » dans un environnement français en acceptant, il y a presque dix ans, un poste de responsable des avantages sociaux pour une grande entreprise française, tout en travaillant depuis la Hongrie. Vers 2015, j’ai découvert les activités de l’Alliance Solidaire des Français de l’Étranger (ASFE). Je me suis immédiatement reconnue dans leur approche, et surtout j’en ai perçu la nécessité. Je représente l’ASFE en Hongrie depuis 2019.
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
Les conseillers des Français de l’étranger sont avant tout des élus de proximité. On peut tout à fait les comparer à des conseillers municipaux. À Budapest, nous comptons environ 2 200 inscrits sur la liste consulaire, soit l’équivalent d’un village. Dans des communes de cette taille en France, les conseillers municipaux — et même souvent les maires — ne sont pas nécessairement affiliés à un mouvement politique national. Cette réalité me semble importante à prendre en compte.
C’est pourquoi l’approche de l’Alliance Solidaire des Français de l’Étranger a tout son sens dans notre Conseil consulaire. Dans notre contexte, je ne vois pas l’intérêt d’importer toute la complexité — et parfois les clivages — de la scène politique nationale française dans une instance avant tout locale et technique. Notre rôle est d’être à l’écoute des Français de notre circonscription, de répondre à leurs besoins concrets et d’agir de manière pragmatique, au plus près du terrain, sans activisme.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Notre liste est constituée de personnalités venant d’horizons les plus divers mais très complémentaires et une prédominance de parcours très internationaux. Nous ne nous limitons pas à constituer une liste de candidats mais nous visons un réseau plus large de personnes prêtes à mettre leur compétence à la disposition de l’intérêt général.
Notre liste est transpartisane mais nous avons un socle de valeurs partagées, comme l’importance du respect de l’état de droit, l’ancrage européen de la France et de la Hongrie, et un grand respect pour la Hongrie en tant que pays d’accueil ou le pays de notre deuxième nationalité. Je vous invite à découvrir notre équipe.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Notre liste est composée de personnalités issues d’horizons très divers, mais aux profils complémentaires, avec une forte dimension internationale dans les parcours. Nous ne cherchons pas seulement à constituer une liste de candidats : visons un réseau plus large de personnes personnes prêtes à mettre leurs compétences au service de l’intérêt général.
Notre démarche est transpartisane. Elle repose toutefois sur un socle de valeurs partagées, telles que le respect de l’État de droit, l’attachement à l’ancrage européen de la France comme de la Hongrie, ainsi qu’un profond respect pour la Hongrie, - en tant que pays d’accueil ou pays dont nous sommes également les ressortissants.
Je vous invite à découvrir plus en détail les parcours et les motivations de mes colistiers.
Pourquoi est-il important pour les Français de l'étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Il faut arrêter de penser qu’il y a forcément «quelqu’un » en haut, très haut, qui réfléchit et prend des décisions de bon sens. Nous ne sommes jamais à l’abri d’une idiocratie administrative. Avec l’automatisation des administrations, il peut devenir très difficile d’expliquer une situation, un cas particulier si on ne rentre pas exactement dans la case. Juste un exemple : la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) a toujours été organisée en présentiel à Budapest pour les jeunes Français concernés par cette obligation, puis en ligne pendant la période du COVID. Ensuite à partir de 2022, nos jeunes ont été convoqués pour faire leur JDC à la caserne de … Perpignan.
Pendant plusieurs mois, j’ai tenté, en tant que simple administrée, de contacter les différents services concernés, en pensant qu’il suffisait d’exposer des arguments logiques et évidents pour faire évoluer une situation. En vain. À un moment donné, il a fallu passer par l’échelon politique du Conseil consulaire pour débloquer la situation. D’où l’importance de participer à ces élections.
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Le plus grand défi est celui de l’éclatement de cette communauté.
Ces derniers mois j’ai entendu de manière récurrente des variations sur le thème : « oui, mais moi je ne suis pas un Français de l’étranger typique, je n’ai presque pas/ ou plus de contact avec aucun autre Français ». Ce sentiment de marginalisation peut devenir encore plus fort pour les binationaux, alors qu’il n’a pas lieu d’être. Il n’y a pas besoin de se sentir « Français de l’étranger typique » pour se retrouver autour de priorités communes et, au passage, sortir de sa zone de confort idéologique plutôt que de rester dans sa bulle. Ces points de convergence se reflètent dans notre programme .












