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Qui sont ces artistes de rue de Bogotá ?

Par Angélique Saverino | Publié le 13/11/2017 à 17:51 | Mis à jour le 24/11/2017 à 10:15
Photo : Angélique Saverino
Artistes de rue de Bogotá

Ils s’appellent Salvador, Steven, Paola, Christian et sont respectivement marionnettistes, imitateur de Mickael Jackson, dessinatrice à la craie et musicien. Ils sont toujours au RDV, du vendredi au dimanche en centre-ville, ou à Usaquen le dimanche. Leur singularité et leur énergie contribuent grandement à l’ambiance de fête qui se déploie sereinement dans ces quartiers de la capitale.

A Bogotá, le weekend contraste fortement avec les jours de la semaine. La circulation est aménagée le dimanche et les jours fériés pour que les voitures cèdent, en partie, leur place aux vélos. Rien de tel pour profiter du repos dominical que de s’y balader à vélo bien sûr mais aussi à pied ou en roller. Oublié le travail, les Bogotános sont en tenues sportives et décontractées. Le long de la septima, une des rues les plus animées, ils s’arrêtent au marché Santa Barbara à Usaquen et poursuivent leur itinéraire jusqu’au centre-ville.  C’est l’occasion d’aller à la découverte de ces deux lieux de prédilection et d’y rencontrer artistes de toutes disciplines venus exposer leurs talents.

Peuvent-ils vivre de leur art dans la rue ?

Mais à l’heure où vous lisez cet article, Salvador, originaire du Venezuela, s’est envolé vers l’Argentine pour y retrouver sa petite amie. D’emblée, il précise qu’il est Vénézuélien comme si cela ne lui permettait pas de répondre à l’interview. Il évoque son arrivée à Bogotá avec beaucoup d’émotion, celle des personnes ayant quitté leur terre natale pour de meilleures opportunités ailleurs, pour vivre et soutenir financièrement la famille restée au pays. C’est d’ailleurs grâce à l’argent gagné lors de ses prestations de marionnettiste qu’il a pu payer son billet d’avion au départ de Bogotá. Et c’est sur les chansons des Beatles qu’il fait danser ses deux marionnettes, de manière dynamique et avec beaucoup d’agilité, un univers dans lequel il baigne depuis son enfance, sa mère étant elle-même marionnettiste.

Steven de Cali est quant à lui un passionné non pas des Beatles mais de Mickael Jackson., depuis 21 ans maintenant, et il n’a que 29 ans. Quand il ne danse pas le moonwalk, c’est la salsa qui l’habite et le fait vivre. Un peu plus loin, danseurs de salsa et danseurs de hip hop se disputent joyeusement le pavé.

Toujours dans le domaine de la musique, c’est près de la place centrale de Usaquen que j’ai rencontré Christian originaire de Boyaca, accompagné d’un magnifique instrument en forme de « goutte d’eau », la bandola andina. Introduit en Colombie lors de la colonisation espagnole sous la forme de la vihuela, c’est aujourd’hui un instrument typique de la région andine colombienne, ayant subi des transformations propres à la culture et aux savoir-faire locaux, le distinguant des autres instruments appartenant à la famille des guitares telle que la mandoline. Professeur de musique également durant la semaine, c’est pour notre plus grand intérêt qu’il nous offre également une leçon de musique.

Paola s’est, comme de nombreux artistes rencontrés, formée de manière autodidacte. Entourée de sa famille, elle dessine à la craie les visages de ses personnalités favorites, qu’il s’agisse de Morgan Freeman ou de Bob Marley. A voir la foule qui s’arrête pour les admirer, le succès est au rendez-vous. Une fois de retour chez elle, elle s’occupe également des commandes passées par divers clients.

Ils sont tous unanimes : leur activité leur permet non seulement de vivre mais aussi de faire connaissance et de se lier d’amitié à d’autres artistes, bien que parfois la rue soit le théâtre du pire. Il ne vous reste plus qu’à les retrouver et découvrir d’autres artistes pour lesquels vous aurez une affinité particulière. N’hésitez pas à aller à leur rencontre pour faire connaissance !

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