Vendredi 3 juillet 2020

BILLET D'HUMEUR - " le Savoir est de l'autre côté de la Peur"

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 28/04/2020 à 21:30 | Mis à jour le 28/04/2020 à 21:30
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Un virus est très rudimentaire, il est fait d’un brin d’acide nucléique ADN ou ARN, abrité par une enveloppe. Cette épuration structurelle va de pair avec la nécessaire dépendance envers les cellules qu’il infecte. Il injecte son propre matériel génétique à la cellule, le leurre et l’oblige ainsi à fabriquer des protéines qui le constituent.

La symbolique de ce virus, ne vous rappellerait-elle pas quelque similitude avec des rapports humains, parfois biaisés et des options économiques subies, plus que désirés.  Décidemment ce virus, nous enseigne beaucoup de chose :

• La vulnérabilité d’un système d’économie de marchés exacerbé par la cupidité, le cynisme et le règne de l’individualisme, bâtit depuis des décennies avec les gouvernements successifs et qui est mis en rupture en moins de 2 mois !

• La planète n’est pas un village (celui du mondialisme), mais un vaisseau dans lequel nous sommes tous embarqués (la planète Terre). La tempête est pour tout le monde et nous la subissons tous en même temps, pas d’échappatoire.

• Que l’argent, les états peuvent en trouver quand cela est un cas de force majeure. Pour la France, c’est près de 100 Milliards € qui vont être injectés supplémentaire, sur une garantis déjà de 300 Milliards, qui nous vaudra 8 à 9 % de récession, du jamais vu depuis 1945.

• Le travail n’est plus une priorité pour nos concitoyens. La qualité de vie et la santé deviennent essentielles. On ne cherchera plus à tout prix, comment réussir dans la vie, mais comment réussir sa vie !

• Les clivages sociaux et les fractures sont rendus plus béantes encore et surtout plus visible ; entre la France des villes et celles des provinces, celle des cols blancs (qui peuvent télé-travailler) et celle des cols bleus (les petites mains qui sont au front de la Pandémie) ; la France d’en haut et celle d’en bas…

Nous sommes dans un bousculement des modèles nationaux avec la comparaison du traitement de la Pandémie. Les rapports deviennent inversés, le Mexique ferme ses frontières avec les USA, alors qu’un mûr était en coure de construction pour freiner l’immigration mexicaine, La Chine aide les USA par l’envoie de matériels, alors que la guerre économique, même pas larvée existait jusqu’alors.

Les dettes publiques vont exploser et ne pas respecter les fameux 3% de déficit toléré par la CEE, les USA vont faire marcher la planche à billet avec 2000 Milliards de dollars pour soutenir leur économie, le G20 estime à 5000 Milliards le budget qui sera nécessaire pour soutenir les pays membres.

En définitive, il ne faut pas confondre le prix et la valeur des choses…car il s’agit de l’humain. Quand la nécessité est impérieuse, l’argent n’est plus le problème.

Ce confinement, peut être considéré comme un suicide de l’économie de marché, les conséquences seront énormes sur nos vies. Comme à chaque fois, j’ai bien peur que cela soit les plus vulnérables qui en fassent les frais en premier. Nous devrons être vigilant pour que cette crise ne devienne pas un tremplin pour les nationalismes mais un laboratoire pour les humanistes !

Sans en avoir conscience, ou est-ce le fruit de l’inconscience de nos dirigeants ? Ils participent au sabordage de leur propre système. En cela, ils traduisent « l’instinct reptilien » de tout détruire, y compris soi-même. Et vous si vous deviez partir dans la hâte, qu’emporteriez-vous ?  Parfois, je me suis posé cette question anxiogène, mais avec sang-froid…

Je prendrais de quoi nourrir ma famille, du moins des choses transportables et peu périssables, des outils très fonctionnels, des vêtements pratiques et permettant de supporter différentes variations climatiques, des armes ou du moins ce qui pourraient s’en rapprocher (pour défendre les miens et éventuellement chassé), de l’argent sous différentes formes et mon véhicule pour partir loin de la zone impactée par la nécessité de PARTIR !

« L’Utopie est de vouloir parfois penser collectif… »

Parfois, un aspect pessimiste sur l’humain, surtout quand je regarde les chaînes d’infos (Oui, cela m’arrive !!!), traverse ma réflexion, car c’est dur d’aimer son prochain, surtout quand on le connait bien !

Dans ces moments, je me créer une ile intérieure et cesse de croire que cette prise de conscience pourrait être collective et rapide.

Je ne voudrais pas que vous pensiez que mes propos soient si sombres, quand une porte se ferme, il y en a une autre qui s’ouvre. Ne perdons pas de temps à regarder la porte fermée, occupons-nous de celle qui vient de s’ouvrir !

Le monde existe à travers nos sens avant d’exister de façon ordonnée dans notre pensée et il nous faut tout faire pour conserver au fil de l’existence, cette faculté créatrice de sens : voir, écouter, observer, entendre, toucher, caresser, sentir, humer, goûter, avoir du goût pour tout, pour les autres, pour la vie. Si vous rejetez tous les sens, vous n’aurez aucun moyen de discerner la vérité du mensonge.

Notre société est en proie à des difficultés qui jusqu’alors l’avaient épargné :

- Attentats, du Bataclan, du Stade de France, de Charly Hebdo, de l’Hyper Casher, de Mohamed Merah, etc…

- Phénomènes climatiques, tempêtes, inondations, orages puissants, tornades, vents violents, pluie de grêle…

- Attaques virales, Ebola, H1N1, Grippe Aviaire, Chikungunya, Zirka, Nipah, Mers, Sras, Covid-19

Nous avons changé de statut de « Spectateurs » devant nos télévisions à « Acteurs » dans la vraie vie, c’est-à-dire, la NOTRE !

Dans un court laps de temps, nous sommes passés d’un tueur isolé (En Chine), à un tueur en série (morts quotidiennes en France et dans le Monde) !

Les enjeux de notre société sont d’amortir ces différents chocs et de faire face avec efficacité à ces agresseurs d’un profil très différents en structurant : le renseignement, le traitement de l’information, la décision, la mise en action de la riposte et la neutralisation de l’ennemi.

« C’est la guerre entre l’individualisme et la solidarité. »

Bien évidemment l’aspect préventif reste le plus important. Mais vous connaissez le vieil adage : « Qui veut la paix, prépare la Guerre ! » (Si vis pacem, para belum).

Il faudra développer le matériel, entrainer les femmes et les hommes, construire des stratégies, sans oublier de faire des simulations pour avoir un retour d’expérience. Dans ces domaines la collaboration entre états semble impératif.

Cette épreuve peut se trouver une expérience enrichissante. Car en réalité on ne repousse pas ses limites, mais on les découvre !

A l’issue de cette pandémie mondiale, il y aura des enseignements à en tirer qui devront se traduire par des décisions individuelles et collectives sur le plan politique national, européen, international, mondial et même à l’échelle planétaire.

Il faut éviter le repli sur soi, en favorisant la collaboration et les échanges entre les nations et ceux qui peuvent montrer l’exemple, c’est NOUS ! 

- Cultiver l’élégance relationnelle entre les Individus

- Améliorer la coopération entre les Nations

- Développer l’entre-aide et la circulation de l’information entre les Continents

- Apaiser notre contrôle sur la Nature et les autres Etres humains

- Réduire les émissions de CO2 pour notre Planète.

« Quand Clint Eastwood rencontre Jet Li »

La lutte entre la Chine et les USA est le symbole du combat millénaire entre une puissance déclinante (les Etats-Unis) et la puissance émergente (La Chine).

N’oublions pas que la mondialisation est une invention des USA, relayer par certains pays européens dont la France. Ceux qui annoncent la fin de la mondialisation se trompent. L’économie s’envisage à l’échelle mondiale et il faudra réussir l’adéquation de la relocalisation nécessaire et la collaboration internationale basée sur l’entraide et non la concurrence sauvage. Encore une fois ce chantier sera pharaonique.

Le programme général d’investissement de la Chine avec le déclenchement « des nouvelles routes commerciales et culturelles de la soie », par le président Xi Jinping, est perçu par certains pays comme un projet au service de l’hégémonie chinoise.

Né en septembre 2013, moins d’un an après l’arrivée au pouvoir du président Xi Jinping à la tête du parti communiste chinois, celui-ci annonce le renforcement des liens unissant la Chine au reste du monde.

L’objectif annoncé est soutenir la bonne entente entre les peuples et le développement économique face aux « trois forces maléfiques » que sont : le terrorisme, l’extrémisme et le séparatisme.

Durant les cinq années qui ont suivi le discours à l’université de Nazarbayev (Kazakhstan), la route de la soie n’a cessé de prendre de l’ampleur.

Les investissements massifs de Beijing dans de nombreux pays comme l’Egypte, l’Inde, la Turquie, la Grèce, l’Indonésie, Oman, les Philippines , la Géorgie, le Nigéria, le Tadjikistan ou encore le Bangladesh, sont fait pour soutenir le commerce, la consommation et la croissance mondiale.

C’est aussi un moyen pour la Chine d’ouvrir une autoroute terrestre (comportant 6 routes principales), maritime (avec un réseau portuaire grandissant) et aérienne (avec de nombreuses lignes directes qui joignent des capitales européennes), pour l’écoulement de ses produits manufacturés et de bénéficier de l’approvisionnement en matière première dont la Chine est très friande.

En Italie des protocoles d’accords ont été signés pour les exportations de la botte, en contre partie la Chine investit dans les ports de Gênes et de Trieste, consolidant ainsi l’accès à l’Europe Occidentale après l’acquisition du Pirée (Grèce) et d’autres ports méditerranéens.

La France a manifesté sa crainte de « dépendance » par rapport à la Chine particulièrement sur certains produits qui nous font tant défaut aujourd’hui. L’unité européenne est mise en échec sur ce dossier avec les accords conclus par des pays comme le Portugal, l’Italie, la Grèce, la Hongrie. 

Les relations asymétriques qu’entretiennent la Chine avec les états membres de l’Union permettent une logique d’influence par rapport à une négociation globale avec la CEE constituée de 28 pays !

Les Etats-Unis, quant à eux, ont déclenché les hostilités de guerres économiques avec la Chine très tôt. Les deux pays se faisant une concurrence très forte.

La crise du COVID, n’a fait qu’entretenir cette méfiance et les déclarations du président Trump, n’ont pas apaisé le climat entre les deux pays. L’origine des Fake-news sur la supposée création de ce virus dans le laboratoire chinois, est certainement la résultante de ces politiques concurrentes. 

D’ailleurs les Etats-Unis ont décidé de retirer leur subvention annuelle à l’Organisation Mondiale de la Santé, car ils considèrent  que l’OMS n’a pas bien joué son rôle de lanceur d’alerte et que celle-ci a communiqué tardivement sur la déclaration de pandémie et de crise sanitaire mondiale.

Le président Donald Trump accuse même cette organisation d’être prochinoise, rappelons que les USA sont les premiers donateurs de l’OMS avec une contribution budgétaire qui représente 14,67 % du budget total, avec derrière la fondation de Bille Gates pour 9,76 % !

L’OMS est surtout contesté par ces prises de positions et de la qualité de ses membres, issus pour certain des lobbys agro-alimentaire et des produits pharmaceutiques !

Avec cette crise, nos sommes dans un bousculement des modèles nationaux avec d’une part la comparaison du mode de traitement de la pandémie dans cette crise sanitaire mondiale et d’autre part les directives économiques qui sont prises pour juguler la crise économique arrivante.

Il y a fort à parier que les politiques économiques de ces pays vont être revu de façon drastique par rapport au déficit budgétaire et à la récession annoncée comme la pire depuis 1945 ! La une fois de plus, il faut être humble dans les prévisions à ce sujet.

Il ne faudrait pas que la fin utopique, annoncé de la mondialisation du commerce, s’applique à la mondialisation de la Santé. Bien évidemment, il faut mutualiser le réseau des connaissances, mais également l’adapter à notre culture. La France n’est pas Singapour, la Corée ou Taïwan…

Inutile de s’angoisser là-dessus, car ce que nous appelons « angoisse » est toujours en relation avec le passé qui n’est plus et un futur qui n’est pas encore ! Et en même temps ce n’est pas en tournant le dos aux choses, que l’on leur fait face… Soyons adaptatif, en ne pensant à rien, nous serons prêts à tout !

« Astro le petit robot au pays de Candy »

L’émergence de l’économie numérique va être complètement boosté par le phénomène COVID à ne pas en douter. Les moyens de communications plus élaborés vont voir le jour et trouver des applications dans nos vies quotidiennes modifiées.

Le télétravail peut devenir une ressource qui permettra pour l’entreprise d’économiser des coûts de fonctionnement. Mais le revers de la médaille, c’est que le travail et la vie privée n’auront plus de frontière visible, ce qui causera certainement des modifications sociales importantes au sein des foyers et des ménages.

La consommation de certains types de produits manufacturés et de services comme le E-learning auront le vent en poupe et détermineront d’autres habitudes de consommation.

Les nouvelles technologies que le Covid a mis en avant, dans cette économie de « Guerre », comme l’utilisation des imprimantes 3D, celle de robots, pour accompagner des patients dans les hôpitaux, ou des personnes âgées dans les Ehpad, les applications de « traçage » et de géolocalisation pour obtenir des informations essentielles à notre sécurité « individuelle », les réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Twitter, Tinder) qui sont censés rompre notre isolement, le E-Commerce en développement (Amazon, Cdiscount, Veepee, Booking, Fnac) qui nous permettent de consommer même confiner ; montrent combien l’économie numérique présente dans nos vies, le sera plus encore dans la vie d’après…

Attention cependant aux dérives que cela peut occasionner par ces développements exponentiels avec la tentative de récupérations opportunistes des pouvoirs politiques et de l’argent.

La tentation de « flicage » avec les applications misent au point par certaines startups et l’exploitation des donnés à des fins commerciales ou d’opinion, même si la sécurité des informations est « garantis » ; le développement du E-commerce qui fera déserter nos commerces de proximité (librairies, restaurants, cinéma, etc.…), les réseaux sociaux déjà très présents dans nos vies, qui ont joué un rôle important dans une forme de démocratie directe, durant cette crise, sont aussi une source de déshérence humaine. 

Une fois encore, le citoyen devra prendre ses responsabilités et les corps intermédiaires, joués leur rôle « tampon » avec les pouvoirs publics.

Le Covid a aussi développé un système « D » avec le détournement de certains produits comme les masques de plongée de Décathlon qui ont été reconditionnés comme auxiliaire des respirateurs dans les hôpitaux, qui eux-mêmes ont eu besoin de pièces adaptatives, créer à partir de dessins réalisés par du personnels soignants, modélisées par des ingénieurs et enfin réalisées par des imprimantes 3D !

La pénurie des respirateurs a été palliée en partie par des firmes comme Mercédès et Air Liquide qui ont détourné leur chaine de fabrication et l’industrie textile en a fait de même pour la confection de masques lavables.

Les ressources produites par ces intelligences collectives sont largement supérieures au pouvoir politique qui semble avoir, décidemment, des trains de retard…

« Déconfinement ou déconfiture ? »

Le déconfinement se fera sans doute, par palier et de façon très hiérarchiser : régions par région, secteurs par secteur, par type d’activités prioritaires, par classe d’individus testés, etc… le retour à la vie normale sera long et graduel.

Notre mode de vie va se trouver radicalement chambouler : la distanciation sociale sera maintenue dans nos entreprises, dans nos loisirs, dans les lieux publics, dans tous nos rapports sociaux. Les règles d’hygiènes deviendront notre souci quotidien.

Il faut s’attendre à des répliques plus ou moins importantes selon les régions et le respect des règles. Ce Covid-19 est semblable à un chewing-gum, bloqué sous notre semelle, dont il sera difficile à se séparer.

Cette épreuve semble nous dire ; Vous humain, vous avez pris trop de place sur cette planète, vous n’avez pas su partager, être raisonnable, vous avez préféré votre confort à celui de la nature qui vous accueille. En négligeant votre hôte, un habitant ancestral de la planète appelé « virus », vous rappelle les règles de bienséance quand on est invité.

Il nous a incité à faire silence en nous, a laissé la nature enfin s’exprimer sans entrave, à reprendre la place que nous n’avons cessé de lui ravir. Ce « STOP » général de notre économie montre combien, nous avions laissé peu de place à la faune et la flore.

En trois mois, on constate que notre système économique et social étaient très fragiles, puisque nous avons mis des décennies à le bâtir et en quelques semaines tout est par terre. La nature nous montre également qu’elle existe et que la place que nous n’avons pas cessé de lui contester, se reprend facilement.

Les oiseaux redeviennent audibles, les dauphins et les rorquals reviennent dans nos baies, les animaux sauvages circulent à nouveau sans crainte, le ciel est plus bleu, les odeurs sortent de terre, les eaux sont plus saines. Tous ces exemples prouvent à quel point l’humain vivait dans un monde artificiel, parallèle et irréel.

Comme nous avons dupé cette nature, elle se méfie maintenant et son héraut (au moyen âge ce personnage était un messager et annonçait les déclarations solennelles, comme celle de la guerre), le covid-19, va être présent encore quelques temps afin de nous rappeler nos devoirs.

Un virus de 0,1 micron, va nous donner une leçon de civisme, d’écologie, d’économie, de comportement que nous avons grand intérêt à apprendre, car il va y avoir de l’interrogations dans l’air et des travaux sur table permanent.

« Qui as eu cette idée folle, un jour de nous faire reprendre le chemin de l’école ? C’est ce… sacré Covid-19 ! »

La nature, nous a mis en place, un contrôle continue, sous la surveillance de ce virus.

« Mais rassurez-vous, ce n’est pas parce qu’il y a eu de mauvais élèves, que l’on doit punir tout le monde ! »

A suivre…

 

Un texte de Roger Itier, professeur de Wushu à Paris

 

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