À l’occasion des élections consulaires du 31 mai 2026, lepetitjournal.com donne la parole aux différentes têtes de liste de la circonscription. Guillaume Horn, historien, enseignant et tête de liste « Vivre ensemble, agir pour tous », revient sur ses priorités pour les Français établis en Espagne, entre éducation, services publics de proximité et lien social.


Nom, prénom : HORN Guillaume. Âge : 35 ans. Profession : Historien, enseignant. Ville de résidence : Barcelone. Région d’origine en France : Alsace-Lorraine. Nombre d’années en Espagne : 9 ans. Fonction : tête de liste "Vivre ensemble, agir pour tous".
Pourquoi avez-vous choisi de vous présenter à cette élection ?
C’est bien plus qu’un choix, c’est un engagement. Historien des communautés françaises en Espagne, enseignant et auteur de travaux sur les Français à Barcelone et l’AEFE, j’ai consacré une part importante de mon parcours à comprendre ce que notre communauté a construit ici au fil des générations.
Cette présence repose sur des familles, des écoles, des associations, des entrepreneurs et des solidarités concrètes. Cet héritage mérite d’être défendu et prolongé, car il porte une certaine idée de l’intérêt général.
Avec mes colistiers, nous avons constitué une liste de société civile pour donner une traduction concrète à cette idée de l’intérêt général autour de trois priorités : renforcer le lien social, défendre des services publics de proximité et développer les passerelles entre la France, la Catalogne, les Baléares et l’Aragon.
Servir une communauté, c’est comprendre son passé, écouter son présent et préparer l’avenir.
L’information et la communication jouent un rôle essentiel dans la relation entre les conseillers des Français de l’étranger et les citoyens. Que proposez-vous pour les renforcer ?
L’information est la première condition de la participation démocratique. Trop de Français ignorent encore le rôle des conseillers des Français de l’étranger, les services existants ou les décisions qui les concernent directement. Cette distance nourrit mécaniquement l’abstention.
Nous proposons donc une newsletter régulière, transpartisane et utile à chacun et chacune, portée par les élus du conseil consulaire. Elle informerait sur les démarches pratiques, les actualités et les grands enjeux locaux.
Ce travail d’information devra évidemment se faire en coopération étroite avec l’administration consulaire, qui reste l’interlocuteur incontournable des Français de l’étranger et dont il faut garantir les moyens et la qualité de service.
Mieux informer, c’est rendre les élus et les services consulaires identifiables, accessibles et responsables. C’est aussi donner aux Français de l’étranger les moyens de faire valoir leurs droits.
Plusieurs sujets préoccupent aujourd’hui les Français de l’étranger (services consulaires, éducation, mobilités professionnelles). Comment comptez-vous agir sur ces priorités si vous êtes élu(e) ?
Nous agirons sur deux plans : le terrain et le plaidoyer. Sur le terrain, il faudra assumer pleinement les responsabilités du mandat, répondre aux familles, accompagner les dossiers scolaires, sociaux et consulaires, soutenir les associations et rester disponible.
Mais représenter, c’est aussi porter une voix auprès des décideurs nationaux. La première urgence est l’éducation. L’enseignement français à l’étranger est un atout, mais les frais de scolarité sont insoutenables. Trop de familles consacrent à présent davantage à la scolarité qu’à leur propre logement. Il faut redonner à l’AEFE les moyens de ses missions soulager autant les familles que les enseignants détachés.
Nous défendrons aussi davantage de soutien au Bachibac, avec une meilleure formation des enseignants et des outils pédagogiques adaptés. Nous porterons enfin la simplification des démarches administrative. Le numérique doit faciliter la vie des usagers, sans jamais remplacer totalement la présence humaine.
À l’échelle européenne, nous devons défendre davantage de coordination des droits liés aux retraites, à la fiscalité, à la santé, aux mobilités professionnelles et au handicap. Servir, c’est gérer le quotidien. Représenter, c’est aussi donner un cap.
Quelle valeur ajoutée spécifique votre liste apporterait-elle aux Français de l’étranger ?
Notre valeur ajoutée tient à la complémentarité de notre liste, des parcours divers, des expériences de terrain et une connaissance concrète des attentes des Français de notre circonscription.
Nous voulons mettre cette diversité au service d’une méthode simple, rester proches, disponibles et utiles. L’expérience de certains candidats, associée au regard neuf d’autres profils, nous permet d’allier sérieux, renouvellement et efficacité.
Mon parcours d’historien des Français d’Espagne et d’enseignant renforce cette compréhension de la circonscription et de ses évolutions. Ensemble, nous voulons porter un esprit de service exigeant, ancré dans le réel et utile à nos compatriotes.
Face à ceux qui jugent la fonction de conseiller des Français de l’étranger peu influente, comment démontrer son utilité concrète ? Et sur quels critères devrait-on évaluer, à l’avenir, le bilan des élus sortants ?
Dire que ce mandat est inutile est faux. Dire qu’il est sous-utilisé est vrai. Un conseiller peut informer, aider, relayer les difficultés du terrain et peser dans certaines décisions. Encore faut-il exercer pleinement le mandat.
Aujourd’hui, il existe trop peu d’indicateurs, trop peu de transparence et trop peu d’évaluation. Les élus devraient rendre compte clairement des engagements pris, des actions menées, des positions défendues et des choix assumés dans le cadre du collège électoral sénatorial. Pour nous, la responsabilité publique commence par la possibilité de rendre des comptes.
La participation électorale demeure faible aux élections consulaires. Comment la renforcer ?
La faible participation a des causes structurelles. Elle ne se réglera pas uniquement en période électorale. D’abord, il faut informer en continu. Quand les citoyens comprennent l’utilité d’un mandat, ils votent davantage.
Ensuite, il faut moderniser les fichiers électoraux et améliorer les moyens de contact. Sans lien direct, il n’y a ni information ni mobilisation.
Enfin, il faut rappeler l’enjeu démocratique. Les Français de l’étranger représentent près de 3 % du corps électoral national. C’est plus que tout Paris. C’est la prise de conscience de cette réalité qui contribuera aussi à augmenter la participation.
La démocratie commence toujours par la conscience de compter.
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