Nouveau conflit entre la Catalogne et l'Espagne. Le ministre espagnol de l'éducation, José Ignacio Wert, a provoqué la colère de la Conseillère d'Éducation catalane, Irene Rigau, en présentant un avant-projet de loi qui propose des changements radicaux dans le système scolaire en termes linguistiques et de compétences
Le ministre d'éducation, José Ignacio Wert a révélé ce lundi 3 décembre son avant-projet de loi d'amélioration de la qualité éducative (LOMCE). À la veille de sa réunion à Madrid avec les responsables de l'enseignement des communautés autonomes, le ministre espagnol a créé une nouvelle polémique en Catalogne. Ce projet, entre autres propositions, prévoit de reléguer l'étude des langues co-officielles au niveau d'option de spécialité, derrière par exemple la Religion, pour l'école secondaire, et les deux langues étrangères. Le gouvernement catalan -par le biais de sa conseillère d'éducation Irene Rigau- a dénoncé que cette réforme "rompt le modèle" éducatif catalan et donne un "traitement résiduel" de la langue. Pour Rigau, ce texte marque "un virage radical d'offensive au catalan". Cette attaque à leur langue, les Catalans l'ont rapidement comparé aux derniers propos polémiques du ministre qui avait déclaré, le 10 octobre dernier en conseil des députés, vouloir "espagnoliser les élèves catalans".
Le catalan n'est pas négociable
Avant son entrée à la réunion des conseillers d'éducation à Madrid, Rigau avait prévenu "nous ne venons pas négocier aujourd'hui, le catalan pour notre pays est non négociable", jugeant de surcroît que "jamais un ministre n'était allé aussi loin" dans le dénigrement du catalan. Car, au-delà de la relégation du catalan en quatrième langue, l'avant-projet propose également aux parents de choisir la langue véhiculaire de l'école de leurs enfants et pour ce faire pourront choisir un établissement privé dont le financement serait à la charge de l'administration catalane. De son côté, Wert s'est défendu des accusations catalanes qu'il estime "complètement fausses" et n'a pas voulu commenter les changements effectués dans le texte alternatif présenté finalement aux responsables d'éducation. Ce nouveau texte rectifie le précédent qui n'imposait plus aux élèves d'avoir la moyenne en catalan pour obtenir le diplôme de la ESO. Malgré ces changements, la conseillère catalane est sortie de la réunion une heure et demie après son commencement, en réitérant sa position aux médias.
Des réactions en chaîne
Le secrétaire des universités de Catalogne, Antoni Castellà, qui devait rencontrer le ministre espagnol ce mercredi 5 décembre à la réunion de la Conférence de Politique Universitaire, a refusé d'y participer et s'en est justifié par lettre à Wert en affirmant partager les arguments d'Irene Rigau. De leurs côtés, de nombreuses institutions catalanes, comme par exemple de club de foot FCBarcelona, ont montré leur soutien à la défense de la langue catalane suite à la polémique. Les 10 et 13 décembre prochains, deux manifestations sont convoquées à Barcelone et dans toute l'Espagne pour dénoncer ce projet de loi. D'ailleurs, la Catalogne n'est pas la seule communauté autonome opposée à cette réforme. Le Pays Basque, l'Andalousie, les îles Canaries et les Asturies ont dénoncé à leur tour ce texte.
Elise GAZENGEL (www.lepetitjournal.com – Espagne) Jeudi 6 décembre 2012
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