Édition internationale

ANNE GRILLO - "Nous avons connu un été particulièrement difficile"

Écrit par Lepetitjournal Barcelone
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 novembre 2012

Voilà deux ans qu'Anne Grillo est à la tête du Consulat de Barcelone. Elle y aura connu les émotions propres à un poste pas comme les autres, au coeur d'une région pas comme les autres. Elections présidentielles et législatives au printemps dernier, alertes rouges d'un été meurtrier, enjeux d'une circonscription en plein mouvement... La Consule fait le point

(Photo Consulat de France à Barcelone)

lepetitjournal.com : Cette rentrée se déroule après un été particulièrement difficile. Pouvez vous nous expliquer comment il s'est déroulé ?
Anne Grillo : En effet, les alertes n'ont pas manqué cet été. Cela dit il faut savoir que les étés sont traditionnellement difficiles en Catalogne, car du fait de notre position géographique, une position de passage entre la France, l'Espagne et le Maghreb, nous connaissons souvent des situations d'alerte au cours de la période estivale. Tous les ans, nous mettons une véritable réorganisation du Consulat en place, on dit que l'on fonctionne en "mode été". Concrètement, la part dédiée à l'accueil est moindre, et les effectifs pour la gestion des Français en difficulté sont renforcés. Avec la crise, l'effet de proximité de Barcelone avec la

Qui est Nathalie Pradère, nouvelle Consule Générale adjointe au Consulat Général de Barcelone ?
De 2008 à 2012, elle a été Consule Générale adjointe au Consulat Général de Montréal. Auparavant, elle avait servi dans les services de coopération et d'Action Culturelle de nos Ambassades à Bamako (1984 à 1989) puis, après une affectation de deux ans à l'Administration centrale, à Tananarive (1990-1996) et à Dakar (1996-2000).
A l'administration centrale, à Paris, de 2001 à 2008, elle a occupé diverses fonctions à la Direction Générale de l'Administration (Direction des Ressources humaines), à la Direction politique de la Coopération Européenne puis au Service de la Sécurité Diplomatique, qu'elle a largement contribué à créer et à organiser.
Au Consulat Général de Barcelone elle remplira sa mission au service de la communauté française. Elle sera particulièrement attentive aux besoins de nos compatriotes touchés par la crise qui sévit en Espagne et en Catalogne. En relai de l'Ambassade à Madrid, elle suivra également avec beaucoup d'attention l'évolution de la situation politique et de la crise économique en Catalogne.

frontière française, la multiplication des compagnies low cost et la facilité d'accès par la route ont généré une augmentation du tourisme de masse, ce qui a provoqué encore plus de mobilisation de notre côté. Nous avons connu un été particulièrement difficile, avec des accidents de la route, des noyades, des accidents de randonnée et les fameux incendies de juillet.

Je tiens à souligner la chance que nous avons, nous Français, de pouvoir bénéficier d'une excellente collaboration avec les services espagnols et autonomiques, qui ont fait preuve d'une véritable bienveillance dans leur collaboration avec nos équipes.

Quelle est votre perception de la situation des Français de votre circonscription ?
Nous avons connu avec les deux consultations démocratiques du printemps dernier, une phase de contact avec la communauté française très forte. Passé cette phase de mobilisation, les enjeux pour le Consulat consistent à poursuivre notre réflexion sur la meilleure manière que nous pouvons avoir de servir cette communauté. Il y a près de 40.000 personnes immatriculées sur la circonscription (Aragon, Baléares, Catalogne) aujourd'hui : nous constatons qu'en dépit de la crise, le nombre de Français continue à augmenter, mais le rythme de cette augmentation fléchit un peu. Le profil de nos compatriotes, est très divers, même s'il s'agit en général de Français bien intégrés, plutôt jeunes, qui souffrent souvent de la situation économique. Que pouvons nous faire pour servir au mieux cette population ? Nous entamons une réflexion sur tout ce que nous pouvons améliorer : l'accueil, les outils et notamment les services online, comme ceux mis en place avec monconsulat.fr, les procédures... Barcelone a été désigné par le ministère des Affaires étrangères, parmi d'autres, poste pilote dans le développement de l'e-administration.

Concrètement, comment la crise économique impacte-t-elle vos relations avec les Français de la circonscription ?
La communauté française souffre, à l'image de son pays d'accueil, d'une dégradation de ses conditions de vie. Nous devons depuis quelques temps gérer un rapport nouveau avec ces compatriotes dans le besoin, qui viennent demander un type de services que nous n'avions pas coutume de traiter. Aujourd'hui, on échoue au Consulat : on voit arriver des Français qui n'avaient traditionnellement aucun rapport avec les institutions françaises, ou qui nous contactent dans des situations extrêmement précaires, en grand désarroi. C'est très révélateur du contexte et le Consulat n'est qu'une caisse de résonance de tous les problèmes que peuvent connaître les expatriés. Cela dit nous devons nous adapter à cette nouvelle situation : c'est un grand sujet de réflexion pour nous, en cette rentrée.
Enfin, autre aspect de la crise : le Consulat est aussi sollicité par des Catalans qui nous contactent pour savoir comment se rendre en France, à la recherche d'une vie meilleure.

Propos recueillis par Vincent GARNIER (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mercredi 24 octobre 2012

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Publié le 24 octobre 2012, mis à jour le 21 novembre 2012
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