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Thierry Mariani, candidat UMP pour la députation en Asie

Par Pierre QUEFFELEC | Publié le 29/04/2011 à 00:00 | Mis à jour le 08/11/2018 à 11:58
Photo : Thierry Mariani était à Bangkok le 3 avril dernier pour rencontrer des représentant locaux de l'UMP (Photo Piere QUEFFELEC)
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Thierry Mariani, l'actuel secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, chargé des Transports, sera candidat pour l'UMP en 2012 sur la 11e circonscription, qui regroupe 49 pays (Russie, Asie, Océanie). En déplacement à Bangkok à titre privé au début du mois, à l'occasion d'une visite officielle à Phnom Penh, il a bien voulu répondre à quelques questions

C'est officiel depuis la mi-avril, le candidat UMP sur la zone Russie?Asie-Océanie pour les élections législatives de 2012 sera Thierry Mariani, actuel secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, chargé des Transports. Ancien maire de Valréas, député du Vaucluse depuis 1993, ce père de famille de 52 ans, marié à une Russe, est notamment en charge des Français de l'étranger pour l'UMP depuis 2000. Il est également membre de la commission des lois de l'Assemblée nationale.

A l'occasion de sa visite officielle au Cambodge fin mars pour l'inauguration de la réouverture des vols Air France entre Paris et Phnom Penh et pour rencontrer le Premier ministre Hun Sen, Thierry Mariani a fait un crochet par Bangkok le 3 avril, "à titre privé" a-t-il insisté, pour rencontrer des représentants UMP de Thaïlande.

 

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VOIR AUSSI
?La fiche biographique de Thierry Mariani
?La carte des circonscriptions électorales (Législatives des Français de l'étranger)
?L'évolution du vote des Français de l'étranger pour les élections présidentielles depuis 1981

EN SAVOIR PLUS
?Le site expatriés du Sénat
?Le site l'Assemblée des Français de l'Etranger (AFE)

 

Lepetitjournal.com - Quelles sont selon vous les principales attentes des Français de l'étranger en Asie du Sud-est ?
Thierry Mariani - Il y a un nouveau type d'expatriés, les retraités. Depuis 2000, lorsque j'ai pris en charge le dossier des Français de l'étranger pour l'UMP, j'ai également pu noter que les jeunes avaient assimilé la mondialisation. La baisse des coûts des transports aériens fait que de plus en plus de gens vivent à cheval entre deux pays. Aussi, les gens vivent plus facilement en couple mixte (50.000 mariages binationaux par an en France, sur 250.000 à 300.000 au total).
Les attentes portent dans l'ordre de priorité d'abord sur l'éducation (il faut notamment renforcer le réseau scolaire). Par exemple, lorsqu'elles voyagent, le souci des familles françaises est que leurs enfants suivent un cursus normal. Nicolas Sarkozy a rempli ses promesses en ce qui concerne la gratuité de l'école à l'étranger. A la fin du mandat, nous aurons fait la 3e et la 4e. Ensuite viennent les questions de santé (principalement sur la prise en charge sociale), la retraite et la sécurité.

Que pensez-vous de la question soulevée par le député P.S. Jérôme Cahuzac sur la fiscalité des Français de l'étranger ?
La position de Jérôme Cahuzac rappelle que Dominique Strauss-Kahn avait fait cette proposition il y a cinq ans d'imposer les Français de l'étranger, mais tout le monde l'a oublié aujourd'hui. La France a signé des conventions fiscales avec plus de 120 pays. Cela signifie qu'une grande partie des Français de l'étranger payent déjà l'impôt sur le revenu dans leur pays d'accueil. La proposition Cahuzac revient à dire que soit on revoit toutes les conventions fiscales - ce qui risque de prendre beaucoup de temps - soit on fait payer à ces Français une deuxième fois l'impôt sur le revenu en France ? L'impôt peut être efficace s'il est vérifiable. A l'étranger, ce n'est pas possible. Et puis le seul service couvert par l'Etat est l'éducation. Le reste, ce sont les gens qui le payent de leur poche.
Je crois que les socialistes sont toujours dans la caricature des Français de l'étranger. Pour eux, le Français de l'étranger est soit un exilé fiscal, soit un "France-Afrique", quelqu'un qui attend la fin des colonies les pieds au soleil.
Les Français de l'étranger sont une chance que l'on n'exploite pas assez. La diaspora d'un pays est un élément important d'influence à l'extérieur. Il faut apporter une offre cohérente pour faciliter les allers-retours des Français de l'étranger, il faut s'en servir pour développer la culture dans le monde mais aussi l'esprit d'entreprise en France.

Vous êtes candidat à la députation pour la zone Russie-Asie-Océanie. Pourquoi avoir choisi cette circonscription ?
C'est la plus grande, mon épouse est russe, et puis c'est une circonscription qui n'a pas d'unité (49 pays éclatés sur une zone qui couvre plus d'un tiers des terres émergées de la planète), donc cela représente un défi fort.
Tout le monde me prend pour un fou. Néanmoins, cela fait dix ans que je suis le dossier des Français de l'étranger, et j'ai participé de près à la préparation de la mise en place des députés de l'étranger. Je peux vraiment apporter quelque chose dans une circonscription aussi désunie que l'Asie.
Aussi, je pense que cette première vague de députés sera décisive par rapport à l'importance qui sera accordée, à l'Assemblée nationale, aux Français de l'étranger. Il faut donc des représentants expérimentés et crédibles qui pourront faire entendre la voix des Français de l'étranger au Parlement. Il faut savoir que lorsque vous arrivez pour la première fois à l'Assemblée nationale en tant que député, on vous dit de vous assoir gentiment dans un coin et d'attendre qu'on vous donne la parole : ce n'est pas facile de se faire entendre au début. Si cette première génération n'a pas de poids politique, la mise en place les députés de l'étranger aura été inutile. L'enjeu est de convaincre les députés de l'Assemblée nationale que c'était une bonne idée. 

Pensez-vous établir une permanence en Asie pour être au plus près des Français basés dans la région ?
Je fais partie des députés les plus actifs de l'Assemblée. Si je suis élu, je serai bien plus utile aux Français de l'étranger en travaillant à Paris, en portant les projets devant le Parlement. Le mieux [pour la proximité du terrain, ndlr] est de s'appuyer sur les représentants locaux qui sont au contact en permanence avec les Français de leur pays d'accueil.
Nous devons trouver le meilleur compromis pour être au plus proche des Français de l'étranger tout en défendant leur cause à Paris. Si nous devons voyager sans cesse dans tous les pays, qui plus est sur une zone comme la 11e circonscription, cela signifie que l'on ne travaille pas à Paris, on ne peut se faire entendre par les autres députés, on perd de la crédibilité au Parlement, etc.

Comment va se dérouler votre campagne électorale ?
Ce sera différent d'une campagne électorale type. Compte tenu des distances et de l'éclatement des circonscriptions, la campagne pour les députés des Français de l'étranger se fera plus via les associations, par e-mail et Internet. Il faut être pragmatique, on ne peut pas voyager sur les 49 pays pour une campagne électorale, même si certaines visites pourront se faire à l'occasion de voyages de travail [en tant que ministre].
Il n'y a pas de pays clé. Quand les élections sont serrées, chaque voix compte. L'élection de Giscard d'Estaing en 1974 s'est jouée à 400.000 voix.
Il y avait 1.050.000 inscrits sur les listes en 2010, on peut donc estimer que nous en aurons au moins 1.100.000 en 2012. En 2007, près de 350.000 Français de l'étranger avaient voté aux présidentielles. On peut espérer 400 à 500.000 votants en 2012, peut-être même davantage. Ces élections sont particulières en raison de la nouveauté des députés de l'étranger et l'explosion de l'Internet. Avant, on s'inquiétait de savoir si les tracts étaient bien arrivés. Internet a tout révolutionné. Aujourd'hui, on peut voter par Internet, par correspondance ou par procuration. De plus, il y aura davantage de bureaux de vote à disposition répartis dans les pays. Par conséquent, on peut, on doit atteindre 50% de participation.
 

Propos recueillis par Pierre QUEFFELEC vendredi 29 avril 2011

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Pierre QUEFFELEC

Originaire du sud de la France, il fait ses premières armes dans le journalisme avec la Nouvelle République des Pyrénées en 1996. Arrivé en Thaïlande en 2004, il est en charge des opérations du bureau de Bangkok depuis janvier 2006.
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