Thaksin de retour au pays et sommé d’y rester

Par Pierre QUEFFELEC | Publié le 29/02/2008 à 01:00 | Mis à jour le 06/03/2019 à 05:46
Photo : Frederic BELGE - Thaksin Shinawatra de retour au pays après 17 mois d'exil salue les quelques milliers de personnes venues hier l'accueillir
Thaksin Shinawatra

L'ex-Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra est finalement rentré au pays hier après 17 mois d'exil. Accueilli par quelques milliers de supporters à l'aéroport de Suvarnabhumi, le milliardaire a aussitôt été conduit sous escorte policière devant les juges de la Cour suprême qui l'ont libéré sous caution mais lui ont interdit de quitter la Thaïlande

L'ambiance était carnavalesque hier matin à l'aéroport international Suvarnabhumi alors que l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra faisait son retour au pays après 17 mois d'exil. Une dizaine de milliers de personnes s'étaient rassemblées depuis les premières heures du jour pour être au plus prêt de celui dont ils attendaient le retour depuis le coup d'état du 19 septembre 2006.
Tout juste sorti de l'aéroport, Thaksin s'est agenouillé pour embrasser le sol, puis il a salué la foule plusieurs fois avant d'être conduit par une solide escorte policière vers la Cour suprême où l'attendaient les juges.

Entendu dans deux affaires puis relâché sous caution

Thaksin Shinawatra et son épouse, Pojaman, sont accusés de plusieurs violations des lois anticorruption et risquent jusqu'à 13 ans de prison chacun, et des amendes dans le cadre d'une affaire immobilière. L'audience a duré 20 minutes, et la caution a été fixée à huit millions de bahts (250.000 dollars). Mais M. Thaksin a reçu l'ordre de ne pas quitter le territoire thaïlandais sans l'autorisation de la Cour suprême. L'ex-Premier ministre "s'est vu également interdire d'entreprendre la moindre action susceptible de nuire ou de faire obstruction au processus judiciaire", a indiqué la Cour suprême, avertissant que la libération sous caution serait aussitôt "annulée"en cas d'infraction. La première audience du procès a été fixée au 12 mars.
M. Thaksin s'est ensuite rendu, toujours sous escorte policière, au bureau du procureur général de Thaïlande pour répondre à une autre accusation, liée à des déclarations frauduleuses faites par lui et son épouse à la Commission des opérations en bourse en 2003 à propos de l'enregistrement d'une entreprise immobilière. L'ex-Premier ministre, qui risque jusqu'à deux ans de prison et des amendes dans cette affaire, a également bénéficié d'une libération sous caution fixée à un million de bahts (31.000 dollars). M. Thaksin a reçu l'ordre de se présenter au même endroit le 3 avril, date à laquelle le procureur annoncera si des poursuites sont formellement engagées devant un tribunal.
Dans l'avion qui l'a ramené en Thaïlande depuis Hong Kong, M. Thaksin avait déclaré à des journalistes que les accusations de corruption contre lui avaient été "montées de toutes pièces"pour justifier le coup d'Etat mené par des généraux royalistes en 2006. "Je voudrais dire à toutes les parties concernées qu'il est temps d'aller de l'avant. J'ai abandonné la politique. Il n'y aura pas de désordre civil, pas de coup d'Etat", a-t-il dit.
P.Q. (www.lepetitjournal.com - Bangkok avec AFP) vendredi 29 février 2008

Un simple citoyen sous haute protection

Bien que l'ancien chef du gouvernement affirme revenir en "simple citoyen", son retour au pays aura néanmoins mobilisé d'importantes forces de sécurité. A l'aéroport hier matin, une trentaine de commandos l'ont escorté de l'avion jusque dans la salle VIP de l'aéroport tandis que des tireurs d'élites quadrillaient le secteur. La police a également déployé plusieurs centaines d'agents sur l'aéroport et dans la capitale, nécessitant des renforts des provinces voisines. Au lieu de réintégrer sa maison, Thaksin a préféré retenir pour lui et sa famille tout un étage de l'hôtel Peninsula, réputé pour sa sécurité, et dont un des principaux actionnaires n'est autre qu'un membre de la famille du ministre adjoint des Finances Pradit Pataraprasit, selon le Bangkok Post. Enfin, le même journal rapporte que les bureaux de police ont reçu comme consigne de garantir la sécurité de Thaksin et son entourage lors de leurs sorties et de mettre en place un service de sécurité autour de sa maison de l'avenue Charan Sanit Wong. P.Q. (www.lepetitjournal.com - Bangkok) vendredi 29 février 2008

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Pierre QUEFFELEC

Pierre Queffélec a fait ses premières armes dans le journalisme à la Nouvelle République des Pyrénées en 1996. Arrivé en Thaïlande en 2004, il a rejoint lepetitjournal.com l’année suivante avant de prendre la direction du bureau de Bangkok en janvier 2006
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