Le nouveau Parlement investi jeudi a du pain sur la planche

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 12/08/2014 à 22:00 | Mis à jour le 02/08/2019 à 07:02
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La nouvelle assemblée nationale législative (NLA), dominée par les militaires et qui agit comme un parlement, a tenu sa première séance vendredi pour élire son président, en vue de la rédaction de la nouvelle Constitution qui devrait permettre d'asseoir l'influence politique des militaires. La NLA devrait délibérer vendredi sur le budget 2015 et nommer le Premier ministre la semaine prochaine qui va devoir s'attaquer au vaste chantier des réformes et des politiques en souffrance

Investie jeudi en présence du prince Maha Vajiralongkorn et de hauts responsables militaires la nouvelle assemblée nationale législative (NLA) a tenu sa première séance vendredi pour élire son président.

L'assemblée, composée de 197 membres, compte un peu plus de la moitié d'officiers militaires de haut rang, actifs ou en retraite, le reste ayant été nommé par la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat du 22 mai dernier.

Ils ont élu vendredi le président de l'assemblée, qui agira comme chambre basse et chambre haute en attendant la ratification de la nouvelle Constitution.

Le conseiller juridique de la junte, Pornpetch Wichitcholchai "a été élu à comme président," a déclaré à l'assemblée le président par intérim Somporn Thepsitha.

Lors de sa prochaine session, le 15 août, l'Assemblée Nationale Législative (NLA) doit délibérer sur le budget 2015. Elle choisira le Premier ministre lors d'un vote prévu le 21 ou le 22 août.

Le chef de la junte, le général Prayuth Chan-O-Cha est largement pressenti pour le poste, selon la presse thaïlandaise. Aucun calendrier n'a cependant été proposé jusqu'ici, laissant ouvert le terme du mandat du futur Premier ministre.

Sous la Constitution intérimaire, la junte restera en place, en parallèle du futur gouvernement civil qui sera nommé par le nouveau Premier ministre. Si Prayuth est élu chef du gouvernement, il aurait aussi la possibilité de rester à la tête de la junte.

Les militaires au pouvoir affirment qu'ils souhaitent effectuer des réformes avant que la nouvelle Constitution n'ouvre la voie à des élections annoncées pour la fin 2015.

Ils disent avoir renversé le gouvernement intérimaire, déjà malmené par plusieurs mois de manifestations meurtrières et une série de jugements accélérés contre des ministres, pour éviter davantage de violences et relancer l'économie.

Maintenant que la NLA a tenu sa première session parlementaire, les analystes estiment que la junte pourrait chercher à marquer des points d'emblée en mettant en ?uvre des politiques qui avaient été reportées à cause des manifestations anti-gouvernementales.

"Des tonnes de propositions de loi attendent que l'assemblée se réunisse," a déclaré l'expert en loi constitutionnelle, Khemthong Tonsakulrungruang de l'Université Chulalongkorn, expliquant que, historiquement, les coups offrent à l'armée l'opportunité de relancer "sa légitimité" par des prises de décision décisives.

La Thaïlande est clivée par de profondes divisions politiques depuis que l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra a été renversé par un coup d'Etat en 2006, qui faisait lui aussi suite à plusieurs mois de manifestations anti-gouvernementales dénonçant ses abus de pouvoir.

La junte d'alors avait fait rédiger une nouvelle Constitution qui devait limiter l'influence du clan Shinawatra, avant d'organiser des élections l'année suivante. Mais malgré cela, les élections législatives qui ont suivi ont été remportés par le clan Shinawatra, forçant ses ennemis à recourir au coup d'Etat judiciaire en 2008 et militaire en 2014 pour reprendre la main. Ce jeu politique a valu à la Thaïlande des cycles de manifestations de masse plus ou moins longs mais souvent violents : 2006 (2 mois), 2008 (6 mois), 2009 (1 semaine), 2010 (2 mois), et 2013-14 (7 mois).

Les observateurs prédisent que la nouvelle Constitution va probablement viser une nouvelle fois l'influence politique Thaksinienne, qui a déjà été sérieusement mise à mal par le coup d'Etat et la purge menée contre ses lieutenants et ses soutiens au sein des institutions clés de l'appareil d'Etat et des grandes entreprises publiques.

Khemthong a appelé ceux impliqués dans la rédaction de la nouvelle Constitution de mettre en place des garde-fous pour garantir que le pouvoir soit soumis à des mécanismes de surveillance.

"La Constitution devra répondre à la question de qui surveille les surveillants," a-t-il ajouté.

Avec AFP (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) mercredi 13 août 2014

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