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FOOT – Les chasseurs de têtes européens cultivent en Thaïlande de la graine de champion

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 03/10/2008 à 02:00 | Mis à jour le 14/03/2019 à 10:22

Les footballeurs asiatiques seraient-ils en passe de se placer dans les grands clubs européens ? Deux spécialistes du football mondial, un Belge et un Français, en ont fait le pari. Ils ont créé en 2005 près de Bangkok un centre de formation afin de former de jeunes joueurs thaïlandais. Le club anglais d'Arsenal est partenaire. Arsène Wenger en est le parrain

Les footballeurs thaïlandais ont peut-être un avenir dans le haut niveau mondial. C'est du moins ce que pensent l'ancien joueur de l'équipe de France et spécialiste dans la formation de champions, Jean-Marc Guillou, et l'homme d'affaires Belge Robert Procureur, directeur de Global Football Marketing. Les deux hommes ont créé en 2005 l'Académie JMG Thaïlande à Ban Bung, dans la province de Chonburi, qui forme deux promotions d'une vingtaine de jeunes de 12 à 15 ans. Forte de son expérience dans la formation de footballeurs dans 8 pays, l'Académie JMG espère voir certains d'entre eux rejoindre l'élite du football européen et composer la prochaine équipe nationale thaïlandaise. "On pense que deux ou trois joueurs de chaque promotion devraient rejoindre un club du gotha européen, explique Robert Procureur. Ce que l'on peut quasiment prévoir, c'est qu'une grande partie de l'équipe nationale thaïlandaise des années 2015 aura été formée par notre académie".

Qualités techniques et rapidité

Les expériences de joueurs thaïlandais dans les championnats européens n'ont pour l'instant pas été très concluantes. Quatorze joueurs thaïlandais seulement ont à ce jour été recrutés à l'étranger - 10 en Asie dont 6 à Singapour. En Europe, en dehors du gardien anglo-thaïlandais James Waite qui joue à Droylsden F.C., seul Manchester City aura recruté en 2007 - sans jamais les faire jouer - trois Thaïlandais. Le club anglais appartenait alors à l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra qui essayait de parfaire sa popularité chez lui avant les élections législatives. "Actuellement très peu de joueurs asiatiques jouent dans les championnats européens car il n'y avait aucune formation professionnelle pour ces jeunes joueurs", explique Robert Procureur. Parmi les pionniers dans le domaine en Thaïlande, l'équipe du spécialiste belge sillonne le pays depuis trois ans à la recherche de perles rares. "Les Thaïlandais ont des qualités techniques et une rapidité qui font la différence sur un terrain, note-t-il. Là difficulté est qu'à cet âge, on ne sait jamais comment ils se développeront physiquement". En tout cas, certains clubs anglais y croient. C'est le cas, par exemple, d'Arsenal qui investit 250.000 euros par an dans l'académie, selon Robert Procureur, s'assurant ainsi de recruter deux joueurs par promotion. Un gain important pour l'Académie qui représente 25% de son budget de fonctionnement. L'entraîneur de l'équipe londonienne, le célèbre Arsène Wenger, est même le parrain du centre. Outre les revenus générés par les sponsors et les partenaires privés, le centre espère bénéficier des retours sur les transferts des petits champions. Le règlement de la Fédération internationale de football association (FIFA) prévoit qu'un pourcentage sur le premier contrat professionnel du joueur revient au club formateur, puis 5 % d'indemnités lors de chaque transfert.

Par Aurélien BARBIN vendredi 3 octobre 2008

Voir également le site de l'Académie JMG Thaïlande
http://www.academie-jmg.com/accueil.php?framestart
Le site de la Football School in Bangkok de Peter Rasmussen http://www.footballschool.in.th/FootballSchool.htm

Formation sur le modèle de sport étude
A l'instar d'un système de "sport étude"français, les pensionnaires du centre alternent gratuitement durant sept ans entraînements et scolarité. "On a signé un contrat avec les parents qui assure à leur garçon une véritable scolarisation afin de sortir du centre à 18 ans avec un baccalauréat, explique Robert Procureur". Une double formation essentielle car malgré leurs talents et l'intérêt que sont susceptibles de leur porter certains clubs anglais comme Arsenal, tous ces joueurs ne pourront pas suivre les traces des Yaya du FC Barcelone, Salomon Kalou de Chelsea ou encore Kolo Touré d'Arsenal, tous anciens élèves du centre de Côte d'Ivoire.

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