Le sommet virtuel de l'APEC axé sur la sortie de crise du Covid

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 09/11/2021 à 02:14 | Mis à jour le 10/11/2021 à 13:45
Sommet virtuel de l'APEC

Les dirigeants des pays membres de l’APEC vont se concentrer cette semaine sur la reprise économique régionale après la pandémie de coronavirus, lors de pourparlers virtuels qui ont débuté lundi.

Les dirigeants des pays Forum de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), qui se réunissent cette semaine pour une série de pourparlers organisés par la Nouvelle-Zélande, devraient focaliser sur la reprise économique dans la région en mettant l’accent sur le soutien de la chaîne d'approvisionnement et la décarbonisation des économies.

Des tensions sont toutefois attendues au sein de ce forum économique qui rassemble 21 pays, autour notamment de la candidature de Taïwan à un pacte commercial régional et celle des États-Unis pour organiser l’édition 2023.

Cette Semaine des dirigeants de l‘APEC se déroulera entièrement en ligne compte tenu de la politique sanitaire stricte de la Nouvelle Zélande qui maintient ses frontières fermées à quasiment tous les voyageurs depuis 18 mois.

"Cette réunion se concentrera sur la mise en place d'une voie de sortie de cette crise exceptionnelle", a déclaré la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, dans son discours d’introduction.

Les pourparlers feront d'abord intervenir les ministres du Commerce et des Affaires étrangères des 21 pays et territoires, dont les États-Unis, la Chine et la Russie, puis les chefs d'État se "rencontreront" en ligne vendredi soir.

Les économies que regroupent l'APEC représentent environ 38% de la population mondiale et plus de 60% de son produit intérieur brut.

"Ensemble, nous continuons à maintenir le fonctionnement des chaînes d'approvisionnement et soutenons les flux de fournitures médicales essentielles – dont les kits de test, les EPI et maintenant les vaccins", a déclaré Ardern Ardern.

Les membres de l'APEC se sont engagés lors d'une réunion spéciale en juin à étendre le partage et la fabrication de vaccins COVID-19 et à lever les barrières commerciales pour les médicaments.

Le rassemblement de l'APEC se déroule dans l'ombre du sommet très médiatisé du G20 à Rome et de la réunion sur le climat COP26 à Glasgow, en Écosse, auxquels les hauts dirigeants ont assisté en personne.

Lors d'une conférence de presse lundi, la première ministre néo-zélandaise a reconnu que l'organisation en distanciel ferait perdre de son impact à l’événement.

Des tensions sont attendues autour de l'objectif déclaré de Taïwan d'utiliser le forum pour recueillir le soutien de sa candidature à l’Accord global et progressif de partenariat transpacifique (CPTPP).

La Chine, qui a également demandé à adhérer au pacte, s'oppose à l'adhésion de Taiwan et a multiplié les activités militaires à proximité de l'île revendiquée par Pékin qui n'exclut pas de la prendre par la force.

Candidature américaine 

La candidature des États-Unis pour accueillir l'APEC en 2023 -après avoir organisé le forum en 2011 à Hawaï- est également susceptible de susciter quelques remous.

Mais la Russie n'a pas encore officiellement soutenu la proposition américaine, a déclaré une source proche des discussions, créant une situation inhabituelle pour le groupement économique, qui se décide généralement bien à l'avance sur les pays organisateurs.

La Russie a demandé l'assurance que ses représentants pourront assister à un rassemblement américain même si certains d'entre eux font l’objet de sanctions, a indiqué la même source, ajoutant que la Chine n'avait ni accepté ni rejeté l'offre américaine.

Aucun des deux pays n'a commenté publiquement la proposition. Le ministère russe des Affaires étrangères n'a pu être joint pour s’exprimer sur le sujet.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que l'APEC était un important forum pour la coopération économique en Asie-Pacifique et respecte le principe de parvenir à un consensus par la négociation.

"La Chine participera à ce processus pour parvenir à un consensus par la négociation", a-t-il déclaré.

"Je suis sûr que les États-Unis et la Nouvelle-Zélande aimeraient résoudre ce problème avant (la) Réunion des dirigeants, mais le différend ne devrait pas retarder la déclaration, car les dirigeants peuvent toujours dire qu'ils s’en remettent à la réunion en Thaïlande l'année prochaine et s’en tenir à cela", a déclaré Matthew Goodman, conseiller au centre de réflexion basé à Washington Center for Strategic and International Studies (CSIS).

Une Déclaration des dirigeants est publiée après chaque réunion annuelle des chefs d’Etat de l'APEC depuis la première en 1993, sauf en Papouasie-Nouvelle-Guinée en 2018 en raison de désaccords entre les États-Unis et la Chine.

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