Édition internationale

ÉMEUTES DE MAI 2010 – 20.000 Chemises rouges ne veulent pas oublier

Écrit par Lepetitjournal Bangkok
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 19 mai 2013

Quelque 20.000 membres et sympathisants du mouvement des Chemises rouges se sont réunis dimanche 19 mai dans le quartier de Ratchaprasong à Bangkok pour commémorer le troisième anniversaire des affrontements sanglants de 2010 durant lesquels 92 personnes (civils et soldats) ont perdu la vie. Ils souhaitent ardemment que justice soit rendue.

La marée rouge a été moins forte qu'attendue. Le quartier de Ratchaprasong en plein c?ur de Bangkok a été couvert dimanche 19 mai par des milliers de Chemises rouges, membres du Front uni pour la démocratie et contre la dictature (UDD). Ils sont venus célébrer le troisième anniversaire des émeutes de mai 2010 dans la capitale thaïlandaise qui avaient fait plus de 90 morts et 1.900 blessés. Leur rassemblement avait deux mots d'ordre : que les instigateurs de ces violences meurtrières soient traduits en justice, et que le pays s'engage vers davantage de démocratie. La mobilisation en fin de journée a été toutefois moindre qu'espérée par l'UDD qui avait prédit la venue de 100.000 manifestants.

Rassemblement sans heurts
Le rendez-vous du 19 mai s'est déroulé sans heurts, encadré par 700 policiers, dans une ambiance bon enfant. Toutefois, en prévision d'éventuels débordements, le centre commercial Central World a baissé ses grilles à partir de 13h. Les Chemises rouges ont investi le quartier dans le calme. Des stands de ventes de nourriture, de tee-shirts à l'effigie de la Première ministre Yingluck Shinawatra, et de son frère Thaksin ont été dressés un peu partout. Dans la foule, beaucoup de personnes âgées venues avec leurs petits enfants. La plupart étaient assises sur des nattes à même le sol, ou sur les passerelles du métro aérien reliant les stations de Chitlom et Siam. Certaines avaient trouvé refuge au sein de la galerie commerciale du supermarché voisin Big C.

Un podium avait été monté où divers responsables du mouvement de l'UDD ont multiplié les discours toute la journée. Ceux critiquant l'ex-Premier ministre Abhisit Vejjajiva, en poste lors des violences de 2010, ont été particulièrement applaudis par le public. Vers 20h30, Thaksin Shinawatra a parlé aux milliers de Chemises rouges massées à Ratchaprasong pour encore et toujours défendre sa s?ur Première ministre.

Jeu politique complexe
Cette commémoration des émeutes de 2010 intervient alors que le gouvernement cherche à amender la constitution afin d'exonérer de toutes poursuites judiciaires les personnes susceptibles d'avoir commis des violences depuis le coup d'État de 2006, qui a renversé Thaksin Shinawatra. Officiellement, cette amnistie générale doit, selon le gouvernement, favoriser la réconciliation générale au sein d'une société profondément divisée. Le Parti démocrate, principale force d'opposition dans le pays, y est, lui, farouchement opposé car elle ouvrirait la porte à un retour au pays de Thaksin Shinawatra. Celui-ci vit en exil depuis 2008 pour éviter de purger une peine de deux ans de prison pour corruption.

L'ex-Premier ministre (2001-2006) veut rentrer au pays pour pouvoir notamment récupérer le milliard d'euros que lui a confisqué la Cour Suprême en 2010 au motif que l'ancien chef du gouvernement aurait profité de sa situation pour s'enrichir personnellement lorsqu'il était en fonction.

Les Chemises rouges s'opposent toutefois à ce que cet amendement couvre la période de mai 2010, car en ce cas, les instigateurs des violences qui ont été commises lors de cette période, échapperaient aux juges. Une éventualité inacceptable pour l'UDD.

LB (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) lundi 20 mai 2013
{loadposition 728-2_bangkok-article}

logofbbangkok
Publié le 18 mai 2013, mis à jour le 19 mai 2013
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos