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Phoenix : « On arrive plus souvent à entrer en transe sur scène »

Par Lionel Girard | Publié le 28/02/2018 à 21:31 | Mis à jour le 12/10/2018 à 01:54
Photo : Les membres du groupe Phoenix : Thomas Mars, Laurent Brancowitz, Christian Mazzalai et Deck d'Arcy
Phoenix Auckland

À l'occasion du festival Auckland City Limits qui aura lieu samedi 3 mars à Western Springs, le Petit Journal Auckland a eu l'occasion d'échanger quelques mots avec Laurent Brancowitz, guitariste du groupe Phoenix. Interview

 

LPJ Auckland : Avant de passer par Auckland, vous participez au Sydney City Limits. Vous expliquiez récemment que la dernière fois en Australie avait été assez spéciale. À quel accueil vous attendez-vous ?

Laurent Brancowitz : (rires) C'est vrai que la dernière fois, on s'est retrouvés à jouer dans un festival de musique électronique très cheap, très bas de gamme. Ça nous a fait beaucoup de souvenirs car on ne se sentait pas du tout à notre place.

On est une bande d'amis et quand on nous propulse dans un monde cauchemardesque, on arrive à en tirer de bons souvenirs. C’était assez pathétique mais drôle en même temps. On avait presque l'impression d'être dans une mauvaise fête foraine.

Il y avait d'autres Français, dont Gesaffelstein, qui fait de la musique électro de qualité, il était presque désolé pour nous. Mais pour cette année, on ne se fait pas de souci.

 

Laurent Brancowitz from Phoenix at Osheaga 2013
Laurent Brancowitz du groupe Phoenix à Osheaga en 2013

 

Le Auckland City Limits marquera votre première venue en Nouvelle-Zélande. Là aussi, à quoi vous attendez-vous sachant que vous clôturez celui-ci ?

En effet, ça sera notre premier concert en Nouvelle-Zélande. Habituellement, les premières fois qu'on joue dans un pays, il y a toujours un bon potentiel. Puis, pour nous, il y a cette émotion de la première rencontre avec le public. On n'a jamais eu de mauvaise expérience jusqu'à présent.

Puis on adore être sur scène. Avec le temps et les tournées qu'on a effectuées, on a réussi à trouver quelque chose sur la scène qui a une valeur poétique.

 

Est-ce vous qui avez choisi la Nouvelle-Zélande comme étape de votre tournée ?

Oui, on maîtrise absolument notre calendrier, on en fait qu'à notre tête (rires). C'est une destination complètement inconnue. Nous avions des dates en Australie, c'était l'occasion de découvrir le pays.

 

À quel show peut-on s'attendre à Auckland ? Peut-il y avoir des similitudes avec celui de Paris à l'AccorHotelsArena ?

Le show évolue en permanence. Quand on a joué à l'AccorHotelsArena, c'était un moment où on avait réussi à trouver ce que l'on recherchait. C'était un mélange de tous les albums. Il faut arriver à dompter les nouveaux morceaux et donner un petit coup de fouet aux anciens. Ça nous a pris du temps pour arriver à la performance qu'on avait en tête.

Ce sont des mois de travail mais dès qu'on l'a, ça devient de plus en plus amusant sur scène, on arrive à s'enlever une certaine pression et faire ce qu'on a envie. Quand la lumière s'éteint, il y a une magie. Le mouvement devient fluide, on entre plus en transe sur scène et on ne contrôle presque plus ce que l'on fait. Aujourd'hui, on arrive souvent à atteindre cet état et c'est hyper agréable.

 

Phoenix
Phoenix à l'Hollywood Bowl en 2017

 

En parlant de la tournée, vous allez enchaîner des dates aux États-Unis puis en Europe. Que passera-t-il après cela ?

Exactement, on est sur un fin de cycle jusqu'à août prochain. Ensuite on va attaquer un nouvel album. Généralement, on fonctionne comme ça, on finit la tournée et on enchaîne ensuite avec le studio. Mais ce sont ces moments là qui sont importants. Actuellement, il y a beaucoup d'émotions et de partage et ils vont nous aider à construire notre prochain album.

 

Avez-vous déjà des idées précises sur ce prochain album ?

On pense à la musique en permanence. Mais, on n'aime pas entrer en studio directement et aborder quelque chose de concret. On a plusieurs étapes dans la conception d'un nouveau disque. En ce moment, on est plus dans la phase du rêve, on divague. C'est important d'être d'abord dans cette phase. Puis, on sait que c'est la phase la plus importante où les choses montent sans forcément s'en rendre compte. L'étape du « concret » arrivera dans les prochains mois.

 

Ce type de tournée à l'international, vous donne-t-elle de l'inspiration ?

Oui, on rencontre beaucoup de monde, on écoute beaucoup de musique sur scène à travers le monde. On découvre de nouvelles cultures.

Puis, on arrive à bien gérer notre emploi du temps. La dernière fois au Brésil, pendant une semaine, on était livrés à nous-même à découvrir le pays. Ces moments-là c'est de l'inspiration à l'état brut.

Mais ça demande beaucoup d'énergie de visiter les pays et d'apprendre. Il faut le vouloir et nombre d'artistes ne le fait pas. Certains artistes n'apprécient pas forcément les tournées car ils ne voient que les salles de concert et passent à côté de beaucoup de nouveautés. 

 

Votre dernier album « Ti amo » est à forte consonance italienne. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Plus on grandit, plus on se détourne un peu des influences anglo-saxonnes, même si elles sont constitutives de notre identité et que les Anglais et les Américains sont assez forts niveau succès populaires. Puis, on était sensibles à cette touche poétique, ce parfum italien. C'est pas du tout la même émotion que la musique anglo-saxonne. Ensuite, on a fait une tournée au Brésil et on a pu ressentir l'influence brésilienne et une différence de culture assez énorme. Mais plus ça va, plus on a envie de créer de nouvelles choses avec de nouvelles couleurs, de nouvelles émotions. On est assoiffés de musiques d'autres pays, ça se fait instinctivement.
 

 

On connaît également le groupe pour ses bandes originales de films et plus particulièrement pour ceux de Sofia Coppola. Y-a-t-il des projets cinématographiques dans votre agenda ?

Non, pas pour le moment. Nous sommes des gens très sentimentaux. Ça n'arrive pas souvent de rencontrer des personnes à qui on pourrait confier la prunelle de nos yeux. On n'est pas du genre à faire ça avec des managers, pour le business, on est toujours à la recherche de la rencontre, d'un feeling avec quelqu'un avec qui travailler. 

 

Retrouvez Auckland City Limits sur - Expat Guide -

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Lionel Girard

Pur produit du sud-est de la France. Diplômé en journalisme audiovisuel et passionné de sport (et plus particulièrement de rugby) de musique et de cinéma, Lionel partage avec joie ses nouvelles expériences.
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