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On a rencontré Bertrand, le kayakiste français

Par Le Petit Journal Auckland | Publié le 28/09/2017 à 08:09 | Mis à jour le 07/11/2017 à 10:07
Photo : Bertrand, kayakiste français en Nouvelle-Zélande
Bertrand, kayakiste français en Nouvelle-Zélande

Bertrand a 26 ans, il vient de Lorraine et il est passionné de kayak. Depuis ses 9 ans, cette course contre la montre où l’on doit descendre une rivière en prenant des portes en descente et montée, c’est devenu le rythme de sa vie. Il nous raconte comment il a pu exporter sa passion jusqu’à l’autre bout du monde.

 

Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? Quelle est ton histoire ? 

Après la seconde, je suis parti à Nancy pour suivre une classe sportive afin de réussir au mieux mon double projet :  évoluer un maximum dans mon sport et valider mes années d'études. J'ai pu atteindre l'élite française en 2012 en passant en nationale 1. C'est une catégorie qui regroupe les 60 meilleurs kayakistes français. Avant de partir en Nouvelle-Zélande, je me classais 38éme Français. Ça a été plus compliqué en ce qui concerne mes études puisque je n'étais pas passionné par un métier en particulier. J'ai suivi des études de conception mécanique un peu par défaut. J'ai réussi à avoir un DUT génie mécanique et une licence en conception. J'ai été embauché tout de suite après en CDI dans une grosse entreprise industrielle qui fabrique du bicarbonate. Je me suis vite rendu compte que ce n'était pas mon élément et c'est pourquoi j'ai tout plaqué pour partir en Nouvelle-Zélande. 

Comment tu t'es retrouvé en Nouvelle-Zélande ?  

J'ai toujours voyagé à travers mon sport. J'ai fait les 4 coins de la France, puis j'ai fait plusieurs tournées européennes. À partir de 2014, je passais mes mois de Janvier à l'étranger pour m'entraîner en kayak dans des meilleures conditions. Je suis parti à Dubaï en 2014, île de La Réunion en 2015 et Australie en 2016. Ces voyages m'ont donné l'envie de voyager davantage. On prévoyait avec 4 autres kayakistes de partir en Nouvelle-Zélande en Janvier 2017. Mon métier ne me plaisait pas, j'ai donc décidé d'y passer l'année en Working Holiday Visa. À la base, l'objectif était de visiter ce magnifique pays, apprendre l'anglais, faire du kayak et des petits jobs pour financer tout ça. J'ai commencé mon trip par 1 mois d'entraînement à Auckland dans les meilleures conditions (voiture de location, maison,...). Ensuite, j'ai acheté un Van et j'ai fait 2 mois de trip sur l'île du Nord à visiter des endroits magnifiques. Il était temps de travailler ! J'ai donc commencé mes recherches avec mon anglais pire que nul ! J'ai mis 1/2 journée à trouver du travail. J'ai commencé en kiwi picking. C'était un job plutôt bien payé mais relativement dur et on travaillait en fonction de la météo. Les semaines de pluies n'était donc pas rémunérées… J'ai ensuite travaillé dans un packhouse. C'était plus régulier et moins épuisant.

Et qu’en était-il du kayak ? 

Après ces petits jobs, j’ai eu une proposition pour travailler en temps qu'entraîneur de kayak à Tauranga. Je devais remplacer l'entraîneur pendant 2 mois. C'était une magnifique expérience. J'ai entraîné les jeunes juniors qui ont participé aux championnats du monde. Je suis vraiment rentré dans la vie des kiwis et c'était super enrichissant. J'ai terminé cette mission le 13 Août. Je me suis vite rendu compte que je pouvais travailler assez facilement dans ce milieu à l'étranger grâce à mon niveau en kayak. J'ai eu une proposition sur l'île du Sud pour un poste similaire. Mais cette fois, un contrat de 6 mois avec un visa de travail (éventuellement prolongeable). J'ai longuement réfléchi car ça sortait un peu de mes objectifs. J'aime ce pays mais j'ai aussi envie de rentrer un peu et découvrir d'autres endroits. Après négociation, j'ai obtenu un contrat jusqu'à la fin de mon Working Holiday Visa. C'est un super compromis car je peux continuer à apprendre l'anglais, gagner de l'argent en faisant ce que j'aime et continuer à voyager. 

 

Lake Taupo
Maori Rock Carvings (Lake Taupo, New Zealand)

 

 "Beaucoup de personnes se laissent guider en fonction de leurs peurs et non en fonction de leurs cœurs."

 

Qu'est ce que tu retiens de cette aventure ? Que conseilles-tu à ceux qui hésitent à se lancer dans un tel projet? 

Je pense que c'est un bon travail sur soi. C'est super intéressant de partir seul. Découvrir qu'on peut s'en sortir sans l'aide de quelqu'un. On apprend beaucoup sur notre personne. Beaucoup de personnes se laissent guider en fonction de leurs peurs et non en fonction de leurs cœurs. Le fait de passer le cap nous enlève cette peur et nous ouvre beaucoup plus de portes sur nos futurs projets. Ensuite, c'est super enrichissant de rencontrer des personnes des 4 coins du monde avec différents points de vues et façons de penser. On se rend aussi vite compte que chaque personne a les mêmes inquiétudes et les mêmes problèmes. Ça nous rapproche un peu du monde et nous aide à relativiser parfois. Si j'ai un conseil à donner à ceux qui hésitent à se lancer, je dirais qu'on a qu'une vie ! C'est une phrase qu'on entend souvent. Beaucoup de personnes en sont conscientes mais très peu le réalisent vraiment. On peut échouer en faisant quelque chose qu'on n'aime pas, alors autant tenter quelque chose que l'on aime. Et très honnêtement, on a souvent peur de l'inconnu et mes plus grosses peurs étaient avant de partir. Elles se sont toutes effacées quand je suis arrivé. Même les moments de galères ont leurs côtés cool ! 

Quels sont tes futurs projets? 

C'est un peu confus dans ma tête. J'aimerais continuer à voyager à travers mon sport tout en préparant mon avenir. Pourquoi pas l'Australie ou les USA et me réorienter dans l'audiovisuel. J'ai aussi pour projet de faire le Tour de France en van avec mon kayak bleu blanc rouge et traverser toutes les villes, rivières et lacs. Découvrir et connaître parfaitement ce pays qui est le mien. 

Qu'est ce que tu regrettes? 

Rien de rien. Non je ne regrette rien (rires). Je ne regrette rien car je ne sais pas forcément ce que je veux mais je sais ce que je ne veux plus. Je n'aimais pas du tout mon travail et ma situation d'avant. J'avais l'impression de passer à côté de quelque chose. 

Quel est ton plus beau souvenir ? 

Le plus beau souvenir c'était une rencontre avec plusieurs personnes des 4 coins du monde. J'étais dans une hot pool naturelle avec des Maoris, Canadiens, Espagnols, Américains, Allemands... Et on a fait un jeu en chanson. On devait dire un nom de poisson dans notre langue et désigner quelqu'un en restant dans le rythme. C'était un moment de partage magique. Le monde devient plus petit d'un coup. 

 

Vector Wero Whitewater Park, Auckland
Vector Wero Whitewater Park, Auckland

 

Interview en bref :

Ce que tu voulais faire étant petit ? Je n'ai jamais voulu faire quelque chose en particulier. J'ai toujours aimé les nouvelles rencontres. Apprendre des autres et découvrir de nouveaux endroits.  

 

Ce que tu aimes le plus dans ce que tu fais? La sensation de liberté. On ressent vraiment cela. On fait ce que l'on veut. On est quand même guidé par notre compte en banque mais on peut travailler où on veut quand on veut et arrêter à n'importe quel moment. On peut se déplacer à un autre endroit si on le souhaite... C'est vraiment la définition de la liberté !  

 

Ce qui te manque le plus de la France ? La nourriture et cette ambiance festive qu'on ne retrouve pas ici. Ma famille et mes amis manquent aussi.  

 

Ce qui te manquerait le plus si tu devais quitter la Nouvelle-Zélande ? Ces paysages et grandes étendues sauvages. La sensation de liberté seul au bout du monde va me manquer aussi. 

 

Ton prochain pays d’expatriation ? Probablement l'Australie ou les USA pour travailler dans le kayak et découvrir le pays.  

 

Ton activité préférée en Nouvelle-Zélande ? Bien sur le kayak sur ces rivières naturelles et lacs magnifiques ! 

 

Les 3 adresses que tu recommandes en Nouvelle-Zélande ? Je n'ai fait que le Nord pour le moment mais sans aucun doute Cathedral coveOmanawa falls et Rotorua

 

Un mot en maori ? Kia ora parce qu'ils le disent tout le temps !

 

Elise Martin pour lepetitjournal.com/auckland - Mercredi 30 août 

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