Édition internationale

La Grèce explore la piste du nucléaire pour sécuriser son énergie

Longtemps absent de la politique énergétique grecque, le nucléaire pourrait désormais faire son entrée dans le débat national. À l’occasion d’un sommet à Paris, Kyriakos Mitsotakis a indiqué que la Grèce allait examiner la possibilité d’utiliser cette énergie pour sécuriser son approvisionnement électrique.

NucléaireNucléaire
Écrit par Rémi Barjolle
Publié le 12 mars 2026

La Grèce a récemment annoncé qu’elle allait étudier la possibilité d’intégrer l’énergie nucléaire dans son mix énergétique, marquant un changement notable dans sa stratégie énergétique. Cette orientation a été évoquée par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis lors du sommet international consacré à l’énergie nucléaire organisé à Paris. Jusqu’à présent, la Grèce ne disposait d’aucune centrale nucléaire et avait principalement misé sur les énergies renouvelables et le gaz naturel pour assurer sa production d’électricité.

Une décision majeure pour la transition énergétique du pays


Lors de ce sommet, qui a réuni de nombreux dirigeants et experts du secteur énergétique, le chef du gouvernement grec a expliqué que son pays souhaitait désormais examiner de manière sérieuse le rôle que pourrait jouer le nucléaire dans sa transition énergétique. Il a notamment déclaré que la Grèce se considérait comme « amie de l’énergie nucléaire », tout en précisant qu’aucune décision définitive concernant la construction de centrales n’avait encore été prise.

L’option étudiée par le gouvernement concerne surtout les petits réacteurs modulaires, souvent appelés SMR. Ces installations nucléaires de taille plus réduite sont présentées comme plus flexibles et moins coûteuses que les centrales nucléaires traditionnelles. Elles pourraient permettre à des pays n’ayant pas d’infrastructure nucléaire existante, comme la Grèce, d’introduire progressivement cette technologie dans leur système énergétique.

Le nucléaire envisagé comme solution de stabilité

Cette réflexion s’inscrit dans un contexte de transformation profonde du secteur énergétique grec. Le pays s’est engagé à fermer progressivement ses centrales au lignite, une forme de charbon particulièrement polluante, d’ici la fin de la décennie. Cette transition nécessite de trouver des sources d’énergie capables de fournir une production d’électricité stable afin de compléter les énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire, dont la production dépend des conditions météorologiques.

Selon le gouvernement, l’énergie nucléaire pourrait contribuer à garantir cette stabilité tout en réduisant les émissions de carbone. Les autorités grecques souhaitent donc étudier les aspects techniques, économiques et réglementaires liés à une éventuelle introduction de cette technologie dans le pays. Un comité d’experts et de responsables gouvernementaux pourrait être chargé d’évaluer les différentes options possibles.

La situation géopolitique du monde comme moteur de la transition

Cette prise de position reflète également une tendance plus large observée en Europe. Plusieurs pays reconsidèrent aujourd’hui le rôle du nucléaire dans leur politique énergétique, notamment en raison des préoccupations liées à la sécurité énergétique et à la lutte contre le changement climatique.

Pour la Grèce, cette annonce ne signifie pas qu’un programme nucléaire sera lancé immédiatement. Elle marque plutôt le début d’un débat national sur les moyens d’assurer l’approvisionnement énergétique du pays dans les décennies à venir. Le gouvernement souhaite ainsi analyser toutes les options disponibles avant de prendre une décision stratégique qui pourrait transformer durablement le paysage énergétique grec.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos