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Économie : la Grèce est félicitée par la Commission européenne

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis se félicite de cet évènement, qui selon lui tourne pour de bon la page difficile que fut la crise de la dette grecque.

Vue de face du bâtiment Berlaymont de la Commission européenneVue de face du bâtiment Berlaymont de la Commission européenne
Écrit par Eliot Chalier
Publié le 3 juin 2026

 

Du point de vue de Bruxelles, cela ne paraît peut-être pas si important, mais c’est une reconnaissance dont Athènes peut être fier : après avoir été humilié pendant une décennie, ciblé par l’acronyme PIGS regroupant les pays à la dette publique élevée et à la gestion financière compliquée, l’État hellène peut enfin se dire réintégré dans la moyenne des économies européennes.

Chaque semestre, la Commission européenne analyse les développements économiques et sociaux dans chaque pays de l'UE, évalue leur mise en œuvre des recommandations adoptées les années précédentes et fournit des propositions d'action dans des domaines politiques spécifiques. Et cette année, la Grèce a été considérée très bonne élève.

 

Un communiqué signifiant pour le concerné

« La Grèce, les Pays-Bas et la Suède sont considérés comme ne connaissant plus de déséquilibres, leurs vulnérabilités macroéconomiques ayant diminué au fil des années », a déclaré la Commission. « L'Italie, la Hongrie et la Slovaquie continuent de connaître des déséquilibres, leurs vulnérabilités restant significatives. La Roumanie continue de connaître des déséquilibres excessifs, ses vulnérabilités demeurant graves. »

Le rapport centré sur la Grèce a salué la forte réduction de la dette mais a noté que, malgré une croissance solide ces dernières années, le PIB réel de 2025 était encore presque 14 % en dessous de son niveau de 2008. « Le revenu par habitant en 2025 était de 68,4 % de la moyenne de l'UE », ajoute-t-il. « La croissance réelle à long terme est estimée à environ 1,5 %, dépassant légèrement la moyenne de l'UE. La convergence économique avec les autres États-membres sera donc lente mais continue. »

 

Un document encourageant mais réaliste

Le rapport indique que la collecte des recettes fiscales s'est améliorée et que l'excédent primaire du budget du pays, qui exclut les coûts de service de la dette, devrait rester supérieur à 3,5 % du PIB malgré un excédent budgétaire général en diminution.                                                          Concernant l’emploi, le chômage est désormais inférieur aux niveaux de 2008, les secteurs embauchant le plus étant la construction, les services sociaux et la santé ainsi que les activités scientifiques et techniques. Cependant, le taux d'emploi reste bien en dessous de la moyenne de l'UE.

De plus, la productivité du travail, malgré une récente augmentation, n'est toujours qu’à 54,6 % de la moyenne de l'UE, alors que la Grèce enregistre le plus grand nombre d'heures travaillées par employé dans l'UE. « Les compétences des jeunes quittant le système éducatif ne correspondent souvent pas aux besoins du marché du travail, tandis que les disparités régionales mettent en péril leur compétitive», souligne le rapport, qui recommande « un meilleur ciblage et suivi des dépenses ».

 

Une évolution sociétale à prendre en compte sur le long terme

Le texte se conclut sur plusieurs points où Athènes est invité à poursuivre ses efforts. En premier lieu, l'effet des prix de l'énergie sur l'inflation et la croissance reste puissant, en raison de la dépendance toujours forte de la Grèce aux combustibles fossiles le plus souvent importés.         Or de l’autre côté, le prix du logement a continué à croître en 2025 (7,8 % environ), et ce au-delà de la croissance des revenus moyens. Point positif, la demande étrangère s’est calmée grâce au durcissement des réglementations sur les programmes de visa doré et la location à court terme. »

Enfin, les tendances démographiques de la Grèce devraient entraîner une diminution d'environ un tiers de la population en âge de travailler d'ici 2070. Cela exerce une pression supplémentaire sur les « zones où des soins de santé, une éducation, des transports publics insuffisants et une infrastructure numérique faible provoquent un exode rapide de la population ».                                Par ailleurs, le manque de solutions adéquates pour la prise en charge des enfants et des personnes âgées continue de limiter la capacité des femmes à concilier vie familiale et vie professionnelle.

 

 

 

 

 

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