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LAURENT COUSON – “Mon salut artistique est venu de l’Asie”

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Écrit par Lepetitjournal Alger
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

Auteur, compositeur, interprète, Laurent Couson évolue avec un égal bonheur entre le jazz, le classique et la musique pop. Collaborateur attitré de Claude Lelouch depuis 10 ans dont il écrit les musiques de films et fait l’acteur, Laurent se produit régulièrement en Chine, et co-écrit actuellement le scénario d’un film sur Bangkok. Rencontre avec un génial touche-à-tout qui se produira le 1er octobre lors du gala de charité de la Chambre de commerce franco-thaïe.

Le Petit Journal.com : Laurent Couson, que vous inspire Bangkok ?

Laurent Couson : C’est une ville où je me sens bien. J’y viens en moyenne deux mois par an depuis dix ans. Actuellement, j’y séjourne un peu plus régulièrement, car je travaille avec l’écrivain François Lelord, un autre amoureux de Bangkok, à un projet de film qui se déroule dans cette ville. L’histoire raconte les destins croisés de plusieurs couples dont l’existence va se trouver bouleversée, suite à une série d’événements. Je souhaite que le tournage ait lieu en 2014. C’est plus simple pour moi d’être sur place, de travailler dans l’univers même du film. Ce projet me tient particulièrement à cœur, d’autant que le cinéma thaïlandais est d’un très haut niveau. Aussi bien les techniciens, que les acteurs sont de qualité. Ce sera une production française, thaïlandaise et chinoise, puisque l’un des couples du film sera originaire de ce pays. Sur du plus long terme, j’aimerais développer en Thaïlande une structure permettant de produire et d’enregistrer des musiques de film. C’est un peu le parent pauvre de l’industrie cinématographique ici, et c’est dommage, car il y a des techniciens et des artistes de grand talent.

Quelle est votre relation avec la Chine ?

Chaque mois, je travaille en Chine. Je me produits en concert, je collabore à des musiques de film et je joue dans certains longs-métrages. Mes premières collaborations remontent à 2010. J’avais rencontré un tourneur qui faisait venir des artistes français en Chine. Ma première tournée fut un succès et depuis les choses se passent bien. Les Chinois adorent le côté “French Lover“, et aiment bien ma façon de travailler. Ils sont un peu en pénurie de compositeurs dans le jazz, la musique classique, et capables de jongler entre plusieurs univers comme je sais le faire.

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Laurent Couson se produira en duo avec la chanteuse thaïlandaise Aom Yodsalong mardi 1er octobre au Grand Hyatt Erawan de Bangkok dans le cadre du gala annuel de charité de la Chambre de commerce franco-thaïe. Ils interpréteront des standards de la chanson française et des morceaux du dernier album de Laurent Couson, Les raisons de s’en faire. Il sera de retour à Bangkok fin novembre avec la chanteuse de jazz Mina Agossi.

La Chambre de commerce franco-thaïe, partenaire du PetitJournal.com Bangkok, tient à remercier ses généreux sponsors pour leur soutien dans l'organisation de cette soirée de gala.

Quelles sont les différences de travail entre la Chine et la France ?

En Chine, il y a du respect, de la curiosité, de l’envie… Autant de notions, aujourd’hui, un peu perdues en France. Dans notre pays, il est très dur de rencontrer les gens. La Chine m’a, elle, par contre, ouvert grand ses portes. Les Chinois jugent le savoir-faire d’un artiste, c’est tellement agréable. En France, il me semble que la seule échelle de valeur qui importe est celle du succès. Dans le domaine artistique, c’est discutable.

Vous suivez pourtant aussi une belle carrière en France ?

Oui, mais c’est plus dur. En France, je dois souvent produire mes spectacles, avec tous les risques financiers que cela comporte. En Chine, je suis beaucoup plus entouré, les salles sont pleines, les gens manifestent une autre envie. Mon salut artistique est venu de l’Asie, mais je n’oublie pas que je le dois à Claude Lelouch.

Pour quelle raison ?

J’ai joué le rôle-titre dans son film Ces amours-là (2010). Ce long-métrage a été projeté dans plusieurs pays et cela m’a ouvert plein de portes à l’étranger, dont la Chine. Par contre, en France, je n’ai eu aucune proposition. Nul n’est prophète en son pays, mais c’est un petit peu dommage que mon profil ne suscite pas davantage de curiosité dans le monde cinématographique français. Je me suis fais une raison, et je vis principalement ma vie d’artiste à l’étranger.

Comment vous êtes–vous lancé dans le cinéma ?

J’ai passé trois ans dans la Maison de Radio France. J’y étais compositeur dans un circuit de musique contemporaine pur et dur. J’y ai passé de très belles années, et j’y ai fait de formidables rencontres qui ont changé ma vie. Celle avec Didier Lockwood m’a notamment permis de m’intéresser au jazz. Il me semblait que le cinéma était le seul domaine où je pouvais mêler jazz, pop, classique. En matière de musique, je pense que tout a, à peu près, été inventé. Il reste le mélange des genres à explorer. J’ai frappé à la porte de plusieurs metteurs en scène. Celle de Claude Lelouch s’est ouverte… Cet été, j’ai tourné dans son dernier film, Salaud, on t’aime avec Johnny Hallyday. Lelouch tout comme Luc Besson, avec qui j’ai aussi collaboré, je les admire pour leur indépendance et leur sens de l’initiative. En France pourtant, dans le domaine artistique, ces deux qualités ne sont pas toujours très bien vues, et peuvent même être considérées comme suspectes, hélas !

Propos recueillis par LB (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) lundi 30 septembre 2013
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lepetitjournal.com Alger
Publié le 29 septembre 2013, mis à jour le 8 février 2018

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