Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 18 janvier 2015
Le correcteur de Charlie Hebdo, MustaphaOurrad, a reçu, hier et aujourd'hui, les hommages de son village natal, Ait Larbaa, en Kabylie.
Un vibrant hommage a été rendu hier, jeudi, et aujourd'hui par les habitants du village Ait Larbaa à Mustapha Ourrad, le correcteur de Charlie Hebdo, le journal satirique français qui a fait l'objet, le 7 janvier dernier, d'une fusillade meurtrière qui s'est soldée par la mort de 12 membres de la rédaction alors que 6 autres ont été blessés.
Le domicile des Ourrad a été assailli, dés 10 H, par une foule nombreuse. Des personnes d'âges différents étaient venues rendre un ultime hommage à celui qu'on surnommait ici ?'Mustapha Baudelaire''. Plusieurs des anciens amis du correcteur de Charlie Hebdo ont alors pris la parole pour convoquer leurs souvenirs de jeunesse, raconter des moments partagés avec lui ou décrire ce qu'il était à un moment ou un autre dans sa vie. «Mustapha était un homme auxquels le livre collait à la main, même s'il avait goûté très jeune à l'amertume de la vie, car orphelin de mère à deux ans et de père à sept ans, il n'avait jamais manqué d'énergie et d'excellence. Pour preuve, il avait obtenu son bac à 17 ans et il avait entrepris des études en médecine qu'il n'avait toutefois pas tardé à interrompre pour partir en France en 1981», témoigne Djaffar Ourrad, un cousin du défunt. «Il avait un parcours difficile, il se cherchait puis il a fini par se retrouver à Paris où il a choisi de vivre tout en continuant sur la voie de l'excellence. Aujourd'hui, il est une perte pour nous, pour Ben Yenni et pour l'Algérie », assure Ouidir Cherif, un ancien compagnon d'adolescence.
Plus d'une heure durant, du beau monde s'est relayé au micro pour raconter « l'homme à la sensibilité à fleur de peau », « l'homme au costume gris et au livre à la main », «l'homme à la clairvoyance prématurée », «l'homme discret et qui aimait partager» qu'était Mustapha Ourrad. L'imam de la mosquée n'a pas été du reste même s'il n'a jamais connu celui-ci.«Ces prétendu défenseurs de la religion n'ont rien à avoir ni avec le prophète ni avec la religion et ni avec Dieu qui donne la vie», fulmine-t-il.
Dans la soirée de jeudi, une veillée religieuse et une prière de l'absent ont été organisées à la mémoire de la victime.
Hamid Larbaoui (www.lepetitjournal.com/alger) vendredi 16 janvier 2015