

Théâtre de graves violences inter-communautaires durant presque toute l'année 2014, la ville de Ghardaia a connu à nouveau quelques remous.
Après une accalmie de plusieurs mois, la ville de Ghardaïa, dans le sud algérien, renoue avec la violence. Cette localité, où le vivre ensemble entre Mouzabites et Arabes est sérieusement mis à mal, a vécu des moments très agités dans la nuit du samedi 16 mai à dimanche 17 mai. Trois quartiers de la vielle cité mozabite (El-Kourti, Ben Ghanem et Chaâbat El-Telli) ont été le théâtre de violentes échauffourées.
Chauffés à blancs, de jeunes représentants de la communauté arabophone de la wilaya ont pris à partie les forces de la gendarmerie. Ainsi, la ville a vécu, plusieurs heures durant, au rythme de violents heurts. Les escarmouches se sont poursuivies jusqu'à la matinée d'aujourd'hui, et se sont soldées par de nombreux blessés, dont une quinzaine d'éléments anti-émeute de la gendarmerie nationale. A l'origine de cette nouvelle violence, expliquent des sources locales, le caillassage d'un véhicule par des jeunes non identifiés, au lieudit Chaâbat El-Telli, avant que d'autres jeunes ne s'en prennent au dispositif de maintien de l'ordre de la gendarmerie, déployé à titre préventif dans le quartier d'El-Kourti, proche du lieu de l'incident, en leur lançant des pierres et des cocktails Molotov.
Durant toute la nuit, le quartier a été le théâtre de jets de pierres et de bombes lacrymogènes. Les affrontements ont eu lieu entre les jeunes et également avec les forces antiémeute de la gendarmerie qui ont recouru au gaz lacrymogène pour disperser les jeunes et contrôler la situation. Outre le nombre de blessés, au moins trois (03) habitations et trois (03) véhicules ont été saccagés puis incendiés dans ces violences survenues dans le quartier d'El-Kourti. Cette situation a provoqué la fermeture de l'ensemble des commerces et le blocage de la circulation et du trafic routier dans ce quartier ainsi qu'un débrayage dans les établissements scolaires situés dans les quartiers d'El-Kourti et de Ben Ghanem.
Pour tenter de ramener le calme dans cette wilaya, un renfort des brigades d'intervention rapide de la gendarmerie, appuyé par un hélicoptère, a été déployé pour renforcer le dispositif de sécurité mis en place par les pouvoirs publics depuis le début des événements de Ghardaïa, afin de préserver et de sécuriser les personnes et les biens, privés et publics. Durant la journée d'aujourd'hui, la ville a, certes retrouvé le calme, mais la population locale reste inquiète. Elle appréhende l'éclatement de violences communautaires similaires à celle qui ont embrasé la région durant la période allant de 2013 à 2014.
Amar Chaabane (www.lepetitjournal.com/alger) dimanche 17 mai 2015





