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TUNISIA 2045 - "Vous savez ce que Paris est devenu maintenant ?!"

Par Lepetitjournal Alger | Publié le 17/02/2016 à 09:04 | Mis à jour le 16/02/2016 à 11:12

 

Le média indépendant égyptien Egyptian Streets titrait dans sa Une le 11 janvier 2016 « Que se passerait-il si les Européens devenaient réfugiés en Afrique ou au Moyen-Orient ? ».  Ce titre faisait référence à Tunisia 2045, un court métrage du réalisateur français Ted Hardy-Carnac qui explore ce qui pourrait advenir si le mouvement actuel de migration était renversé.

photo tirée de Tunisia 2045

Alors que plus d'un million de réfugiés et de migrants en provenance de Syrie et d'autres pays entrent en Europe en espérant reconstruire leurs vies, la controverse s'étend à travers le monde nommant le flux des arrivées « la crise migratoire ». « Ce film est né en réaction à des discours de repli sur soi et à une nécessité de rappeler que les situations ne sont pas figées et qu'être migrant ou accueillant n'est le plus souvent qu'une question de chance à la naissance. Inverser les rôles, c'est demander au spectateur de se mettre à la place de l'autre, c'est donc essayer de passer par-dessus les situations particulières, les circonstances historiques et géopolitiques, pour mettre en lumière l'enjeu humain, qui lui nous concerne tous» explique Ted Hardy-Carnac.

Tunisia 2045 raconte une situation hypothétique dans laquelle un père et sa fille, en provenance de France, cherchent refuge en Tunisie. « J'aimais imaginer un futur où la Tunisie avait réussi à s'installer dans une stabilité démocratique et représentait l'espoir pour les émigrés européens en détresse ». L'histoire a lieu dans un bureau de l'immigration et relate les épreuves que les demandeurs d'asile traversent dans leur démarche. « Je suis désolée, je ne peux rien faire » annonce une employée du service de l'immigration Tunisien, au père et sa fille. « Le quota de réfugiés européens a déjà été atteint, je suis désolée ». Le père la prie de reconsidérer son point de vue « Vous savez ce qui est en train d'arriver en Europe », plaide-t-il, « Vous savez ce que Paris est devenu maintenant. » « Je fais juste mon travail Monsieur » répond la dame froidement. « Je ne peux rien faire ». Et le réalisateur de poursuivre « les spectateurs s'identifient aux personnages, ils ressentent la détresse du père et de sa fille, ils comprennent l'attitude de la Tunisienne tout en espérant qu'elle finira par aider le Français.  (?) Le film ne condamne personne, il montre des individus qui essaient de se débattre avec la situation, le rôle et les responsabilités qui sont les leurs. Tunisia 2045 était plutôt écrit pour être vu par des Européens mais il a aussi trouvé un large public tunisien, souvent très enthousiaste ! Beaucoup de Tunisiens m'ont dit qu'ils rêvaient de voir leur pays devenir une terre d'accueil, un eldorado démocratique tel que celui imaginé dans le récit ».

                                                                                                           Ted Hardy-Carnac, réalisateur

Le film concourt au Nikon Film Festival qui met en compétition des courts métrages d'une durée de 140 secondes maximum. Le thème imposé de cette sixième édition, présidée par l'acteur français Jacques Gamblin, s'intitule « Je suis un geste ». « La thématique du geste correspondait avec l'angle sous lequel je voulais aborder mon sujet. C'est-à-dire celui de la responsabilité individuelle, du ?geste? qu'on peut faire pour aider un migrant en détresse. J'ai donc décidé de me lancer dans l'aventure, sans budget et dans une logique d'autoproduction. J'ai rencontré, pour chaque rôle, de nombreux acteurs professionnels formidables, prêts à travailler sur le film sans être payés, très engagés dans le projet et extrêmement talentueux. Ils sont le c?ur battant du film ».

Sur plus de 1000 films participant à la compétition, Tunisia 2045 fait partie des 50 films nominés par le comité de sélection du festival. Le jury communiquera les noms des courts-métrages lauréats le 18 février 2016. « Derrière les désastres à grande échelle, ce sont bien des destins individuels qui se jouent. J'aimerais que le spectateur soit touché par ce papa et par sa petite fille, et aussi par le dilemme qui se présente à la tunisienne. Au-delà de tout contexte politique, comment réagir face à la détresse d'un inconnu ? Comment l'aider ? Comment s'émanciper d'un ordre quand celui-ci ne correspond pas à ce que nous pensons être le bien ? Ce sont aussi ces problématiques universelles et intemporelles qui sont au c?ur de Tunisia 2045» conclut Ted Hardy-Carnac.

Virginie Houet (www.lepetitjournal.com) mardi 16 février 2016

Le film « Tunisia 2045 » : www.festivalnikon.fr/video/2015/1391

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