Emploi : modification du visa "Essential Skills" en Nouvelle-Zélande

Par Madeleine Goujon | Publié le 23/07/2020 à 16:50 | Mis à jour le 30/07/2020 à 07:05
Photo : Le Gouvernement va mettre en place, à partir du 27 juillet certains changements sur les visas de travail temporaire assistés par l’employeur (Photo Unsplash)
Essential Skills visa NZ compétences essentielles

Dans la continuité de l’annonce du 7 juillet de l’ex-ministre de l’Immigration, Iain Lees-Galloway, le Gouvernement Néo-Zélandais a mis en place depuis le 27 juillet certains changements sur les visas de travail temporaire dits "essential skills". Ces modifications visent notamment à s’assurer que les travailleurs migrants ne prennent pas la place des travailleurs néo-zélandais.

Une nouvelle méthode d’indicateur de compétence permet désormais de déterminer la durée pour laquelle un travailleur migrant, titulaire d’un visa de compétences essentielles (essential skills), peut rester en Nouvelle-Zélande. Les conditions des visas diffèrent selon le type d’emploi occupé par le migrant : un emploi moins qualifié, moyennement ou plus qualifié (lower-skilled/ mid-skilled/ higher-skilled). Ces indicateurs de compétences étaient jusqu’alors calculés à partir de la rémunération et de la classification australienne et néo-zélandaise des professions (ANZSCO). Depuis le 27 juillet, un salaire médian de 25,5 dollars néo-zélandais de l’heure viendra remplacer ce système. Les conditions des visas dépendront de la rémunération du travailleur migrant titulaire du visa, selon qu’elle est inférieure ou supérieure ou égale au salaire médian.

Une rémunération inférieure au salaire médian

Les travailleurs migrants dont la rémunération au taux horaire est inférieure au salaire médian ne pourront obtenir qu’un visa de 12 mois, réduit à six mois en raison de la pandémie du COVID-19. En effet, pour les prochains 18 mois (entre le 10 juillet 2020 et le 10 janvier 2022), le Gouvernement ne devrait délivrer que des visas de six mois pour cette catégorie. Les travailleurs devront, au bout de 3 ans de renouvellement du visa, quitter le territoire néo-zélandais pendant 12 mois avant de pouvoir demander un autre visa. Là encore, en raison de la pandémie du COVID-19, le Gouvernement a décidé de retarder cette période de six mois, si le visa d’origine devait expirer entre le 10 juillet et le 31 décembre 2020.

Les partenaires de ces travailleurs migrants pourront uniquement obtenir un visa de visiteur en raison de leur relation. S’ils désirent travailler, ils devront postuler à un visa de travail, une fois sur place en Nouvelle-Zélande. Leurs enfants à charge pourront obtenir des visas de visiteur ou d’étudiant, seulement si le seuil de revenu minimum du travailleur est égal à 43 322,76 $ NZD par an.

Pour ce type de travailleurs, les employeurs devront fournir un rapport de concordance des compétences (Skills Match Report) et montrer qu’ils ont véritablement tenté d’embaucher des Néo-Zélandais (citoyens ou résidents) plutôt que des étrangers.

Une rémunération supérieure ou égale au salaire médian

Les visas de compétences essentielles des travailleurs migrants dont la rémunération est supérieure ou égale à 25,5 dollars de l’heure seront accordés pour trois ans (au lieu de cinq ans précédemment). Les partenaires de ces travailleurs – aux emplois dits « les plus qualifiés » –pourront obtenir des visas de travail ou de visiteur, et leurs enfants à charge des visas de visiteurs ou d’étudiant.

Pour ces travailleurs avec une rémunération supérieure ou égale au salaire médian, les employeurs devront seulement montrer avoir véritablement tenté d’embaucher des Néo-Zélandais plutôt que des étrangers (notamment en ayant fait la publicité pour le poste en question).

Le calcul du salaire

Le calcul de la rémunération du travail en fonction du salaire médian est réalisé à partir du taux horaire. Si le contrat de travail prévoit un salaire fixe mais une fourchette d’heures de travail, le calcul du taux horaire n’est pas fait en fonction d’une moyenne d’heures travaillées, mais en fonction du nombre maximum d’heures travaillées.

Les changements s’appliqueront pour toute demande de visa ou renouvellement de visa de compétences essentielles à partir du 27 juillet. Si les demandeurs de visa se trouvent hors de la Nouvelle-Zélande, ils restent soumis aux restrictions frontalières toujours en vigueur.

 

Madeleine Goujon

Madeleine Goujon

Éprise de problématiques environnementales et culturelles, j’ai une double formation en droit et en journalisme. Pour le moment en télétravail depuis la France, j’espère rejoindre la Nouvelle-Zélande au plus vite.
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Nicolas Roger

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