Édition internationale

HKUST devient le laboratoire du rétrofit bas carbone français à Hong Kong

Onze mois après un premier accord stratégique signé lors de la Hong Kong Green Week, l’Université des sciences et technologies de Hong Kong (HKUST) et la Team France franchissent une nouvelle étape. Deux nouveaux accords ont été signés le 8 juillet à la Résidence de France : le premier lance concrètement un contrat de performance énergétique sur un bâtiment pilote du campus, tandis que le second prépare un vaste programme de rénovation des bâtiments universitaires. Une initiative qui pourrait ouvrir la voie à un nouveau marché du rétrofit énergétique à Hong Kong.

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Écrit par Didier Pujol
Publié le 8 juillet 2026

Nous passons de l’intention à la mise en œuvre

Le partenariat engagé entre HKUST et la Team France entre dans sa phase opérationnelle. Réunis à la Résidence de France, les représentants de l’université, des entreprises françaises Veolia, Bouygues Construction, Schneider Electric et Saint Gobain, d’Invest Hong Kong, des Conseillers du Commerce Extérieur de la France, du Consulat de France et de la French Chamber étaient présents pour l’officialisation de deux nouveaux accords destinés à accélérer la décarbonation du campus.

Cette deuxième étape intervient près d’un an après la signature du premier protocole d’accord présenté lors de la Hong Kong Green Week 2025, qui avait posé les bases d’une coopération entre HKUST, Veolia et Schneider Electric autour de la rénovation énergétique des bâtiments existants.

Le premier document signé le 8 juillet est un contrat de performance énergétique (Energy Performance Contract - EPC) conclu entre HKUST, Veolia et Schneider Electric. Il transforme le protocole d’accord de septembre dernier en programme opérationnel sur le bâtiment Lee Shau Kee Business Building, première vitrine technologique du projet.

« Nous passons désormais de l’intention à la mise en œuvre », a résumé le professeur Kar Yan Tam, président par intérim de HKUST, rappelant que ce modèle repose sur des objectifs mesurables et une responsabilité clairement définie.

Le second protocole d’accord associe cette fois HKUST, Dragages Hong Kong — filiale de Bouygues Construction — et Veolia afin de préparer une rénovation beaucoup plus ambitieuse de l’ensemble du campus, notamment des résidences étudiantes et d’autres bâtiments universitaires.

 

Un modèle qui financé grâce aux économies d’énergie 

Au-delà des innovations technologiques, le projet introduit à Hong Kong un modèle encore peu utilisé : le contrat de performance énergétique.

Dans ce dispositif largement développé en Europe, l’investissement initial est porté par les entreprises partenaires. Les travaux sont ensuite remboursés progressivement grâce aux économies d’électricité effectivement réalisées, sans investissement de départ pour le propriétaire du bâtiment. Le risque technique est assumé par les entreprises qui garantissent contractuellement le niveau des économies promises. Si les performances sont supérieures aux objectifs, les gains supplémentaires sont partagés entre les partenaires.

La première phase prévoit notamment le remplacement de plus de 800 moteurs de ventilation par des moteurs à haut rendement ainsi que l’installation de contrôleurs intelligents pilotés par intelligence artificielle afin d’adapter automatiquement la climatisation à l’occupation réelle des salles de cours. Selon les études techniques menées depuis plusieurs mois, ces solutions pourraient permettre des économies d’électricité comprises entre 25 % et 67 % selon les usages.

Pour Laurent Pelletier, directeur général de Veolia Hong Kong et Taïwan, l’enjeu dépasse largement la seule démonstration technique.

« Ce que nous voulons avant tout démontrer, c’est que ce modèle économique fonctionne. Plus les économies sont importantes, plus le projet est performant. C’est un mécanisme gagnant pour tous. »

 

Faire de HKUST un démonstrateur pour Hong Kong

Pour la consule générale de France à Hong Kong et Macao, Christile Drulhe, cette coopération s’inscrit pleinement dans les engagements communs de la France et de Hong Kong en faveur de la neutralité carbone.

Elle a rappelé que les bâtiments constituent la première source d’émissions de carbone de Hong Kong et que la rénovation des immeubles existants sera indispensable pour atteindre les objectifs climatiques fixés à l’horizon 2050.

Selon elle, les technologies françaises actuellement disponibles permettraient déjà de réduire d’au moins 30 % la consommation énergétique de nombreux bâtiments universitaires grâce au rétrofit.

Mais l’ambition dépasse largement le seul campus universitaire.

Soutenue par Invest Hong Kong, sous l’impulsion de sa directrice générale Alpha Lau, cette opération doit servir de projet pilote susceptible d’être reproduit à l’échelle de la ville.

L’enjeu est considérable : près de 90 % des bâtiments qui existeront à Hong Kong en 2050 sont déjà construits aujourd’hui. Le développement d’un véritable marché du rétrofit représente donc un levier majeur de réduction des émissions tout en créant de nouvelles opportunités d’investissement et d’innovation.

« Une mobilisation collective de la Team France »

Au-delà des entreprises signataires, cette initiative illustre la mobilisation coordonnée de la Team France autour des enjeux de transition énergétique.

Autour de Veolia, Schneider Electric et Dragages Hong Kong, plusieurs acteurs français ont participé à la construction du projet, notamment Saint-Gobain et d’autres partenaires industriels appelés à rejoindre progressivement le programme.

Le Consulat général de France a joué un rôle moteur depuis l’origine en réunissant les partenaires académiques, industriels et financiers. Les Conseillers du Commerce extérieur de la France (CCEF), présidés à Hong Kong par Patrick Delpy, ont accompagné les entreprises françaises dans la structuration du projet, aux côtés de la Chambre de commerce et d’industrie française à Hong Kong.

La consule générale a également salué le rôle déterminant d’Invest Hong Kong dans la mise en relation avec les autorités locales et dans la promotion de ce modèle de financement innovant, susceptible d’être étendu demain aux bâtiments publics, aux hôpitaux ou encore aux infrastructures gouvernementales.

 

Une vitrine du savoir-faire français dans la ville durable

Pour la France, ce partenariat constitue une démonstration concrète de l’expertise de ses entreprises dans les domaines de l’efficacité énergétique, des bâtiments intelligents, du financement innovant et de la construction durable.

Pour Hong Kong, il ouvre la perspective d’un nouveau marché capable d’accélérer la rénovation d’un parc immobilier vieillissant tout en limitant les coûts d’investissement grâce aux contrats de performance énergétique.

Comme l’a souligné Jonathan Chiu, directeur général de Schneider Electric Hong Kong, « les technologies existent déjà. La véritable question n’est plus pourquoi ni comment, mais quand commencer. »

Après plusieurs années de préparation et onze mois de travail technique depuis la signature du premier protocole d’accord, HKUST devient ainsi un véritable laboratoire grandeur nature de la transition énergétique urbaine, avec l’ambition affichée de faire école bien au-delà de son campus.

 

Didier Pujol
Publié le 8 juillet 2026, mis à jour le 8 juillet 2026
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