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Élection du gouverneur de Bangkok : les promesses et le reste

À dix jours du scrutin, les habitants et les associations qui les représentent veulent de l'air respirable, des bus qui passent et des trottoirs qui ne coûtent pas une fortune à louer.

Rue de BangkokRue de Bangkok
Écrit par Baptiste PICOT
Publié le 18 juin 2026


 

Le 28 juin 2026, Bangkok élit son gouverneur parmi dix-huit candidats. Trois concentrent l'attention.

Chadchart Sittipunt, gouverneur sortant, se présente en indépendant pour un second mandat. Quatre ans de gestion visible, sans appartenance partisane, un style direct qui lui vaut 67,3% des intentions de vote dans le sondage de l'Institut national d'administration du développement (NIDA Poll) publié le 7 juin 2026. Voici donc, selon toute vraisemblance, le prochain gouverneur.

En face, Chaiwat Sathawornwichit, médecin et vice-président du Parti du peuple (PP), surnommé « Dr Jo », représente le camp du changement par la technologie. Son projet phare est d'utiliser l'intelligence artificielle pour surveiller les marchés publics de la mairie en temps réel, afin de bloquer la corruption à la source. Le PP avait raflé les 33 sièges de circonscription de Bangkok aux législatives de 2026 ; son candidat plafonne pourtant à 8,2% dans le même sondage. Troisième, Anucha Burapachaisri porte les couleurs du Parti démocrate sur une plateforme en trois adjectifs : « pratique, propre, confortable ».

Les jeunes Bangkokois, eux, regardent plutôt du côté du PP. Transparence, réforme institutionnelle, coût de la vie : ce sont les thèmes que le Parti du peuple mobilise pour capter un électorat urbain qui avait voté massivement progressiste aux législatives. Pour l'instant, ça ne suffit pas à combler l'écart.

 

Ce que Bangkok demande vraiment

 

Le Bangkok Post a interrogé plusieurs représentants de la société civile cette semaine. La liste de leurs attentes n'a rien de surprenant. Ce qui surprend, c'est qu'elle ressemble trait pour trait à celle de 2022.

Sanga Ruangwattanakul, président de l'Association des commerçants de Khao San Road, réclame un registre transparent des vendeurs de rue. Trop de permis sont obtenus pour être sous-loués à prix fort, au détriment des petits opérateurs sans revenus. Il formule la chose ainsi : « Les autorités doivent cesser de recourir aux amendes, qui ne résolvent pas le problème à la racine. »

Alexander Rendell, directeur général du Environmental Education Centre Thailand et militant environnemental, rappelle que les particules fines PM2.5 ne sont pas un problème environnemental abstrait. « L'air propre est un droit fondamental, rappelle-t-il. Certains peuvent éviter la pollution en restant à l'intérieur avec la climatisation mais beaucoup d'autres n'ont pas d'autre choix que de passer leurs journées dehors. »

Narumol Mekborisut, directrice adjointe de la protection des consommateurs à la Foundation for Consumers, signale que des lignes de bus supprimées forcent des personnes âgées à enchaîner les taxis pour aller chez le médecin.

Sompong Patpui, secrétaire général de la Grassroots Development Foundation, formule ainsi ce que les autres sous-entendent : « le gouverneur ne peut pas tout faire seul. Il doit avoir une équipe capable de concrétiser les politiques jusqu'à la mise en œuvre. Sinon, les instructions disparaissent une fois qu'elles entrent dans la bureaucratie. »

Chadchart Sittipunt a lui-même reconnu des allégations de corruption visant son administration durant son premier mandat. Il propose même une IA pour y remédier.
Les habitants, eux, demandent surtout un bus à l’heure.

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