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Naomi Delophont, la vie devant soi

Par Julien Apaloo | Publié le 22/04/2019 à 00:00 | Mis à jour le 23/04/2019 à 10:10
Naomi Delophon LFV Varsovie

A 17 ans, Naomi est en 1e ES et semble déjà avoir vécu 6 vies. En septembre dernier elle entamait déjà sa 4e rentrée au Lycée français de Varsovie. Entre ses différentes activités sportives, sa pratique du violon et son engagement au Lycée, nous sommes parvenus à trouver le temps de discuter de ce que représente un changement complètement d’environnement et de construire un parcours dans un nouveau pays. LepetitJournal.com/Varsovie vous propose de découvrir le portrait d’une lycéenne pleine de vie et qui semble n’avoir que le ciel pour limite.

 

« Mon grand-père maternel était polonais, raconte la jeune lycéenne, il venait d’un village à la frontière ukrainienne», mais elle précise cependant que c’est par pur hasard qu’elle se retrouve aujourd’hui à Varsovie.  « Ma mère est professeur de SVT et a été affecté au Lycée français de Varsovie». Si elle est d’abord restée à Nancy, Naomi l’a finalement rejointe un an après avec l’idée de découvrir « un nouveau pays, de nouvelles traditions et de nouvelles cultures». Une entreprise logique pour cette lycéenne intéressée par la sociologie et l’étude des comportements. Elle déplore d’ailleurs « la pression sociale à devoir utiliser les réseaux sociaux», une source de mal-être psychologique  et d’effets négatifs sur la santé qu’elle a pu étudier lors de son Travail Personnel Encadré (TPE) dont l’examen se déroulera en fin d’année scolaire.

« Je sais que je pourrais devenir accro donc j’essaie de limiter mon usage», assure Naomi qui n’utilise que WhatsApp pour « rester en contact avec mon père, mon frère qui sont en France et ma sœur qui vit aux Etats-Unis».

 

COURIR POUR CONQUERIR

En posant ses valises dans la capitale polonaise, Naomi n’avait qu’un objectif en tête : retrouver un club d’équitation. Passionnée de chevaux, la lycéenne montait au Centre équestre Drouot  qui a malheureusement fermé depuis. Elle a continué en Pologne mais pas autant qu’elle l’aurait voulu. En effet, outre l’équitation, Naomi a pratiqué l’athlétisme pendant longtemps.  En France au club de Nancy  d’abord puis à l’UKS Sprint 2020 à Varsovie. « Ce que j’aimais beaucoup c’était le fait de pouvoir être avec les copines», dit-elle mais rapidement elle fait des progrès et multiplie les compétitions, championnat du grand Nancy, championnat de Lorraine, championnat de Meurthe et Moselle, Pointe d’or, … et les disciplines : « J’ai fait du 80m haie, du saut en hauteur, du triple saut, du saut en longueur et du lancer de poids» !

A Varsovie, elle a rajouté une corde à son violon : le relais qu’elle adoré se rappelant qu’à ce moment outre l’aspect individuel de la discipline, c’est « l’esprit d’équipe qui primait». Celle qui a disputé les championnats de Varsovie et les championnats de la région se remémore des moments de compétitions, les étoiles plein les yeux. « J’étais la dernière du relais et du coup je portais tout le poids du travail des autres ! Quand on voit le relais précédent arrivé, on sent la pression qui monte et on se met à courir… en plus dans la dernière ligne droite on a aussi l’excitation du public», dit-elle en précisant avec le sourire qu’il y avait malheureusement peu de public en athlétisme. 

 

Aujourd’hui, Naomi continue le sport même si elle ne participe plus à des compétitions. Pour elle c’est important de conserver une bonne condition physique, « c’est une grande partie de ma vie ». La lycéenne court en moyenne trois fois par semaine dans les parcs de Varsovie où elle croise des biches, une habitude qu’elle adore et qui lui « permet d’évacuer le stress». 

 

« LE DISCO-POLO C’EST ORIGINAL » 

Si le sport est une passion immense pour Naomi, la musique occupe également une place essentielle dans son emploi du temps. En effet, aujourd’hui inscrite à l’école de musique de Miodova, Naomi joue du violon depuis 10 ans. Oui, une décennie. « Au collège j’étais en classe aménagée musique avec le conservatoire», raconte la jeune fan de Beyoncé et de Jorja Smith qui depuis qu’elle est à Varsovie a retrouvé un véritable amour pour l’instrument. « En France, on accentue énormément l’apprentissage sur le solfège et la théorie alors qu’ici on fait beaucoup plus de pratique instrumentale », remarque la jeune femme qui pose maintenant « un regard nouveau 

sur la musique ».

 

C’est donc naturellement qu’elle s’est engagée dans l’Orchestre des Lycées Français du Monde avec lequel elle participe à deux sessions par an. Après un séjour à Madrid au mois de janvier, elle a passé une semaine à Paris mi-mars, l’occasion de rencontrer des musiciens du Philarmonique de Paris. « On avait des Masterclass le matin et des répétitions l’après-midi» en compagnie de lycéens venus du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire et de Colombie. « C’était incroyable», lâche simplement la lycéenne. L’orchestre a également eu la chance de répéter et de donner un concert à l’auditorium de Radio France ! Une expérience qu’elle n’oubliera jamais : « A nos âges c’est une vraie chance. On avait des membres du Philarmonique pour nous aiguiller et nous donner des astuces comme  ne pas mettre les partitions dans des pochettes en plastiques mais plutôt les relier pour pouvoir écrire dessus pendant les répétitions ». Celle qui cite Camille Berthollet, Renaud et Gauthier Capuçon parmi ses artistes favoris avoue ne pas connaître très bien la musique polonaise. « C’est un style totalement différent en musique classique», dit-elle. Pour ce qui est des musiques actuelles, « le disco-polo c’est original mais c’est plus pour s’amuser et faire la fête», dit-elle en rigolant.   

 

NANCY, PUIS VARSOVIE, PUIS POITIERS, PUIS CUBA

En quittant Nancy pour « découvrir une nouvelle vie » à Varsovie, Naomi a trouvé bien plus que ce qu’elle espérait. Elle reconnaît qu’elle n’aurait jamais pensé voyager en Espagne, à Paris ou au Vietnam sans ses parents et c’est maintenant chose faite. « Je ne suis jamais allée en Amérique latine mais dès que j’en aurai les moyens je voudrais y aller », assure la jeune femme. Passionnée par la culture latine, elle souhaiterait voyager « au Pérou et à Cuba… ou à Cuba d’abord et ensuite 

au Pérou ».Un amour né de sa rencontre avec des élèves de Madrid lors de sa première année avec l’orchestre. Elle avoue avoir été « frustrée» de ne pas comprendre ce que disaient les Madrilènes et « depuis je me suis mise à lire El Pais tous les jours», raconte celle qui s’est inscrite à l’Institut Cervantes de Varsovie pour « enrichir son vocabulaire».

 

Cette passion, Naomi voudrait l’intégrer à son cursus universitaire en préparant le concours de Sciences Po Paris. Soutenue par des enseignants du Lycée Français de Varsovie au travers d’ateliers de préparation, elle vise en particuliers le campus délocalisé de Poitiers  spécialisé sur l’Amérique Latine. Attirée par la diplomatie, elle se laisse encore le temps de voir si le travail en préfecture ne l’intéresserait pas davantage. Pourquoi pas faire comme son père, resté à Nancy, et qui travaille à la préfecture de Meurthe et Moselle ? 

 

LE MONDE EST A NOUS

Entre 3 heures de violon par semaine, 4 heures de cours à l’Institut Cervantes, les joggings et la préparation à Sciences Po, Naomi trouve encore le temps dans son emploi du temps pour garder des enfants, histoire de  mettre de l’argent de côté  en vue de son voyage à Cuba. Son diplôme du BAFA en poche elle sera monitrice dans une colonie de vacances cet été,  une colo sportive avec un centre équestre  afin d’allier passion pour le cheval et contact avec des enfants. 

 

Vice-présidente du Conseil de Vie Lycéenne (CVL), elle est très impliquée dans la vie du Lycée et a déjà mis en place plusieurs actions. L’année dernière un des élèves a proposé de mettre davantage de plantes vertes dans le lycée avec l’objectif de permettre une meilleure oxygénation d’un air souvent pollué à Varsovie. Le CVL a aussi tenu à  réduire l’impact écologique du lycée en sensibilisant les acteurs à la pollution générée par les e-mails ou encore en  supprimant les gobelets en plastique et en distribuant des gourdes à tous les élèves. Il s’est aussi impliqué la journée du 15 mars au cours de laquelle chaque professeur a organisé son cours du jour autour de la thématique du réchauffement climatique. Cette journée a été aussi l’occasion d’un grand débat pour les lycéens. 

Aujourd’hui Naomi avoue ne pas bien parler le polonais mais le comprend et peut mener une petite conversation. Elle ne regrette absolument pas d’être venue à Varsovie même si elle avoue  avoir été  triste de quitter ses amis en France. Quatre ans plus tard, elle est « totalement à l’aise à Varsovie » où elle adore flâner sur les bords de la Vistule l’été pour jouer au beach-volley. 

Malgré la barrière initiale de la langue, l’anglais lui permet d’échanger avec les gens qu’elle rencontre et elle trouve les « Polonais très ouverts contrairement aux idées reçus». 

 

 

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Julien Apaloo

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