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ANTHONY NAVE - "J’ai fait le pari de la Pologne et il a payé !"

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 14/09/2014 à 22:00 | Mis à jour le 18/09/2014 à 09:13

La réussite de jeunes Français sur le sol polonais : voici le thème que Lepetitjournal.com/Varsovie vous propose d'aborder, à travers les portraits d'Anthony Nave, Jérôme Dudzik et Anne-Laure Courbier. Trois jeunes talents prometteurs qui se sont vus remettre une récompense pour leur travail accompli dans le cadre du Volontariat International en Entreprises (VIE), par l'ambassadeur de France, M.Pierre Buhler, lors d'une cérémonie qui s'est déroulée le 21 mai dernier, à la Résidence de France. Aujourd'hui, Anthony Nave, vainqueur du Grand Prix VIE nous relate son parcours et son affection pour la Pologne.

Pouvez-vous vous présenter ? Qu'est-ce qui vous a amené en Pologne ?
J'ai 27 ans et je suis originaire de Metz. J'ai fait mes études à l'ESSTIN, école d'ingénieur de Nancy, et suis venu en Pologne pour la première fois à l'occasion d'une année d'étude en Erasmus, à l'école Polytechnique de Lodz. En venant en Pologne, j'ai opté pour un choix plutôt atypique. Lorsque l'on dit que l'on part en Pologne, cela soulève forcément des interrogations de la part de son entourage. En ce qui me concerne, j'ai opté pour un pays en plein développement, j'étais curieux et motivé par le fait de vivre une expérience qui ne soit pas celle de tout le monde.

Après être rentré en France où j'ai travaillé pendant 3 ans en tant qu'ingénieur en projets informatiques pour plusieurs grands comptes, je souhaitais absolument revenir dans ce pays pour deux raisons ; développer ma carrière à l'international dans un pays avec une forte croissance. La seconde raison est d'ordre plus sentimental : ma fiancée est polonaise et nous nous sommes fixés l'objectif de venir travailler à Varsovie… Alors je me suis très vite investi dans des cours de polonais en France (il n'y avait pas beaucoup d'élèves !!) tout en sachant, cependant, que c'était l'anglais dont j'allais avoir besoin pour travailler. J'ai rapidement trouvé un poste au sein de la société Amaris, laquelle m'a proposé un contrat VIE, et voilà maintenant presque 2 ans que je suis arrivé à Varsovie.

Le VIE : n'était-ce donc pas un choix ?
Il s'agit plutôt d'une opportunité. J'ai découvert par hasard, en France, qu'Amaris cherchait à ouvrir une filiale en Pologne, j'ai donc postulé. J'étais au bon endroit, au bon moment ! Je pense que le fait de prendre des cours de polonais a été l'un des arguments attestant de ma motivation ! Mais ce qui veut dire aussi qu'il y a différentes façons d'obtenir un VIE, en dehors de la voie classique...

Quel poste occupez-vous aujourd'hui chez Amaris ? 
Je manage une équipe d'ingénieurs. Amaris est une société de conseil dans le domaine du management et des nouvelles technologies. Créée à Genève il y a 7 ans, elle compte aujourd'hui 1300 personnes et plus de cinquante implantations dans le monde. Ma fonction est de faire croître nos activités, de manager ma Business Unit, mais aussi de recruter. Nous intervenons auprès de grands groupes internationaux. 

Vous avez déjà travaillé en France ; quelles sont les différences que vous avez pu constater entre la France et la Pologne, dans votre environnement professionnel?
Je dirais que ce qui m'a marqué est la capacité des polonais à travailler dans un environnement international. Ils savent très bien parler anglais ce qui les rend plus attractifs pour les investisseurs.  A mon sens, la Pologne n'est pas assez prisée par les Français, alors que beaucoup d'autres pays ont fait le choix d'investir ici. C'est un pays qui a un vrai potentiel et qui mériterait que les gens se rendent compte que la Pologne d'aujourd'hui n'est pas celle d'il y a 15 ans.

Que vous a apporté cette expérience professionnelle en Pologne ?
Lorsque j'ai pris mon poste, Amaris s'implantait sur le marché polonais : il y avait tout à faire. Participer au développement d'une filiale à 25 ans, c'est génial, même si, bien entendu, c'est un challenge compliqué. Mais je n'étais pas seul car bien encadré par mes directeurs! Cela a été passionnant et a demandé certaines qualités d'adaptation… Je me suis vite aperçu qu'il fallait faire la distinction entre la façon de travailler en France et à l'étranger.

J'ai par ailleurs énormément apprécié la facilité qui est donnée à un étranger de pouvoir travailler en Pologne, car on peut se passer de parler la langue du pays, tant l'anglais est courant dans l'environnement professionnel ! Je rencontre des candidats polonais, dans le cadre d'entretiens de recrutement, qui préfèrent passer l'entretien en anglais, et qui me remercient ensuite pour cet exercice qu'ils considèrent comme formateur ! Cela illustre parfaitement l'état d'esprit des Polonais, très ouverts aux langues étrangères ! Cela étant, j'ai pris le parti de continuer l'apprentissage de la langue polonaise en prenant des cours et j'essaie de m'exercer tant que je peux, notamment dans ma belle-famille.

Je fais également en sorte que mon expérience à l'étranger puisse bénéficier aux étudiants de mon ancienne école. Je suis maintenant membre du conseil d'administration des Anciens Ingénieurs de l'ESSTIN (AIE) et aide les étudiants à envisager leur futur métier dans un cadre international. Je m'investis également pour que les étudiants puissent appréhender l'aspect pratique de l'enseignement qu'ils reçoivent, en établissant des liens avec des ingénieurs en poste. 

Que représente pour vous le prix qui vous a été attribué ? Qu'avez-vous ressenti au moment de la remise du prix ?
C'est un plaisir de voir son travail récompensé et je pense que ça ne pourra que m'aider pour la suite. Au moment où j'ai entendu mon nom, mon premier réflexe a été de me dire qu'il fallait faire un discours ! 

Le VIE touche à présent à sa fin ; quels sont vos projets?
J'ai passé deux belles années ici, tant sur le plan personnel que professionnel. J'ai fait un pari, et il a payé ! Mon souhait est aujourd'hui de continuer avec Amaris, ici en Pologne. C'est une entreprise qui fait confiance aux jeunes et qui a de nombreux projets à l'international. Et puis mon investissement dans la langue mérite bien quelques années supplémentaires dans le pays!

Propos recueillis par Laura Giarratana (Le Petit Journal/Varsovie) - Lundi 15 septembre 2014

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