

dr. hab. Janusz Kurtyka, Président de l'IPN
Photo, service de presse IPN
Cette nouvelle législation complète en fait la loi précédemment promulguée en 1997, qui obligeait les parlementaires, les ministres et les magistrats à déclarer, s'ils avaient ou non collaboré avec les services secrets communistes. La procédure de "lustration"(tiré du latin lustratio: purification) concernait alors environ 26.000 personnes. La nouvelle disposition étend le champ d'application à d'autres professions et concerne les personnes nées avant le 1er août 1972 qui travaillent dans la fonction publique, l'éducation nationale, les médias, la justice, les finances ou les assurances. En tout selon les estimations, 300.000 à 700.000 personnes devraient être amenées à déposer une déclaration. L'IPN (l'Institut de la Mémoire Nationale) dont le Président, Janusz Kurtyka est un proche de Lech Kaczyński sera chargé de vérifier la véracité des déclarations.
Identifier les collaborateurs et punir les auteurs de déclarations mensongères
Les employeurs seront chargés de collecter les déclarations de leurs salariés et de les remettre à l'IPN. Un service spécialement créé en son sein, va comparer les déclarations aux dossiers archivés. En cas de conformité avec la déclaration, l'IPN délivrera une attestation. En présence de documents contradictoires, le déclarant aura la possibilité d'engager une action en justice pour établir son bon droit. Si un aveu n'entraîne pas nécessairement une sanction, un déclarant reconnu coupable d'avoir menti encourt l'interdiction d'exercer dans la fonction publique pendant 10 ans. Le tribunal constitutionnel ne s'est pas encore déterminé sur la recevabilité de la loi. Le milieu journalistique quant à lui est divisé par l'obligation de la "lustration". Certains parlent d'ingérence de l'État dans l'indépendance et la liberté de la presse et appellent à la désobéissance citoyenne. D'autres accordent au gouvernement et à l'opinion publique le droit de vérifier la fiabilité de leurs propos. Des fuites sur des collaborations supposées ou avérées ont déjà provoqué de gros scandales en Pologne, la procédure de "lustration"en cours devrait une nouvelle fois faire le chou gras des tabloïds.
J.R. (www.lepetitjournal.com - Varsovie) mercredi 14 mars 2007
Voir également le site de l'IPN : www.ipn.gov.pl















