Édition internationale

EURO 2012 - J'ai vu des cheveux bleu-blanc-rouge arrachés sur un parterre de roses...

Écrit par Lepetitjournal.com Varsovie
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 novembre 2012

 

Donald Pontabry, notre fan de foot, remet ça. Il vous fera partager ses impressions lyriques sur les matchs des Bia?o-czerwoni ou, comme ici, des Bleus. L'équipe de France vient en effet de jouer ce lundi contre l'Angleterre, mais a dû se contenter d'un match nul (1-1)...

J'ai croisé en cette fin d'après-midi étouffante des supporters gonflés de frustration et meurtris par ce sport où dominer ne signifie pas gagner. Si Nadal a frappé à la porte des grands aujourd'hui, c'est qu'il a su faire tourner la balle un peu plus vite, un peu plus fort et un peu plus longtemps que Djokovic, la réalité fut toute autre sur le terrain lourd et chaud de la Donbass Arena où s'affrontaient Anglais et Français. J'ai donc aperçu des supporters aux ongles rongés, aux poings rageurs brutalisant leurs canapés innocents.

J'ai donc vu aux bords du stade des cheveux bleus : bleu comme l'Italie face à l'Espagne hier ou comme Chelsea en Champions league, qui, à bien défendre, à taper fort et loin, et à jouer d'opportunisme empochent la breloque et déjouent les pronostics.

Et si nos bleus ont essayé, ils ont peiné par un manque de rythme dans les 30 premières minutes de chaque mi-temps, une décontraction parfois insupportable et un manque de dynamisme dans les transmissions. Ribéry, galvanisé par ses matchs de préparation, a perdu trop de ballons solitaires et Benzema fut tel le cavalier solitaire au milieu de la Royal Army. Au final, 19 tirs à 3 et 60% de possession de balle pour un match sans vainqueur et sans plaisir...

En m'éloignant un peu, j'ai aussi vu des cheveux blancs : blanc comme le drapeau anglais flottant sur les 2 lignes de défense resserrées et annonçant des contre-attaques au tocsin soldées par des chevauchées fantastiques de ses sprinteurs offensifs. Une tactique adaptée à leur physique imposant et leur technique moins inspirée que nos continentaux. Et une tactique payante orchestrée par un Steven Gerrard distribuant une offrande sur le crâne de Lescott qui propulse le cuir dans les filets français.

Enfin, en arrivant au centre ville, j'ai vu des cheveux rouges : un regard à gauche, un regard à droite, Loulou Nicollin n'était pas dans les parages - il s'agissait en fait de cheveux rouges de colère coupés à la va-vite pour témoigner des occasions manquées et laissés ça et là, comme pour rappeler aux autres équipes que la France est bien là avec une soif de vaincre. Et ce rouge s'est vu dans les yeux de Nasri après sa frappe limpide logée dans le petit filet de Hart, comme pour faire taire les critiques. Rouge enfin comme cette dernière image des hooligans anglais s'en prenant au gardien français...

On a donc surtout vu du Bleu-Blanc-Rouge hier soir mais la joie fut gâchée par des Bleus un peu timorés, par une tête blanche bien inspirée et par des fanatiques rougeauds de bière et de violence...

Donald Pontabry (www.lepetitjournal.com/varsovie) mardi 12 juin 2012

lepetitjournal.com varsovie
Publié le 12 juin 2012, mis à jour le 20 novembre 2012
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