

Vendredi 6 février, Varsovie Accueil nous emmenait au musée de l'Armée, véritable caverne d'Ali Baba pour tous les amateurs d'armement et de matériel militaire. Des armures médiévales aux bombardiers-torpilleurs de la Seconde Guerre mondiale, les collections très variées parcourent plus de dix siècles de progrès techniques. Lepetitjournal.com vous propose de s'arrêter un instant sur quelques objets exposés, comme un avant-goût de votre future visite !
L'Armée, un symbole fort aux yeux des polonais
Doté d'une collection de 250.000 objets historiques, le musée retrace, du Xème siècle à nos jours, les luttes armées des soldats polonais durant les années d'existence et de non-existence de la Pologne. Construit de 1927 à 1938 par l'architecte polonais Tadeusz To?wi?ski dans un style moderniste (et non pas communiste), ce bâtiment, volontairement robuste, vise à
affirmer la force de l'Etat polonais en dépit de sa récente indépendance. Tout en contemplant les attirails de combat propres à chaque période, la visite permet de comprendre combien l'existence d'une armée polonaise est significative pour les Polonais au regard des occupations successives qu'a connu la Pologne. Le musée a d'ailleurs lui-même été occupé par la Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale dont une trace du passage subsiste sur le cadre de la porte d'entrée.
Une entrée en matière depuis l'extérieur?
Notre visite a débuté dans le parc du musée où se côtoient avions, hélicoptères et chars de combat issus de différentes périodes. Nous nous sommes intéressés à "Kubu?", la plus ancienne automitrailleuse polonaise encore préservée. Construit en seulement treize jours à partir d'un camion Chevrolet, ce véhicule, datant de l'insurrection de Varsovie de 1944, a servi aux insurgés durant les assauts de l'université le 25 août et le 2 septembre mais fut immobilisé le 6 septembre par les allemands.

?qui se poursuit à l'intérieur
À l'intérieur, changement de décor et de période dès la première salle du musée consacrée aux prémices de la constitution du peuple polonais. Une reproduction du roi Mieszko Ier, à la tête de la dynastie des Piasts et considéré comme le premier souverain de Pologne, nous transporte au Xème siècle. Par son baptême en 966, Mieszko a initié un long processus de conversion de la Pologne au christianisme, symbolisant également l'ancrage de son royaume dans la civilisation occidentale et latine.

Leurs armures, elles-aussi exposées dans le musée, sont ornées de peaux de léopards et d'ailes d'aigles qui auraient servi, selon certains historiens, à effrayer les chevaux adverses par le bruissement de leurs plumes lors de la charge.

Le deuxième étage de l'exposition nous dévoile une Pologne occupée de la fin du XVIIIème siècle jusqu'en 1918 par la Russie, la Prusse et l'Autriche, puis de nouveau durant la Seconde Guerre mondiale par l'Allemagne nazie et l'URSS. En perpétuelle quête d'indépendance, le peuple polonais endure une forte répression de la part de ses occupants après chaque tentative d'insurrection. En guise d'opposition, les femmes se parent alors de bijoux patriotiques composés d'une chaîne, symbole de leur sujétion, à laquelle est accrochée la croix catholique (en opposition à la religion russe orthodoxe) et portent des robes noires témoignant leur état de deuil envers les insurgés.
Au cours de la Première Guerre mondiale, les soldats polonais, enrôlés dans les armées de leurs occupants (et non-occupants), se regroupent sous forme de légions. En France par exemple, l'armée bleue du général Jozef Haller (du nom de la couleur des uniformes) réunit 100.000 soldats polonais provenant de l'hexagone mais aussi des volontaires issus d'autres pays tels que le Brésil et les Etats-Unis. Présentes dans des armées ennemies, ces unités ont malheureusement combattu les unes contre les autres, pour des causes étrangères à la revendication indépendantiste des Polonais.

Nous aurions pu passer la matinée entière à décortiquer cette riche collection d'objets. Artillerie, armes à feu, uniformes, sabres, armures, chars de combat, hélicoptères? chaque pièce est empreinte d'une histoire passionnante que Varsovie Accueil et notre guide Katarzyna Kacprzak nous ont permis de découvrir? Merci à eux !
Clémentine Geoffray (lepetitjournal.com/Varsovie) - Mardi 17 février 2015







