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VISITE AVEC VARSOVIE ACCUEIL - Le musée de l’armée polonaise

Écrit par Lepetitjournal.com Varsovie
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 24 février 2015

Vendredi 6 février, Varsovie Accueil nous emmenait au musée de l'Armée, véritable caverne d'Ali Baba pour tous les amateurs d'armement et de matériel militaire. Des armures médiévales aux bombardiers-torpilleurs de la Seconde Guerre mondiale, les collections très variées parcourent plus de dix siècles de progrès techniques. Lepetitjournal.com vous propose de s'arrêter un instant sur quelques objets exposés, comme un avant-goût de votre future visite !

L'Armée, un symbole fort aux yeux des polonais

Doté d'une collection de 250.000 objets historiques, le musée retrace, du Xème siècle à nos jours, les luttes armées des soldats polonais durant les années d'existence et de non-existence de la Pologne. Construit de 1927 à 1938 par l'architecte polonais Tadeusz To?wi?ski dans un style moderniste (et non pas communiste), ce bâtiment, volontairement robuste, vise à
affirmer la force de l'Etat polonais en dépit de sa récente indépendance. Tout en contemplant les attirails de combat propres à chaque période, la visite permet de comprendre combien l'existence d'une armée polonaise est significative pour les Polonais au regard des occupations successives qu'a connu la Pologne. Le musée a d'ailleurs lui-même été occupé par la Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale dont une trace du passage subsiste sur le cadre de la porte d'entrée. 


Une entrée en matière depuis l'extérieur?

Notre visite a débuté dans le parc du musée où se côtoient avions, hélicoptères et chars de combat issus de différentes périodes. Nous nous sommes intéressés à "Kubu?", la plus ancienne automitrailleuse polonaise encore préservée. Construit en seulement treize jours à partir d'un camion Chevrolet, ce véhicule, datant de l'insurrection de Varsovie de 1944, a servi aux insurgés durant les assauts de l'université le 25 août et le 2 septembre mais fut immobilisé le 6 septembre par les allemands. 

Notre guide nous a ensuite présenté l'avion AN 26, du nom de son constructeur russe Antonov. Au total, 1410 exemplaires exportés dans 31 pays ont été produits entre 1968 et 1985. Entré en service en 1970, cet avion a pris part à de nombreux conflits notamment la guerre civile angolaise, la guerre d'Afghanistan et plus récemment dans la crise ukrainienne. A côté de celui-ci se tenait le long courrier Jak-40 ayant servi jusqu'en 2011 à transporter le gouvernement polonais. Certains jours, cet avion vous ouvre ses portes pour quelques zlotys seulement ! 

?qui se poursuit à l'intérieur

À l'intérieur, changement de décor et de période dès la première salle du musée consacrée aux prémices de la constitution du peuple polonais. Une reproduction du roi Mieszko Ier, à la tête de la dynastie des Piasts et considéré comme le premier souverain de Pologne, nous transporte au Xème siècle. Par son baptême en 966, Mieszko a initié un long processus de conversion de la Pologne au christianisme, symbolisant également l'ancrage de son royaume dans la civilisation occidentale et latine.

Quelques mètres plus loin, un tableau de Wojciech Kossak (1931) illustrant la bataille de Grunwald du 14 juillet 1410 permet à notre guide de nous remémorer cet événement. Initialement invités par le prince Konrad de Mazovie en Prusse afin de christianiser les prussiens païens, les chevaliers teutoniques, mus par un désir de conquête, s'aventurent sur le territoire du royaume de Pologne-Lituanie. La répression ne se fait pas attendre : les soldats de l'alliance du Royaume de Pologne et du grand-duché de Lituanie, connaissant le terrain et ses lieux stratégiques, écrasent les chevaliers teutoniques restés visibles dans la plaine. Réputée dans toute l'Europe pour l'efficacité de sa cavalerie légère, l'image de l'armée polonaise du XVI et XVIIème siècle fut réutilisée à des fins patriotiques aux XIX et XXème siècles alors que le pays avait perdu sa souveraineté étatique. Vous pourrez ainsi contempler le tableau de Stanis?aw Batowski, datant de 1929, immortalisant l'attaque victorieuse des hussards durant la bataille de Chocim en 1621.

Leurs armures, elles-aussi exposées dans le musée, sont ornées de peaux de léopards et d'ailes d'aigles qui auraient servi, selon certains historiens, à effrayer les chevaux adverses par le bruissement de leurs plumes lors de la charge. 

Une longue quête de l'indépendance

Le deuxième étage de l'exposition nous dévoile une Pologne occupée de la fin du XVIIIème siècle jusqu'en 1918 par la Russie, la Prusse et l'Autriche, puis de nouveau durant la Seconde Guerre mondiale par l'Allemagne nazie et l'URSS. En perpétuelle quête d'indépendance, le peuple polonais endure une forte répression de la part de ses occupants après chaque tentative d'insurrection. En guise d'opposition, les femmes se parent alors de bijoux patriotiques composés d'une chaîne, symbole de leur sujétion, à laquelle est accrochée la croix catholique (en opposition à la religion russe orthodoxe) et portent des robes noires témoignant leur état de deuil envers les insurgés. 

Au cours de la Première Guerre mondiale, les soldats polonais, enrôlés dans les armées de leurs occupants (et non-occupants), se regroupent sous forme de légions. En France par exemple, l'armée bleue du général Jozef Haller (du nom de la couleur des uniformes) réunit 100.000 soldats polonais provenant de l'hexagone mais aussi des volontaires issus d'autres pays tels que le Brésil et les Etats-Unis. Présentes dans des armées ennemies, ces unités ont malheureusement combattu les unes contre les autres, pour des causes étrangères à la revendication indépendantiste des Polonais.

Des structures semblables, telle que l'armée du général Anders, s'organisent en URSS lors de la Seconde Guerre mondiale. Suite à la révélation des massacres de Katy? menés par les Russes, l'unité d'Anders quitte le territoire communiste et part combattre aux côtés des Alliés lors des batailles de Monte Cassino en Italie. Lors de leur passage par l'Iran, les soldats adoptent un compagnon atypique : un ours - surnommé Wojtek. Prenant lui-aussi part aux opérations militaires en transportant les munitions, l'animal les accompagne dans leur voyage. Élevé au rang de caporal, il est devenu la mascotte de la troupe, si bien que l'emblème officiel de cette compagnie, présent dans le musée, représente un ours tenant un obus d'artillerie. En 1947, l'animal prit une retraite bien méritée dans le zoo d'Edimbourg en Angleterre. 

Nous aurions pu passer la matinée entière à décortiquer cette riche collection d'objets. Artillerie, armes à feu, uniformes, sabres, armures, chars de combat, hélicoptères? chaque pièce est empreinte d'une histoire passionnante que Varsovie Accueil et notre guide Katarzyna Kacprzak nous ont permis de découvrir? Merci à eux !

Clémentine Geoffray (lepetitjournal.com/Varsovie) - Mardi 17 février 2015

 

 

 

 

 

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Publié le 16 février 2015, mis à jour le 24 février 2015
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