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EDITH RAVAUX – Fermeture du Consulat général de France à Turin

Par Lepetitjournal Turin | Publié le 15/03/2015 à 23:50 | Mis à jour le 15/03/2015 à 18:51

Trois ans après son arrivée à Turin, la consule générale de France Edith Ravaux, s'apprête à quitter la ville. Ce départ coïncide avec la fermeture définitive du Consulat général de France à Turin et à Gênes prévue pour le 31 mars prochain. Pour les lecteurs du petitjournal.com, elle livre les grandes lignes du nouveau dispositif mis en place avant de revenir sur son expérience turinoise.

Lepetitjournal.com : pouvez-vous présenter le dispositif qui sera mis en place après la fermeture du Consulat ?
Edith Ravaux : La fermeture du Consulat général ne signifie pas que les Français de Turin seront "abandonnés". Un nouveau dispositif sera mis en place, constitué par une agence consulaire où un agent du consulat chargé d'une mission de service public recevra les Français plusieurs jours par semaine et traitera les demandes concernant l'état-civil et les cartes d'identité, comme cela se passait jusqu'à présent. Le bureau sera localisé à l'Alliance française, via Saluzzo 60, qui a accepté avec beaucoup de bienveillance d'héberger ce dispositif. L'Alliance française de Turin et cette agence consulaire constitueront donc la présence de la France à Turin. Pour compléter ce dispositif, un consul honoraire, dont le nom sera connu ultérieurement, sera nommé.
La circonscription qui comprenait le Piémont, la Ligurie et la Vallée d'Aoste relèvera désormais du Consulat général de Milan dirigé par le Consul général Olivier Brochet, fin connaisseur de l'Italie grâce à une expérience précédente à Rome.

Qu'a représenté pour vous cette période de trois ans à Turin ?
En raison de mes origines familiales liées à l'Italie du Nord, je considère comme un cadeau le fait d'avoir pu terminer ma carrière à Turin et connaître une ville et une région sur lesquelles je n'avais pas d'idées préconçues, bien au contraire, car j'ai été bercée au cours de mon enfance par les chants traditionnels piémontais. J'ai découvert une ville superbe, très animée, différente de l'image un peu surannée du roman La donna della domenica (La Femme du dimanche, de Fruttero et Lucentini), avec ses trésors culturels et architecturaux. J'ai d'ailleurs décidé de prolonger  de deux mois mon séjour à Turin pour prendre enfin le temps de profiter de cette ville. Dois-je m'attarder sur la gastronomie piémontaise, qui a fait mes délices et à laquelle je n'ai pas su résister, au détriment de ma ligne ? Ou sur les Turinois, chaleureux, accueillants et si proches de la France et des Français ?

Parmi les personnalités italiennes rencontrées, laquelle vous a le plus marqué ?
J'ai une pensée particulière pour le maire Piero Fassino, qui a reçu en 2013 le prix de la personnalité italienne décerné par la Chambre française de commerce et d'industrie de Milan en raison des relations étroites qu'il entretient depuis toujours avec la France et qui, la même année, s'est vu remettre les insignes de commandeur de la légion d'honneur par l'ambassadeur de France en Italie Alain Leroy. Comment oublier qu'à mon arrivée à Turin, il m'a pratiquement accueillie avec Torino incontra la Francia, une expérience unique d'échanges culturels (rappelons-le, il y a eu 160 manifestations sur le thème de la France qui ont eu un grand succès et qui ont mis en lumière l'intensité de ces échanges) ?

Quel regard posez-vous sur la communauté française de Turin ?
A mon arrivée, j'ai été très agréablement surprise car j'ai trouvé une communauté française active, assez  bien intégrée et sincèrement intéressée par son pays d'accueil. Les associations sont dynamiques, tournées vers l'Italie : elles ne se contentent pas uniquement d'organiser des activités pour les Français, elles se soucient de leur insertion, pour qu'ils se sentent chez eux.

Qu'est-ce qui vous manquera à votre retour en France ?
La vue de ma fenêtre sur piazza Castello et par temps clair sur les montagnes enneigées. Les promenades le long du Pô. Les rencontres. Les amis que je laisse. Mais je  n'ai pas trop de regrets car je sais que mon histoire avec Turin n'est pas terminée et que je reviendrai.
Propos recueillis par Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) lundi 16 mars 2015

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