Édition internationale

UNESCO - Les paysages viticoles du Piémont sur la liste du patrimoine de l’humanité

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 3 juillet 2014

Samedi 21 juin, au Qatar, la 38e session du Comité du patrimoine mondial a décidé de faire rentrer le paysage viticole du Piémont (Langhe-Roero et Monferrato) dans le club très select des biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité.

(photo Ente Turismo Alba Bra Roero)

Il aura fallu dix ans de travail et de patience, la décision a été plusieurs fois différée, mais le jeu en valait la chandelle : depuis le 21 juin dernier, le paysage viticole du Piémont fait partie du patrimoine mondial de l'humanité, portant à 50 le nombre de sites naturels et culturels reconnus officiellement par l'Unesco en Italie. Trois d'entre eux sont situés au Piémont : les résidences des Savoie autour de Turin depuis 1997, les Monts sacrés du Piémont (mais aussi ceux de la Lombardie) depuis 2003 et, tout récemment, les collines viticoles des Langhe, du Roero  et du Monferrato. "Ce paysage correspond à cinq vignobles distincts et au château de Cavour, dont le nom est emblématique tant du développement du vignoble que de l'histoire de l'Italie", peut-on lire sur le site de l'Unesco consacré à ce nouveau bien appartenant au patrimoine mondial. Le long des douces collines des Langhe et du Monferrato, on parle de paysage culturel où s'inscrivent depuis la nuit des temps  des techniques viticoles, des procédés de production et un tissu économique lié à la vigne et au vin, bref, une véritable symbiose entre l'homme et la nature.  Depuis la nuit des temps car, toujours selon l'Unesco, "des pollens de vigne remontant au Vème siècle av. J.-C. ont été retrouvés dans l'espace du bien. A cette époque, le Piémont était un lieu de contacts et d'échanges entre Etrusques et Celtes. Des mots étrusques et celtes, en particulier ceux liés au vin, figurent encore dans le dialecte local. Durant l'Empire romain, Pline l'Ancien mentionne la région comme l'une des plus favorables à la culture de la vigne et Strabon parle des tonneaux de fabrication locale."

Piero Fassino à l'Unesco

(photo Comune di Torino)

Dans une région qui est déjà un haut lieu du tourisme ?nologique et gastronomique (il suffit de penser à la rare et coûteuse truffe blanche d'Alba), cette nouvelle distinction devrait multiplier le nombre de présences et de nuitées. En attendant, fort de cette décision du comité Unesco, le maire de Turin Piero Fassino a rencontré le 27 juin à Paris le directeur général de l'Unesco Irina Bokova pour lui proposer d'organiser en 2015 à Turin une rencontre mondiale des 1.000 sites classés par l'Unesco. Une proposition motivée par de solides arguments : tout d'abord, l'Italie est en tête de classement pour le nombre de sites inscrits au patrimoine mondial de l'humanité (le pays en compte 50), puis en raison du dynamisme culturel de la ville et enfin pour son implication dans la gestion d'événements liés à l'Expo 2015 à Milan. Nul ne peut nier qu'à l'heure actuelle Turin mise de plus en plus sur la culture : c'est ce qu'a tenu à expliquer Piero Fassino en soulignant les atouts de la ville qui a posé sa candidature pour entrer au sein du réseau des villes créatives lancé par l'Unesco en 2004 dans le but de développer la coopération internationale parmi les villes pour lesquelles la créativité est un facteur stratégique de développement durable. Une conférence Unesco à Turin et l'entrée dans un nouveau réseau mondial : deux opportunités qui offriraient à la ville une visibilité internationale toujours plus grande.
Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) mardi 8 juillet 2014

Publié le 7 juillet 2014, mis à jour le 3 juillet 2014
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