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SALAIRES – Ce qu’il faut savoir quand on cherche du travail en Italie

Par Lepetitjournal Turin | Publié le 22/02/2015 à 23:48 | Mis à jour le 22/02/2015 à 19:11

 

Alors que le Conseil des ministres vient d'adopter le Jobs Act, la réforme du marché du travail favorisant plus de flexisécurité mais facilitant aussi les licenciements, une étude sur les rétributions en Italie fait ressortir à la fois les critères à suivre pour obtenir les meilleures conditions d'embauche et les points faibles qui pénalisent le marché de l'emploi de la Péninsule. 

Une entreprise ayant plus de 1.000 salariés, située de préférence en Vallée d'Aoste, dans le Trentin-Haut-Adige ou en Lombardie (et plus généralement dans le nord de l'Italie ou dans le Latium) : tels sont les critères à retenir pour espérer obtenir les meilleures conditions d'embauche lors d'une recherche d'emploi dans la Péninsule. C'est ce qui ressort de l'étude élaborée par l'Observatoire Job Pricing qui a passé au crible quelque 100.000 profils de salariés du secteur privé pour son JP Salary Outlook 2015. Cette analyse des rétributions en Italie en 2014 est d'autant plus intéressante qu'elle permet de pointer du doigt les faiblesses du marché du travail du pays notamment en ce qui concerne les salaires d'embauche des jeunes et l'absence de méritocratie dans les perspectives d'évolution de carrière. 

Italie 2014 

Rémunération annuelle moyenne brute : 28.977?  (20.306? nets ? salaire mensuel de 1.560?)

Dans la zone euro 

L'Allemagne arrive en 4e position et la France en 7e. L'Italie occupe la 9e position devant l'Espagne  (données OCDE).

 

 

Situation géographique et échelle des salaires

Partons d'un constat, la zone géographique du siège de l'entreprise est très importante. L'étude montre que les salaires sont plus élevés dans le nord du pays en raison de l'incidence de deux facteurs : le coût de la vie, qui est plus cher par rapport au centre et au sud, ainsi que la concentration de multinationales ou de grandes entreprises demandant des profils de haut management dans les régions du nord. De manière plus générale, l'étude souligne également les écarts de salaire existant aux différents niveaux de l'échelle, et ce toutes régions confondues. La proportion pour 2014 entre les rémunérations annuelles brutes  est vite faite : la rémunération annuelle brute moyenne d'un dirigeant (107.021?) correspond au double de celle d'un cadre (53.914?), elle représente trois fois celle d'un employé (31.122?) et quatre fois celle d'un ouvrier (23.913?). Nous parlons bien évidemment de salaires moyens, les rémunérations d'un certain nombre de cadres supérieurs de haut niveau étant bien souvent beaucoup plus élevées. Ce qui explique une autre donnée très significative concernant la différence de salaire entre les deux bouts de l'échelle : un top manager gagne alors 11,3 fois le salaire annuel brut d'un ouvrier sans qualification. Pour compléter le tableau, signalons que presque la moitié des salariés se situe entre les 22.000? et les 30.000?.

Le top des conditions de travail? Microsoft Italia arrive en première position, suivi de FedEx Express et de EMC Computer Systems Italia Spa au classement 2015 des meilleurs employeurs en Italie, dans la catégorie Large Companies (plus de 500 salariés) Great Place to work

Le salaire d'embauche des jeunes et l'égalité hommes-femmes

Les données relatives aux salaires d'embauche montrent de manière évidente la différence de traitement qui est réservée aux jeunes Italiens qui entrent pour la première fois dans le monde du travail par rapport à leurs homologues européens. Voilà de quoi tirer une sonnette d'alarme, en relation aussi au phénomène de la "fuite des cerveaux" qui a touché le pays ces dernières années avec une hausse constante de l'expatriation des jeunes les plus qualifiésL'étude indique qu'en Italie le salaire brut moyen d'un jeune de moins de 24 ans s'élève à 21.357?. Pourtant, malgré un coin fiscal particulièrement important, il doit s'estimer heureux puisque le chômage n'a fait que grimper ces dernières années et que ce sont notamment les jeunes générations qui ont payé le prix fort de la crise. Il faut reconnaître toutefois que son salaire connaîtra une progression de 107% au fil des années, pour atteindre une rémunération moyenne brute de 44.155? juste avant son départ à la retraite : une progression qui s'explique toutefois plutôt par des avancements automatiques de carrière que par une véritable reconnaissance de ses performances. Selon plusieurs analystes, c'est justement ce contexte de travail qui ne reconnaît que très rarement le mérite individuel qui est à l'origine du manque de compétitivité et de dynamisme du marché de l'emploi en Italie. Dans ce tableau plutôt noir, il y a tout de même une bonne nouvelle : si le Generation Gap est important, le Gender Pay Gap (l'écart de rémunération entre hommes et femmes) reste limité, 6,7% contre 14,8% en France et 22,4% en Allemagne. Attention toutefois à ne pas se réjouir trop vite, car ce pourcentage s'explique par la présence encore marginale des femmes sur le marché du travail italien. 

Luisa Gerini (www.lepetitjournal.com/Turin) lundi 23 février 2015

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