

Au terme des élections régionales, le Latium a choisi Nicola Zingaretti pour gouverner. Jusque-là dans l'opposition, le candidat de centre-gauche incarne le changement alors que sa coalition est bousculée à l'échelle nationale. Au lendemain du dépouillement, lepetitjournal.com de Rome vous dévoile les résultats sortis des urnes et les conséquences politiques qui en découlent.
Gauche qui rit
Appelés les 24 et 25 février à désigner les membres du Parlement italien, les habitants du Latium ont également élu leur nouveau Président de région. La campagne a d'ailleurs mobilisé plus d'électeurs qu'en 2010 avec 72% de participation contre 60% aux dernières élections du Latium. Le candidat de centre-gauche, Nicola Zingaretti (photo), a ainsi largement remporté le scrutin avec 40,6% des voix. "Je suis conscient de la responsabilité qui m'incombe. Je serai le président de tous et ferai tout mon possible pour représenter au mieux tous les électeurs", a déclaré le nouvel élu, déjà connu des Romains pour avoir dirigé leur province de 2008 à 2012.
Nicola Zingaretti a fêté sa victoire dans un climat politique difficile pour le centro-sinistra ? rassemblant notamment le Parti democratico, Sinistra-Ecologia-Liberta, le Parti socialista et le Centro democratico. Affaibli par une majorité étriquée (29,54% à la Chambre des députés et de 31,63% au Sénat), Pier Luigi Bersani est en effet dans l'incertitude quant à son avenir à la Présidence du Conseil italien. Face à la coalition de droite (29,18% à la Chambre et 30,72% au Sénat), une alliance salutaire est nécessaire pour gouverner, notamment avec les centristes de Mario Monti (10,56% à la Chambre et 9,13% au Sénat). Certains membres du Pd avertissent cependant qu'un tel accord, prévu depuis longtemps, ferait naître une majorité instable et appellent alors à négocier dès maintenant avec l'ingérable Beppe Grillo, leader du premier parti à la Chambre (25,55%).
Deux autres régions ont aussi désigné leur nouveau président. Le Molise a plébiscité le centre-gauche de Paolo Di Laura Frattura (44,70%), qui devance son adversaire Angelo Michele Iorio de 19 points. En Lombardie, Roberto Maroni (Lega Nord et alliés) a remporté la victoire avec 42,8% des voix devant Umberto Ambrosoli (38,2%).
Principal adversaire de Nicola Zingaretti, le candidat de la coalition de droite, Francesco Storace (photo), n'a recueilli que 29,4% des suffrages. L'ancien ministre de la Santé de Silvio Berlusconi comptait sur la popularité inattendue du Cavaliere pour s'imposer régionalement aux côtés du Pdl. Le quinquagénaire, qui a fondé La Destra en 2007, se voit reprocher une campagne trop à droite et xénophobe.
L'homme connaît bien les responsabilités qu'implique la présidence du Lazio, fonction qu'il a occupé de 2000 à 2005. Dénoncée par l'opposition, son action a largement endettée la région, ce qui lui a valu le surnom de "Mister Dette 10 milliards d'euros". Reconnaissant la défaite, le candidat de la coalition de Droite a présenté ses v?ux à son adversaire à l'annonce des résultats.
Décrédibilisée par le récent scandale financier du Latium, la droite n'a donc pas réussi à conserver la présidence de la région. Renata Polverini, élue en 2010 avec plus de 51% des voix, avait en effet dû présenter sa démission le 24 septembre 2012. Bien qu'elle se dise innocente, l'ancienne syndicaliste de droite n'a pu se dédouaner des accusations de détournements de fonds publics portées à une dizaine de ses conseillers Pdl.
Parmi les autres candidats en lice pour les régionales du Latium, deux formations étaient particulièrement scrutées. David Barillari, affilié au M5S de Beppe Grillo, a bénéficié de l'engouement national spectaculaire pour l'humoriste populiste, véritable gagnant du scrutin. En rassemblant 20,3% des voix, le candidat anti-système fait mieux que les listes régionales aux couleurs de Mario Monti.
Giulia Bongiorno n'a en effet séduit que 4,7% de l'électorat, à l'image des résultats nationaux pour l'ex "Super Mario". L'Udc de Pier Ferdinando Casini et le FLI de Gianfranco Fini, qui ont localement soutenu la candidature de Giulia Bongiorno, n'ont pas réussi à convaincre les démocrates-chrétiens et les déçus du "berlusconisme".
Ecrasées par le poids électoral de Nicola Zingaretti et Francesco Storace, les petites formations doivent se contenter de scores confidentiels. Zingaretti a désormais le champ libre pour réformer une région gangrenée par la corruption et mettre en place son programme, étroitement lié aux mesures de relance voulues par Pier-Luigi Bersani.
De plus en plus autonomes, les régions de la Péninsule sont des acteurs incontournables de la politique italienne. Leurs prérogatives législatives les rendent bien plus puissantes que les collectivités décentralisées en France. Fort de ses 5 millions d'habitants, le Latium veut rester un pôle centrifuge, synthèse entre le Nord industriel et le Sud agricole. Les élus du centre-gauche tenteront maintenant de mener à bien leurs missions face aux membres de l'opposition.
Récapitulatifs des voix par candidat dans le Latium :
Martin CANGELOSI (www.lepetitjournal.com/rome) ? Mercredi 27 février 2013
Crédits : Nicola Zingaretti (photo officielle) - nicolazingaretti.itCrédits : Francesco Storace (photo officielle) - ladestra.com





