Édition internationale

FABIOLA GIANOTTI – Une nouvelle Italienne à la conquête du monde

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 7 novembre 2014

Fabiola Gianotti sera la première femme de l'histoire à prendre la direction du CERN, l'Organisation européenne de recherche nucléaire basée en Suisse, succédant ainsi à Rolf Heuer. Une nomination récompensant le parcours d'exception et les compétences de cette physicienne qui a immédiatement été saluée dans la Péninsule. Mais elle a réouvert le débat : à quand la parité hommes-femmes dans le cadre professionnel en Italie ? En 2095. 

En 2012, en établissant son classement des personnalités de l'année, le très influent hebdomadaire américain Time lui avait attribué une très honorable 5e position. Au mois de juin, c'était en effet elle qui avait annoncé au monde entier, en direct du CERN, les résultats officialisant l'existence de la particule baptisée "boson de Higgs" mieux connue sous le nom de "particule de Dieu". A l'époque, Fabiola Giannotti était la coordinatrice de l'expérience Atlas qui mobilisait plus de 3 000 scientifiques de 38 pays. Aujourd'hui, elle est appelée à prendre la direction générale du Cern (European Organization for Nuclear Research) : ce sera la première femme à occuper cette fonction dans l'histoire du centre. Son mandat de 5 ans commencera le 1er janvier 2016 après une année de transition assurée par l'actuel directeur, l'allemand Rolf Heuer : une année d'ailleurs très importante, puisque le LHC (Large Hadron Collider / Grand Collisionneur de Hadrons), le plus grand accélérateur de particules au monde, reprendra son activité au printemps après une période de pause technique. 

 

Une femme à la tête du CERN

"C'est la vision qu'a Fabiola Gianotti de l'avenir du CERN en tant que laboratoire d'accélérateurs de référence au plan mondial, ainsi que sa connaissance approfondie du Centre et de la physique expérimentale des particules, qui ont déterminé notre décision" a expliqué Agnieszka Zalewska, la Présidente du Conseil. De son côté Fabiola Gianotti a tenu à préciser le rôle que cette organisation européenne créée en 1954 revêt à ses yeux : "Le CERN est un centre scientifique d'excellence, et une source de fierté et d'inspiration pour les physiciens du monde entier. C'est également un berceau de la technologie et de l'innovation, une source de savoir et d'éducation, et un exemple brillant, et concret, de coopération scientifique et pacifique dans le monde." La nomination de Fabiola Gianotti a bien évidemment eu un écho immédiat en Italie, et plusieurs voix se sont élevées pour exprimer leur satisfaction, de celle du président de la République Giorgio Napolitano à celles de Matteo Renzi et de Paolo Gentiloni, nouveau ministre des Affaires Etrangères.

 

La parité du genre en Italie ? En 2095

Faut-il inscrire l'exemple de Fabiola Gianotti dans le phénomène de la "fuite des cerveaux" qui afflige l'Italie depuis plusieurs décennies ou plutôt dans une perspective plus large de prestige et de reconnaissance au niveau international ? S'il est évident que cette nomination ne fait que confirmer le parcours d'exception de Fabiola Gianotti dans le sillage d'autres grandes femmes scientifiques italiennes comme Rita Levi Montalcini et Margherita Hack ainsi que l'importante tradition italienne dans le domaine de la physique, la question est plus que jamais d'actualité alors que les jeunes Italiens les plus brillants ne rêvent que de partir pour construire leur avenir ailleurs. Bien souvent d'ailleurs les femmes sont les premières à vouloir quitter le pays, et pour cause: d'après le dernier rapport du World Economic Forum sur le gender gap passé au crible par le quotidien La Repubblica, au rythme actuel il faudra attendre 2095 pour que les disparités de genre au travail soient enfin comblées en Italie. Pourtant ce même rapport indique une nette progression dans le domaine de la représentation des femmes en politique, due notamment à la composition du gouvernement Renzi. Partir ou rester ? Pour les Italiennes ? comme pour les Italiens ? telle est la question.

Luisa Gerini (www.lepetitjournal.com/Turin) vendredi 7 novembre 2014

De la diplomatieau monde de la mode

Federica Mogherini

41 ans, depuis le 1er novembre c'est le Haut Représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. En tant que chef de la diplomatie européenne, de nombreux dossiers épineux l'attendent, dont la crise russo-ukrainienne. Grande travailleuse et d'un tempérament volontaire, on lui a reproché son manque d'expérience bien qu'elle travaille depuis vingt ans dans le domaine des relations internationales.

Miuccia Prada

Petite-fille de Mario Prada, le fondateur de la Maison, elle occupe en 2014 la 75e position du classement des 100 femmes les plus influentes au monde d'après le magazine Forbes. Un succès qui arrive de loin, bâti avec l'aide précieuse de son mari, l'entrepreneur Patrizio Bertelli : dans les années 80 l'heureuse intuition de lancer une ligne de sacs noirs en nylon lui permit de rencontrer un succès fulgurant, depuis son étoile n'a pas cessé de briller.

Retrouvez tous nos articles Actualité Italie

Recevez gratuitement tous les matins l'actu des Français et francophones de Turin

 

 

Publié le 6 novembre 2014, mis à jour le 7 novembre 2014
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos