Édition internationale

LITTERATURE – Le prix Strega remis à Walter Siti

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 juillet 2013

Le 4 juillet dernier, c'est à Walter Siti, pour son roman « Resistere non serve », qu'a été décerné le prestigieux prix Strega. Avec 165 voix, il devance de loin ses concurrents puisque les deuxième et troisième au classement, Alessandro Perissinotto et Paolo Di Paolo, ont obtenu respectivement 78 et 77 voix. Retour sur un auteur encore peu traduit en France

Le roman du Turinois Alessandro Perissinotto, centré sur Turin au cours des trente dernières années, n'a finalement pas convaincu les quelque 400 "amis du dimanche" et la soixantaine d'électeurs supplémentaires chargés de désigner un vainqueur. Au terme d'une longue procédure de sélection (que nous avons déjà eu l'occasion de vous présenter), le 67e prix Strega, l'équivalent italien du prix Goncourt, a été décerné à Walter Siti pour son roman Resistere non serve a niente (rien ne sert de résister, NDLR). Comme chaque année, les résultats ont été proclamés au cours d'une soirée qui s'est déroulée à Rome, dans les salons de la Villa Giulia, 67 ans après la création du prix par Maria et Goffredo Bellonci et Guido Alberti (propriétaire de la société produisant la liqueur Strega). Né en 1947 à Modène (Emilie-Romagne), ancien élève de l'École normale supérieure de Pise, professeur de littérature, romancier et critique littéraire, spécialiste de Pierpaolo Pasolini, Walter Siti est surtout connu en France depuis la publication de Leçons de nu en 2012. Scuola di nudo est son premier roman, publié en 1994 chez Einaudi : un ouvrage en partie autobiographique consacré à un professeur homosexuel à la recherche de sensations fortes qui pose un regard désenchanté sur les événements sociaux et politiques de son temps.

Le pouvoir, l'argent, la corruption
Onze romans et récits séparent ce premier ouvrage de Resistere non serve, lauréat du prix Strega 2013. Onze ouvrages qui ont permis à leur auteur de s'affirmer dans le paysage littéraire italien. Dans ce dernier roman, Walter Siti plonge le lecteur dans une zone d'ombre qui oscille entre finance et criminalité. A travers la description de l'itinéraire de Tommaso Arditò, un financier qui s'enrichit grâce à ses rapports avec la criminalité organisée, les mots de Siti racontent les maux de la société : politiciens corrompus, banquiers véreux, prostituées de luxe, spéculateurs, personnages douteux qui agissent dans le monde de la finance internationale? Comme bien souvent chez Walter Siti, la fiction semble s'inspirer de la réalité et offre au lecteur une analyse pessimiste d'une société dominée par l'argent, le pouvoir et la corruption. A lire cet été à l'ombre d'un parasol, sur la plage ou en terrasse, à la mer ou en montagne?
Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) mardi 9 juillet 2013

Publié le 8 juillet 2013, mis à jour le 8 juillet 2013
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